Pour sauver Shirley 2ème partie : en route vers Brice canyon

Pour sauver Shirley

2ème partie : en route vers Brice canyon

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Ni drame, ni police. La wifi (prononcez Ouaï Faï) m’a permis de consulter mes zimailles et ze me suis forcé à bien dormir. Pour Shirley. Réveil à l’aube et départ vers Meteor Crater.

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Ze serais venu il y a 50 000 ans, une plaine parfaite s’étendrait derrière moi. Mais voilà, ze suis pas un ours préhistorique. Imaginez : une énorme météorite pesant des millions de tonnes, nickel-fer, lancée à 70 000 km/h arrive du nord et plaf ! Comme une balle de fusil ! Fini la plaine ! Bonzour le gros trou ! 1 kilomètre de large et 60 étages d’immeuble de haut !

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Au prix du gramme de météorite, il y a eu beaucoup de candidats pour creuser. Mais on sait maintenant que 10% seulement ne se sont pas volatilisés pendant le choc. Inaccessibles parce que beaucoup trop durs. Tant mieux !

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Ces cailloux me rappellent ceux du Spitzberg, écrabouillés par les glaciers costaux qui avancent sans pitié pour rien. Tranchés fin, comme du jambon.

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Pulvérisée, la météorite, et 300 millions de tonnes de rochers broyés et déplacés. Ni arbres, ni animaux n’ont survécu. Ze suis bien content d’arriver trop tard pour voir ça.

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Les chercheurs de morceaux en ont quand même retrouvé des beaux. Ze reste un bon moment devant, ému. À cause de la pression, le choc a créé des nouveaux minéraux inconnus sur la Terre ! Pas le temps de verser une larme, il faut repartir. Z’ai Shirley à sauver, et des parcs à visiter !

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 En route, c’est à mon tour d’avoir la place devant. Ron, le chauffeur, est un peu « ours ». Aux arrêts, en fin connaisseur, il me conseille ses biscuits préférés. On s’entend bien.

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« - Dans les plaines du far-ouest quand vient la nuit… ». Hihihi ! Là-bas, au fond, Monument valley. Par respect pour les indiens Navajos qui administrent le site, un changement de tenue s’impose. Retour au vestiaire. Sac de Dom, au fond du bus.

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Ze rêve d’un baptême en camion US, mais Dom dit que si un chauffeur nous invite dans son poids lourd, elle refusera. Des fois, elle est dure à comprendre !

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La chevauchée fantastique ! Avec Ninnin dans le rôle principal ! Les indiens gagnent, aucun cheval ne meure pendant tout le film. Les cow-boys exploitent pacifiquement leurs fermes, en bonne entente avec les navajos.

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Z’ai pas osé porter une plume, parce que ze n’ai pas vraiment fait preuve de bravoure pour le moment. Sauf pour supporter les secousses du 4×4 indien qui nous a conduit zusqu’ici.

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40°C. Il restait une toute pitite place à l’ombre pour déguster mon bison-haricots rouges sans être cuit moi-même et rouge vif avant la fin du repas. Ze l’ai eue. Décision navajo : alcool interdit. Bof, pas grave, z’aime pas !

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Les collines paraissent pitites, de loin, mais elles sont bien grandes, en fait ! Clint  Eastwood est monté au sommet pour « retour vers le futur ». Ze suis pas assez motivé. Ze vais me contenter d’admirer d’ici.

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Ou alors, un pic moins haut ? Ou une dépose en hélicoptère ?

40°C. Pas une goutte d’eau, pas un arbre. Ce n’est pas ici que ze vais trouver Shirley.

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« - Dom, c’est quoi un sonar ?

- Et bien, heu. Tu choisis une direction. Tu cries. Tu attends le retour de l’écho, et ça te donne la forme de ce qui est devant toi.

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- Par exemple, ze crie. Là où est la colline, ze reçois l’écho et là où est la plaine, rien ne revient ?

- Oui, c’est exactement ça. Les sous-marins, les dauphins, les chauves-souris font comme ça.

- Passionnant ! »

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Z’adore la nouvelle fonction de l’appareil photo de Dom : panorama ! Magnifique !

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En version normale, on obtient ça. Moins complet.

Z’ai beaucoup aimé cet endroit, mais il est temps de partir survoler le lac Powel. On entre dans l’Utah, un nouvel état. Pas de frontière ni de douane ni rien. Bizarre !

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La pilote m’a confié la sécurité de la porte. Elle pouvait pas mieux tomber ! Gnak ! Elle a levé le pouce avec un grand sourire, OK !

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Ze prends ma responsabilité crès au sérieux, mais ze n’oublie pas de regarder le splendide paysage du lac.

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Dans le casque de Dom, les explications défilent en français et elle me transmet. En 1966, un barrage a bloqué l’eau du Colorado, qui s’est rempli pendant 17 ans !

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300 kilomètres de long, le deuxième plus grand lac artificiel des USA. On a bien fait de prendre l’avion, parce qu’en canoé, Dom aurait ramé longtemps.

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Bien sûr, de l’autre côté du barrage, le canyon est profond. L’eau est à 26°C. Rien ne pousse. Shirley ne peut pas vivre là non plus.

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Mais ze suis venu de loin et ze peux faire un peu de tourisme sans honte, non ?

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« - Mesdames et Messieurs, nous allons bientôt atterrir. »

 Ze dois reprendre mes fonctions de sécurité et ouvrir la porte quand la pilote m’en donnera l’ordre.

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Mission parfaitement remplie, une visite au sol complète le survol aérien. Le barrage, à gauche. Le pont, à droite. On vient de passer dessus en bus.

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Avant le barrage, le lac est bien rempli, les plages nombreuses.

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« - Ninnin, reviens ! Ne te penche pas comme ça ! 

- Mais non, Dom, ze ne risque rien. Bon, d’accord, ze remonte.

- Tu as vu, Dom, l’eau est très basse de ce côté-là.

- Non, je n’ai pas vu. Ninnin, tu es parfois casse-cou ! »

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Le barrage ne rapporte plus beaucoup d’électricité, mais le tourisme rapporte beaucoup de  dollars. Alors, pour l’instant, l’état préfère garder le barrage. Et moi, ze m’en vais. Z’ai rendez-vous avec Emy.

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La Reine de la Country, c’est elle. Ze suis devenu fan dès la première note. Ze vais tiper, c’est sûr. Le bocal, devant elle, c’est pour le tip. En français : pourboire. Ze laisse un gros billet ou deux. Elle me fait un beau sourire radieux. Il faut tiper partout, aux USA. De gré ou de force. Là, z’ai tipé de bon cœur !

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Brice canyon. Ze suis passé en premier par la boutique. Nico et Flo, mes cousins, m’avaient dit :

« - Tu verras, c’est moins connu, mais c’est le plus beau »

Ze voulais le ticheurte sur les photos.

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Un pitit sentier très très raide, et à nous les cheminées de fées. Liliane et quelques autres ont préféré ne pas descendre trop bas. Mémé Monique, Dom et moi, on est encore jeunes. À nous la belle vue !

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Le soleil a décidé de s’amuser. Ze suis patient. Z’attends. Parfois, un bon quart d’heure, mais ça repose les pattes arrières.  Et hop !

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Lumière ! Mine de rien, ze suis à 2 500 mètres d’altitude. Dam, notre guide, dit que Bryce est un plateau haut, creusé par l’érosion et pas un canyon. Bof, plateau ou canyon, c’est beau !

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Ce rose-saumon surmonté d’une couche blanc-gris avec un fond chocolat, ou Vermillion est splendide.

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Ze veux garder le souvenir de tout ça pour raconter aux oursons, et pour quand ze pourrais plus voyager. Ze m’en mets plein les nœils. Et quelques égoportraits aussi.

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Z’aurais bien imaginé Shirley dans une cheminée de fée, mais non. Pourvu qu’elle me retrouve. Le voyage avance et ça commence à m’inquiéter.

Elle attend peut-être l’éclipse, pour sortir de nuit. Ze serai bientôt fixé.

 

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