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Ninnin sur les pas de Champlain : Le Québec aujourd’hui

Ninnin sur les pas de Champlain

Chapitre 2 : Le Québec aujourd’hui

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Il est midi, c’est donc le dîner. Bah oui ! Ze vous explique : le matin, ze déjeune. Le midi, ze dîne, le soir, ze soupe. Z’ai la fin de la zournée pour confirmer mes observations : le Québec est resté la Nouvelle France créée par Champlain et on y parle un étrange français !

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La basilique Notre-Dame. Elle n’a même pas 200 ans. Chez nous, les cathédrales ont au moins 700 ans ! Bien plus belles ! Mais pas de chauffage efficace !

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Le château Ramezay, 1756, premier monument classé, au Québec. En France, les maisons de cette époque sont « normales ». Pas de quoi classer. Justin a raison, les lieux ont les mêmes noms qu’en Normandie.

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Par exemple, Notre Dame de Bonsecours, ici, à 5 300km de Rouen, ou bien à deux pas de chez mon cousin Nico. Les bateaux suspendus en l’air, offerts par les marins survivants de naufrages sont courants aussi en bord de Manche.

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Puisqu’on est là, faisons le tour du port. Il est encore pris dans les glaces. Pas de bateaux de loisir. Hihihi ! Soleil, parasol et mouettes attendent les futurs touristes.

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Il fait 32°F (0°C). Pas de quoi trainer en terrasse ! Et woui, les unités sont anglaises : pieds, pouces, fahrenheit, livres, dollars, piastres, on a bien du mal à se comprendre, mais tout se fait avec le sourire.

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Quand les colons se sont installés, en 1608, la Révolution française et ses unités de mesure n’existaient pas encore. Après, les anglais ont gagné la guerre de 7 ans et imposé leurs mesures, mais pas leurs lois !

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Z’ai compris qu’un dollar, c’est 70 centimes d’euros, qu’il faut 12 pouces pour un pied et qu’un pied, c’est pas ma pattes arrière, ni le pitit pied mignon de Dom, mais celui d’un humain mâle.

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Z’ai aussi compris qu’un « toutou » c’est un « doudou », donc moi. Quand on me propose des vêtements pour toutou, ze dois regarder pour moi et pas habiller mon chien avec.

Demain, retour à Québec, suite de ma mission « français québécois ».

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En deux zours, la neige a drôlement fondu. On devrait rentrer à l’heure et z’aurai tout l’après midi pour continuer mes observations. Comme hier, un bon déjeuner « continental » va m’aider à garder l’esprit clair.

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Une grosse surprise m’attend : pendant que z’étais au spectacle et que ze visitais la ville, le verglas faisait tomber des arbres, des lignes électriques. Plus de 1 000 pannes, 138 000 maisons sans chauffage par moins 6°C ! Brr !

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Finalement, dans ce pays de neige, on ne sait pas mieux gérer les tempêtes que chez nous.

Z’adore les énormes camions, comme dans les rocheuses. Ce tour en bus est parfait pour en croiser un max.

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Et me revoilà au « Pitit coin latin ». Avec l’assurance d’un repas de chef et d’un accueil princier, ze rentre. Ze m’assoie à la table réservée, ze me goinfre, ze ressors. Merci Thierry !

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Dans l’appart, Alvin et Double-dents surgissent :

« - Ninnin, si ze veux mener à bien cette mission, tu dois t’intégrer, gagner la confiance. D’abord, connaître la monnaie, la langue, les sucreries locales.

- Oh non ! Pas les sucreries !

- Prends pas d’chance, Ninnin !

- Dac, les cop’s ! Allez-y.

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- Le dollar canadien. Aucune somme écrite, Ninnin. Écoute bien si tu ne veux pas te faire passer un sapin.

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L’ours : 2 piastres, le canard : 1 dollar, le caribou : 25 sous, le castor : 5 sous et le bateau (bluenose) : 10 sous. Facile ! Tu as compris ?

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- Wouah ! Crop belle l’aurore boréale ! Celle là, ze la garde ! 2 piastres. Il parait que pour voir les aurores en vrai, il faut aller plus au nord. C’est vraiment dommage ! Z’aurais bien vu une aurore sur château de Frontenac, ou bien sur Saint Laurent ! Ce sera pour une prochaine mission. »

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Les boites aux lettres. Impossible de les rater ! Ze suis un nounours moderne, z’envoie mes cartes postales par internet, avec les belles photos que fait Dom (mon humaine). Ze ne devrais pas avoir besoin des boites rouges !

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Les auteurs locaux. En plein « salon du livre », c’est facile !

« - Bonzour, tu lis quoi ? 

- Six degrés de liberté, de Nicolas Dickner ! Passionnant ! Je te le passe, après !

- Volontiers !

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- Et toi ?

- Je suis Dany Laferrière. Je suis né à Haïti, mais je me sens québécois. J’habite Montréal. Je te propose mon prix « Médicis »

- Merci beaucoup. Tu me le dédicaces, s’il te plait !

- Tiens Ninnin. Tu es un chouette nounours. Continue ta quête ! »

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Les drapeaux de la francophonie canadienne. Pas de doute, le français est omniprésent et dynamique. Mais z’ai bien compris que c’est une bataille de tous les instants.

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Les maisons typiques. Rien à voir avec Rouen. Doubles fenêtres qui laissent joyeusement passer le froid, et chauffage à fond. C’est un choix.

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Ici, on dit égoportrait au lieu de selfie, infolettre et pas niouze-letteur, clavarder à la place de chatter. Les québécois sont inventifs et vigilants. On ferait bien d’en faire autant, et d’utiliser leurs mots, si on est trop flemmes pour en inventer !

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Le parlement, où siège l’Assemblée nationale du Québec. En 1793, un gros débat sur les langues a décidé du droit de cité de la langue française. Aurélie et Octavie étudient en français. Parfait pour jaser avec elles !

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Bagarre pour la langue française, bagarre pour les droits des humaines : Paul Gérin-Lajoie s’est battu pour l’enseignement aux enfants pauvres. Marie, sa grand-mère a lutté pour le droit de vote des femmes, avec ses copines Idola et Thérèse. Au fond, Marie-Claire, première élue à l’Assemblée ! Respect !

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Langue, droit, culture et art sont bien vivants à Québec. La nouvelle France ne lâche pas la patate.

« - Ninnin, tu devrais magasiner dans le quartier Saint Roch. Tu as besoin de chance pour ta mission. Trouve Benjo, la Reine de la chanson française.

- Merci cop’s, Z’y vais ! Gros becs ! »

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Étrange endroit, ce quartier Saint Roch ! D’énormes bretelles d’autoroute, en pleine ville. Au dessous, un terrain vague, quelques arrêts d’autobus, et des fresques sur tous les piliers.

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Pas vraiment touristique. Pourvu que ce ne soit pas un piège-à-Ninnin. Le commerce des peaux d’ours existe encore ou est sévèrement puni par la loi ?

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Sur le parvis de l’église, les gâtés-de-la-vie déposent ce qu’ils ont en trop, les sans-abri prennent ce qui leur faut. Chouette idée !

Comment ze vais reconnaître Benjo ? Tiens, quelqu’un chante, de l’autre côté de la rue. Allons voir.

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« - Salut Ninnin ! Je suis Benjo ! Touche mon bedon, regarde moi dans les yeux, fais un vœu ! »

Z’ai touché, regardé, fais un vœu. Ze vous dirai pas quoi.

« - Tu aimes la chanson française ? Pour être exaucé, tu dois déposer des chaussures sur la tombe de notre maître à tous : Félix Leclerc.

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- Tout le monde m’en parle, de ce Félix : Mais il est où ?

- Sur l’île d’Orléans, à quelques minutes en voiture. File, et n’oublie pas : des chaussures que tu as bien usées, bien aimées ! Avant de partir, prends-toi une chemise carreautée dans ma boutique, tu seras totalement intégré »

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De retour à la maison, Dom a été facile à convaincre.

« - Oh, que tu es mignon dans cette tenue ! Félix Leclerc, l’île d’Orléans ? Excellente idée Ninnin ! Demain, on loue une voiture et on y va. Mais pour l’instant, il faut dormir.

- Tout à fait d’accord. Ze commence à cogner des clous, moi. »

 

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Un dictionnaire Québec-France est disponible icite !

 

Ze remercie Aurélie, Francette, Octavie et Thierry de leur accueil et de leur aide permanente, sans qui cette aventure n’aurait pas été possible, le musée Grévin-Montréal et ses gentilles photographes, Yves et sa patience.

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2 Réponses à “Ninnin sur les pas de Champlain : Le Québec aujourd’hui”

  1. Lefaix dit :

    Salut Ninnin,merci pour ce très beau reportage, t’as loupé ta vocation de grand reporter! On s’y croirait !
    De gros bisous à toi et à Dom.

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