Ninnin sur les pas de Champlain : Quelle mission ?

Ninnin sur les traces de Champlain

Chapitre 1 : Quelle mission ?

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Écoutez bien !

L’aventure que ze veux vous raconter commence ici, à Honfleur, l’été dernier.

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«  Samuel de Champlain est parti d’ici, en 1608, pour fonder Québec »

Fonder une ville entière ! Quelle belle épopée ! Z’adorerais qu’il me raconte. Mais depuis 1635, il n’est pas revenu à Honfleur. Une idée d’aventure germe dans ma tête.

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« - Dom, il est parti avec ce genre de bateau, Samuel ? Il faut combien de temps pour la traversée ? Tu es bientôt en vacances ?

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- Hihihi, non, mon doudou. Il est parti avec ce genre de bateau et mes vacances n’y suffiraient pas. Il faut plusieurs mois pour traverser l’océan Atlantique jusqu’au Canada. »

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Z’ai su crouver les mots. Demain, on embarque dans un gros avion blanc. Paris-Québec direct, en 7h30, Octavie et Aurélie pour m’accueillir là-bas. Ze suis excité comme un ourson.

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Honfleur ! Ze fais le même trajet que Samuel, sans risque, loin de l’eau, et sans perte de temps. Le Canada a été français, puis anglais, puis indépendant. Z’ai révisé l’anglais avant de partir. Pour assurer mes relations avec les habitants.

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Comme prévu, 6 heures plus tard, les rives du fleuve Saint Laurent, la baie des sept îles où vivent les indiens uashat.

Pas comme prévu, le pilote (un as) nous pose à Québec en pleine tempête.

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Il neige à gros flocons. Il en faut plus pour ralentir mes recherches. La fresque des québécois ! Là, à la fenêtre, Samuel de Champlain !

« - Youhou ! C’est moi, Ninnin ! Z’ai des questions à vous poser ! »

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Pff ! Ze me suis trompé ! Ceci n’est pas Monsieur Champlain, c’est une peinture sur un mur ! C’est triste. En plus, Dom (mon humaine) a les doigts gelés et l’objectif plein de flocons. Allons plus loin.

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Rue du pitit Champlain, une des plus anciennes d’Amérique. Une rue à son nom ! Il est célèbre, ici. Ze vais devoir ruser pour l’aborder, sauf s’il est resté très simple.

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Ze me suis sérieusement refroidi depuis mon arrivée. Devant la salle de spectacle, une cabane à sucre et un brasero. Génial pour se réchauffer un peu. Vous m’avez trouvé ?

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Chemise à carreaux rouges et noirs, raquettes et sirop d’érable. Aah ! Ça va mieux, ze peux continuer.

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D’un coup, ze me sens pas bien. Z’avais pourtant hâte de le voir, le château de Frontenac. Depuis 40 ans, ze le reçois en carte postale. Ze ne suis pas resté longtemps réchauffé. Ze suis glacé  zusqu’au cœur de mousse.

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« - Tu crois qu’on peut rentrer ?

- Non, pas ici, Ninnin. En plus, tu es un ours, et le commerce des peaux a longtemps été une grande source de revenus à Québec. Tu n’as nulle part où aller ?

- Ah woui, ze sais ! Le pitit coin latin ! Salut cop’s ! »

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Ze reprends mes esprits devant le chocolat chaud réconfortant de Thierry : On parle français, les rues sont françaises, les prénoms et les noms de famille sont français. Après 350 ans de domination anglaise ! Trempé-glacé des oreilles aux pattes arrières, ze renonce à mes recherches pour auzourd’hui.

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Le lendemain matin, z’ai récupéré. Le mieux pour comprendre des lois, c’est de rencontrer des membres du gouvernement. Et de poser les bonnes questions. Ze vais à Montréal, Capitale du Québec.

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Francette a dit : « le plus rapide, le moins cher, c’est le bus ». C’est parti ! Bien au chaud, wouifi gratuite. Toilettes au fond. Ceinture obligatoire. Tout le confort moderne !

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Il neige toujours. On a une heure de retard, mais ze peux pas réclamer, ce ne serait pas convenable. On arrive, et c’est l’essentiel. Montréal, les Jeux Olympiques de 1976, son équipe de Hockey !

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« - Eh, l’ours, pousse toi de là. Tu vas prendre un coup de puck !

- Z’ai oublié mes patins ! Le gouvernement, Justin Trudeau, c’est par où ?

- Deux rues plus loin ! File, tabarouette !

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- Ah, ouf, bonzour Justin. Ze mène une enquête sur Samuel de Champlain et le français parlé au Québec.

- Bonjour Ninnin. Ravi de jaser avec toi. Dans les années 60, on imaginait une assimilation complète. Tout le monde en anglais.

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Mais au balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le Président français, Charles de Gaulle a crié « vive le Québec libre ». Juste après, le parti québécois a été fondé.

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Il a pris le pouvoir en 1976. Vas à Québec, parce qu’à Montréal, l’anglais domine depuis quelques années. Dans les affaires, l’informatique, la vie. Nous sommes à nouveau menacés. Mais tu peux compter sur moi, je ne vais pas dormir au gaz.

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Nos plaques d’immatriculation sont en français. Nous nous souvenons que nous venons de France. En grande majorité de chez toi, de Normandie ! Je file mais quelqu’un avec qui tu es tricoté-serré veut te voir.

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-Bah Yves ! Qu’est ce que tu fais là ?

- C’est la semaine de la francophonie ! Justin m’a reçu, le parlement aussi. Tu sais, en 1985, poussé par Félix Leclerc, j’ai écrit « la langue de chez nous ». Un hymne ici !

Je t’ai gardé une place pour mon concert de ce soir. Tu viens ? »

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Sur la photo de famille, ze suis au troisième rang, tout à droite. En France, il est 6 heures du matin. Hors de question de refuser une telle invitation. Justin parle tout de même un drôle de français, non ?

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Une dernière recherche avant de dormir : C’est qui, Félix Leclerc ? Poète, écrivain, engagé pour la souveraineté du Québec et la défense de la langue française. Une référence !

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Après une bonne nuit, z’ai choisi le déjeuner (pitit déjeuner en français) « continental ». Dom a rajouté sa poudre de chocolat dans le verre de lait chaud. Ze suis prêt.

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Le soleil a chassé la neige. Z’ai une zournée pour visiter Montréal. Bof, pas mon style, ces gratte-ciel, ni les promenades en sous-sol sur 29 km sans mettre la truffe dehors.

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Cathédrale Marie-Reine du Monde. Ze peux enlever les moufles et le bonnet. En 1642, les missionnaires français ont fondé Montréal et ont essayé de convertir les autochtones (les amérindiens). Ze suis pas trop d’accord. Chacun croit ce qu’il veut.

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Beaucoup plus récente que les nôtres (1894), néobaroque, copiée sur celle de Rome, elle a des gros radiateurs ! Il fait super chaud. Z’enlève aussi mon anorak et ze me détends.

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Elle est catholique et à gardé son nom français, cette cathédrale ! Pas normal, dans un pays anglais avec la religion anglaise. Ze n’ai qu’une zournée pour visiter Montréal. À pattes, mission impossible. En hélicoptère ?

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D’autant que la neige tient encore au sol malgré les tonnes de sel déversées sur les routes et les trottoirs. À droite, les statues de la corniche de Marie. Devant, la place Ville-Marie, l’ancien nom de Montréal. Devant moi, la solution : La banque royale et ses 46 étages.

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Ze prends un aller-retour. La dame de l’accueil adapte le badge à ma taille. Ze me dirige vers les ascenseurs et youpi !

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Pour la première fois depuis mon arrivée, ze vois le fleuve Saint Laurent, et une bonne partie de la ville. Visionnaire, Monsieur Champlain avait identifié l’île de Montréal comme un bel emplacement pour le commerce des fourrures. Euh. Les fourrures d’ours ?

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Deuxième ville du Canada, 1 700 000 habitants. Il ne s’était pas trompé. Pas le temps d’aller au mont Royal, et avec la neige tombée ces derniers jours, pas sûr que ses chemins soient dégagés.

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La glace sur les vitres s’écroule de temps en temps et me fait sursauter. Ze repère le trajet vers le vieux port. Les gens qui me croisent crient :

« - Oh le beau toutou ! ». Z’y comprends rien !

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Avec la glace, le ciel bleu et les immeubles, Dom s’amuse à faire des photos d’art. Z’aime bien les idées étranges de mon humaine. Puis on redescend.

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Z’ai un creux sérieux. Si ze veux être en forme, il faut manger. Sinon, ze vais pas tenir le coup, et cette publicité m’inspire. Le français est la seule langue officielle du Québec. Tout est quand même en anglais aussi. Frites, sauce, viande, foie gras ? Un peu de tout m’irait crès bien !

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Ze suis entré dans le premier resto venu. L’aventure fait une pause. Champlain ou langue française, quelle mission ze poursuis ? Les deux !

 

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 Un dictionnaire Québec-France est disponible icite !

Ze remercie Aurélie, Francette, Octavie et Thierry de leur accueil et de leur aide permanente, sans qui cette aventure n’aurait pas été possible, le musée Grévin-Montréal et ses gentilles photographes, Yves et sa patience.

 

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