Archive de la catégorie ‘peluche’

Ze suis « fleur bleue »

Mardi 25 septembre 2018

Ze suis « fleur bleue »

Pas la peine d’aller loin de chez soi pour voir de belles choses…..

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Wouah ! Z’y suis ! Depuis le temps que Dom (mon humaine), me parle de ces magnifiques champs de lin, sur la route de Bernay. Depuis le temps qu’elle refuse de m’emmener sous prétexte qu’elle y va pour bosser.

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Sous prétexte qu’il faudrait partir plus tôt, parce que l’après midi, les fleurs sont fermées et qu’elle déteste se lever avant l’heure.

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Sous prétexte que le lin en fleurs, ça dure à peine une semaine et qu’elle ne peut pas prévoir.

Z’ai balayé tout ça d’un regard de pov’ nounours mal aimé. Z’y suis !

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En rang bien serré, bien droits, bien tracés par le tracteur, ze vous présente « le lin ». Premier producteur mondial : La Normandie.

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Promis, ze me fais discret toute la zournée de boulot.

Heu, z’essaie.

 

Chez Jean etJeanine

Mardi 25 septembre 2018

Chez Jean et Jeanine

Ninnin et le  pas de Roland

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Chaque année, ze descends en train à Barbotan, dans le Gers, et ze reviens en voiture. Ze vous ai déjà tout raconté : Bordeaux, les canards, le foie gras, les croustades. (voir Ninnin à Bordeaux)

Mais là, c’est une année exceptionnelle !

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En plus des activités habituelles, ze suis passé à « Notre Dame des cyclistes », la chapelle préférée de Dom. Luis Ocaña, son  idole, y est la vedette et elle peut rester des heures à vanter ses exploits avec les gardiens, à admirer ses vieux maillots jaunes. Ze m’occupe comme ze peux.

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Mais surtout, dès la cure de Mémé Monique terminée, Direction Itxassou (prononcez Itsassou), dans le Pays Basque, chez Jean et Jeanine.

« -Salut les cop’s. À Fécamp, on m’a parlé du « pas de Roland ». C’est qui ? Il a fait quoi ?

- C’est le neveu de Charlemagne. Vas en voiture avec Jeanine, elle va te montrer. Elle est d’ici, elle sait tout !

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Ze retrouve le Pays Basque avec plaisir ! Ses maisons, ses paysages de Pyrénées. Jeanine explique :

« - En 778, Roland est passé par ici, sur la route vers Roncevaux.

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Avant, je vais te montrer la petite église de Bidarray.  Avec Jean, on l’aime beaucoup.

- Très belle, en effet, Jeanine. Mais Roland, il a fait un pas et tout le monde en parle depuis tant d’années ?

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- Ce n’est pas un pas. Il a transpercé la montagne, avec son épée, parce qu’un rocher lui barrait la route. Joli, l’intérieur, n’est ce pas ?

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 - Jeanine, elles ont une forme étrange, ces pierres, non ?

- Saute dans les bras de Dom. Vu de dessus, tu devrais mieux voir la coquille Saint Jacques du chemin de Compostelle !

- Il faisait Compostelle, Roland ?

- Non ! Il défendait le royaume des francs contre les invasions. Je vois bien que tu es impatient. En voiture Ninnin, on y va ! »

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Z’ai tout bien compris : Ici, une plage bien fraîche quand il fait chaud, l’été. C’est le Laxia qui se jette dans la Nive. Un confluent miniature.

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La Nive est bien calme, mais en cas d’orage, elle peut devenir méchante. Le chemin de fer a demandé un max de boulot, le long de la roche.

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Même quand elle est calme, la Nive peut secouer les imprudents : canoës, rafts et trucs flottants. Ze préfère les sports sans eau !

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Et là, sous mes nœils, enfin, le pas de Roland !

« - Jeanine, tous les humains, même adultes, croient qu’il a pu faire ça avec son épée super-costaude ?

- Bien sûr Ninnin ! Tu peux descendre, tu te rendras mieux compte. »

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Z’ai pas cru un mot de cette histoire pour oursons, mais z’ai adoré cette promenade avec  mes copains basques, ce pitit coin de verdure.

Ze reviendrai, parole de Ninnin.

 

 

Ze remercie Jean et Jeanine, que z’ai connus pitit ourson, fidèles lecteurs de mon blog, qui m’ont reçu comme un prince.

 

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L’été de Ninnin

Mardi 25 septembre 2018

L’été de Ninnin

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Il a fait super méga chaud, sans pluie qui mouille, et il fait encore doux, mais c’est l’automne.

Et woui, l’automne, la rentrée, retrouver les potes et bien travailler en classe pour apprendre plein de nouveaux trucs passionnants.

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Un max de boulot : la gelée de mûres pour nous et les copains……

Et de chouettes souvenirs. L’été 2018. Quelle chaleur ! En fait, ze l’ai pas vu passer !

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Début juillet, z’étais occupé à la télé. En direct de Moscou. Z’ai crié, tapé dans le ballon. Rico a beaucoup chanté,

 on a gagné

Et ils ont gagné ! Hihihi ! Du coup, mon maillot ne convient plus, il faut une deuxième étoile !

 coupe du monde-

Z’aime Bapé, Hugo Lloris et tous les autres ! Et surtout cette belle coupe, bien méritée.

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Maintenant, c’est compote de pommes normandes garanties bio.

Pas de beaux voyages très loin cet été ? Mais alors, z’ai fait quoi ?

Pour vous le raconter, z’ai inventé un jeu :

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Dans les prochaines semaines, en revenant régulièrement sur cette page, vous passez vos souris sur les images, vous cliquez, et hop ! Un reportage s’ouvrira. Long, crès long, ou pitit. C’est selon l’aventure. Ze vous promets de vite tout écrire…..

 

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Ninnin retourne au Mans. C’est publié depuis le 23 décembre !

 

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Chez Jean et Jeanine,  C’est publié depuis le 1er  décembre !

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Ze suis « fleur bleue », c’est publié depuis le 26 octobre !

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Eclipse totale de lune, la plus belle du siècle, c’est publié depuis le 26 octobre !

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Coup de folie à Honfleur, c’est publié depuis le 20 octobre !

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Ninnin revient à Lyon.. ou presque ! C’est publié, le 13 février !

 MIR à Rouen

 Et puis, le MIR est revenu, en touriste, pendant 8 jours, sur les quais de Rouen. Un bonheur inattendu ! C’est publié pour la Saint Valentin !

 

Bel  hiver  à tous  et à  crès vite !

Ninnin

 

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Pour sauver Shirley Ninnin aux USA 7ème partie

Lundi 14 mai 2018

Happy end !

  

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Étrange pays. Super riche, méga développé mais où l’accès aux soins te coûte ta maison et où le téléphone de Dom n’a eu de relais que trois jours sur quinze. Ze visite Fort Laramie.

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C’est ici que le traité de paix avec les indiens Lakotas a été signé. Un fort ouvert, sans palissades, sans barrières. En bonne entente.

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Pour le simple soldat, un dortoir commun sans confort. Le traité à peine signé, les blancs faisaient sauter le Mont Rushmore à coup de dynamite ! Heureusement, ze connais un max de blancs très chouettes !

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Un détour par la boutique. Des chapeaux pour les humains, des coiffes pour les humaines, des bottes, du linge. Tout ! Ze discute avec la marchande, qui n’a pas ma taille.

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C’est pas un problème, z’ai l’habitude. z’ai emporté tout de France, par précaution. Elle admire mon chapeau et promet d’en parler à son fournisseur.

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Pour les gradés, c’est le grand confort. Appartements privés, en famille. Vaisselle de luxe, piano ou guitare.

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Patio privatif avec ombre garantie.  On ne se refuse rien.

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Moi non plus, d’ailleurs. Z’ai un pitit coup de fatigue et ce canapé est le bienvenu. Ron pchi ron pchi.

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Réveille-toi, Ninnin ! On a sonné le clairon ! Le premier qui touche à Shirley, à Doggy ou à Jack, ze lui fait un gros trou dans la pluche ! Un canon contre les indiens ?

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Non ! Ici, tout le monde commerce, fait des échanges, cohabite. Comme ça devrait toujours être ! Ma tenue « cow-bear » ne va pas être un obstacle.

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Un tipi, ze voyais pas ça aussi douillet. Un bison a offert sa peau pour que le lit soit chaud. Les décorations raffinées sont à mon goût.

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« - Bonjour Ninnin. Tu es de passage ?

- Bonjour pitite poupée. Woui. Tu veux venir avec moi en France ?

- Oh non ! Mon humaine est très gentille et ne peut pas vivre sans moi. Merci quand même. Bonne route à toi.

- Merci. Pareil pour moi ! Hihihi ! »

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On reprend le bus vers la ville de Cheyenne et z’ai un creux. On m’a conseillé cette table correcte. Z’entre et ze commande un burger-chips.

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Wouah, ces américains ! Assiette et couverts en plastique, chips servies dans leur paquet, pas ouvert ! Vivement la France et les bons pitits plats de Mémé Monique !

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L’ogre a perdu sa santiag de 7 lieues. Filons d’ici avant qu’il s’aperçoive qu’il court en chaussette ! L’aéroport est à Denver, Colorado. Notre bus, conduit par Ron, y va tout droit et on change une dernière fois d’état.

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Pas grand-chose, sur la route mais pendant l’arrêt « supermarché », Dom a enfin trouvé sa chemise de jean. Moins jolie qu’elle espérait, mais elle est quand même contente. Moi, ze pense à mes oursons. Z’ai hâte de rentrer.

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Diner au Hard rock café. Zut alors, z’ai laissé mon banjo à l’hôtel !

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Les Beatles ont joué ici, et beaucoup d’autres groupes aussi. La collection de guitares est impressionnante. Pas question que ze laisse la mienne. Z’y tiens trop ! Retour à l’hôtel pour une dernière nuit.

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« - Ninnin, la nuit, c’est là que je vole et que je mange. Je n’arrive pas à dormir.

- Il faut, Shirley ! Demain, on passe la frontière ou on se fait embarquer par les flics (ici, on dit les cop’s. Tu parles de cop’s, toi !) »

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Le lendemain matin.

Dom « - C’est pas compliqué. Les chiens renifleurs ne doivent pas sentir d’odeurs. Alors, vous frottez, avec un max de produit. Mais vous ne devez pas être humides non plus. Sinon, le sac sera repéré sous le portique de sécurité. »

Moi : « -Dom, moi z’ai pas besoin. Z’ai des papiers en règle.»

Dom : « - Il ne faut prendre aucun risque, Ninnin. »

Nous tous : « OK, Dom ! »

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On a passé le portique, deux chiens nous ont reniflés. On est dans l’avion. Ze me réjouis pas encore. DSK aussi, il était dans l’avion, et ils l’ont fait redescendre ! Mais lui, c’était très grave !

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L’aéroport s’éloigne. Bientôt, ils ne pourront plus rien contre nous. Bientôt, ma mission sera un triomphe.

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Z’ai fait un grand sourire américain à l’hôtesse qui m’a apporté ce biscuit à chien et ce verre de boisson douteuse. Tout le reste est payant. Z’ai pas de dollars pour ça.

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Heureusement, au pitit dèj., Dom a tout prévu. Elle a piqué des gaufres. Pour nous tous. On entend « crounch crounch crounch » dans le sac de Dom. Des bruits bien couverts par le moteur de l’avion. Tout va bien.

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À peine rentrés, on opère Shirley en urgence. Sigmundo et Moi, on assiste Dom, Hilli traduit pour que Shirley soit sereine et comprenne bien.. Une bonne dose d’anesthésiant, mais pas trop.

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Z’ai pas vu la suite. Il paraît que l’opération s’est bien passée, aucune infection, aucun organe vital touché mais une grave opération quand même. Gratuite ici, par sos Dom.

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Il paraît qu’au réveil, elle était crès bien entourée : les chiens qui l’entendent parfaitement, les anglophones et Sigmundo. Moi, ze me suis bien remis de cet endormissement non contrôlé. Mes examens cardiaques n’ont rien révélé d’anormal.

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 Ze croyais ma mission terminée mais aujourd’hui, z’ai un autre souci : Kim et Lisette viennent d’atterrir chez nous. Réfugiées en France, elles dormaient dehors en attendant des familles d’accueil, jusqu’à ce matin.

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Quelques zimaïlles et quelques sms plus tard, les adoptions  par Florence et Raymond (Kim) et Nicole ( Lisette) sont actées. Le moral de Shirley est au beau fixe.

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Un grand pot de beurre de cacahouète chacune pour reprendre des forces.

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Ze prête mon lit d’appoint qu’elles adaptent à leur manière. Vraiment une drôle d’idée, de dormir la tête en bas ! Z’ai pas envie d’essayer, ze tiendrais pas 5 minutes !

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Une dernière bise et c’est le départ vers les nouvelles familles, les nouvelles vies. On n’est pas tristes, pasque c’est des copains. Les aviatrices se reverront quand elles voudront.

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Et puis, un jour, longtemps après, on est bien tous d’accord, Dom, Sigmundo, Hilli, Moi, et surtout Shirley : il faut commencer la rééducation. On a fait appel à Jonathan.  Un aviateur chevronné.

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Jonathan : « - N’hésite pas, Shirley, tu peux le faire »

Moi : « - Au moindre problème sur la cicatrice, je vous préviens ! »

Shirley : « - Ah, que c’est bien de voler ! J’ai encore un peu mal, mais rien à voir avec avant ! »

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Et puis, z’ai fait un baptême de montgolfière à Illya, et Amandine n’a pas résisté à l’envie : elle a sauté dans son parapente et hop ! Quel beau moment. Illya n’avait jamais vu sa maman voler. Les copines adoptées, Shirley guérie. Mission terminée.

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Z’ai plus aucun prétexte pour repousser la réparation de ma patte gauche, blessée en Arizona, sur un cactus. Dom l’a bien compris. Ce matin-là, c’est à mon tour de me faire opérer. Z’aime pas du tout ça. Amandine est là, qui me tient l’autre patte. Ze fais l’ours mâle.

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Shirley fait partie de la famille. On s’apprête à fêter noël quand Loulou déboule.

Loulou : « - C’est Wolk, de Yellowstone. Il m’a donné ton adresse. Il m’a dit que tu trouvais des familles d’accueil. Je n’en pouvais plus, de ce Trump. Tu vas m’aider ? »

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Moi : « - bien sûr, Loulou. Z’ai même déjà ma pitite idée sur ton futur humain. Jules, ça t’irait ? »

Loulou : « - 18 mois, admirateur de loups ? Je n’osais pas l’espérer, Ninnin. Tu es vraiment Citoyen ! D’ailleurs, suis-moi sur le tapis indien ! »

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Loulou prend soudain un air très solennel :

« Ninnin, Dom t’a refait un bandeau en grand secret et, au nom de tous les potes que tu as sauvés et de ceux que tu sauveras encore, je te remets ces plumes, symboles de ta bravoure, que tu peux porter sans complexes. »

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Tout le monde applaudit. La gorge toute nouée, ze ne trouve rien à répondre. Ma mission ne fait que commencer : Brave nounours citoyen !

 

Que des beaux souvenirs ! Cliquez sur la photo pour nous rejoindre au coin du feu.

rocheuses

 

 

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Ze remercie l’Association Française d’Astronomie de m’avoir accueilli gratuitement, avec le sourire dans un de ses voyages pour la 6ème fois, Betty, pour la tenue de cow-bear qui me va si bien, Mémé Monique pour la tenue d’indien magnifique, Babet et Georges, pour l’arrivée de Bibi à la maison, Dam et Ron, les américains.

 

 

 

Pour sauver Shirley Ninnin aux USA 6ème partie

Mardi 17 avril 2018

Trouvée !

 

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Et le matin arrive. Hier, Welcome a dit : « - Silencieux ». Z’ai pas trop bien dormi, mais z’ai un plan. Pitit dèj., habillage et bus en direction des Bandlands. Les mauvaises Terres !

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Le parc est géré par les sioux depuis 1978. Trop la classe, les sioux !

« - Dom, tu as vu tout ce brouillard ! Dommage, hein ? Il paraît que le parc est plein de mammifères et d’oiseaux.

- Oui, j’ai entendu, mais les oiseaux risquent de ne pas voler, par ce temps.

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- Oh, les jolies fleurs ! On n’en a pas vu beaucoup, pendant le voyage !

- Tu as raison, Ninnin. Donc, il y a de l’eau ! C’est normal qu’il y ait des animaux. Ils ont de quoi manger et boire.

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- Dom, et les chauves-souris ? Elles peuvent voler aujourd’hui ?

- Aucun pilote sérieux ne décolle par cette météo, Ninnin ! Tu le sais bien.

- Galère ! »

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Plus tard, dans la matinée.

« - Regarde, Ninnin ! Tu vas être content, le brouillard se lève ! Les petits animaux peuvent sortir et ceux qui volent vont décoller !

- Wouah, chic, Dom ! C’est beau, cette colline de toutes les couleurs, pleine de trous qui peuvent servir d’abri ! »

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 Comme prévu, zuste après, on  découvre un immense champ garni de terriers et de chiens de prairie sur leur seuil. Leur conversation, c’est « siffle siffle siffle ». Z’ai sauté hors du bus et z’ai bien compris le problème.

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Moi, ze suis discret, ze me déplace sur la pointe des pattes. Mais certains membres du groupe ressemblent à un troupeau de bisons qui chargent, en parlant crès crès fort. Résultat, les chiens de prairie ont sauté dans les terriers ! Pff !

Pas le choix. Ze dois appliquer mon plan.

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« - Dom, ze veux partir par ici, tout seul. Pour avoir une chance de voir des chiens de prairie.

- Oh ! Fais attention à toi, mon Ninnin ! Inscris toi sur le registre à l’entrée du chemin, signe en sortant pour ne pas déclencher des recherches, ne marche pas sur un serpent, protège toi du soleil.

- Dom ! Ze suis plus un ourson ! T’inquiète pas ! »

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Z’ai fait le fier devant Dom, mais ze sens la trouille qui monte. Shirley ! Es-tu ici ou bien est-ce que ze fais ce gros effort pour rien ? Les trous dans les montagnes, l’herbe bien verte garantie pleine d’insectes délicieux, de l’eau à boire.

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« - Aahh ! Oohh !

- Sorry, désolée, Ninnin. C’est moi ! Shirley ! Tu as bien fait de t’habiller comme en France, sans chapeau, avec tes deux oreilles en haut. J’ai reconnu facilement ton écho-radar.

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- Shirley ! Ze suis enchanté, content, heureux, fier ! Ze t’ai trouvée ! Ze me suis ouvert la patte sur un cactus, ze me suis renseigné et z’ai bien compris qu’ici, les frais de santé sont inabordables. Fais voir ta blessure ?

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- Regarde, Ninnin. Une ouverture de plus en plus grande. Et qui se déchire à chaque fois que je bats des ailes.

- Oh oui ! Il faut une grave opération rapidement. Dom sait faire ça, mais son bloc opératoire est en France.

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- Je suis prête à quitter le pays. Toute ma famille est déjà partie. La destruction des parcs nationaux va nous y pousser tous. L’abus de lumière, la nuit, aussi. On déteste la lumière. Mais moi, je ne suis plus capable de voler aussi longtemps. J’ai quelques dollars. Tu crois que ton humaine sera OK ? Tu lui en as parlé ?

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- T’inquiète pas, Shirley ! Elle ne s’est jamais faite payée pour opérer. Elle adore rendre service. Elle est comme ça, Dom.

- Bizarre, ton humaine ! J’ai bien fait de te demander secours, à toi !

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- Shirley, il ne nous reste que quelques minutes. Tu es sûre et certaine que tu veux quitter les Badlands, ton pays, ton continent, et ne plus jamais revenir ?

- Oui Ninnin. Sûre et certaine !

- Viens, Shirley. »

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On est rentrés dans le bus, discrets, avant tout le monde. Ze suis responsable de Shirley. Ze dois la protéger des ignorants qui croient encore qu’elle suce le sang, saute dans les cheveux, porte malheur. Que des bêtises.

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Ze vais trouver le moment propice et en parler à Dom. Pour l’instant, on regarde s’éloigner sa terre natale, perdus dans nos pensées. Z’ai presque réussi ma mission. Il faut encore qu’elle passe la frontière sans attirer l’attention. Z’entends Dom qui arrive.

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« - Dans le sac, tu es en sécurité. Tu vas te reposer. Tu n’auras pas mal. On rentre bientôt à l’hôtel.

- Ninnin. Merci !

- De rien, Shirley. »

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Surtout, continuer comme avant, pour ne pas attirer l’attention des méchants. Si ze reste dans le bus, ils vont trouver ça bizarre et chercher ce qui se passe.

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Horreur ! Alors que ze tente de faire sortir Shirley illégalement du pays, mémé Monique fait copain-copain avec le sheriff. Heureusement, ça ne dure que le temps de la photo. Mémé reprend ses esprits et largue le sheriff. Nous rentrons à l’hôtel.

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« - Bah Shirley ! Qu’est-ce que tu fais ?

- Je m’installe pour dormir.

- Y’a des gros oreillers dont Dom ne se sert jamais. Tu préfères pas ?

- Non. Je dors comme ça. »

Et Dom est sortie de la salle de bain.

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Dom : « - Ninnin, tu trouves pas qu’il fait sombre ? »

Clic ! Elle allume la lumière.

Shirley : « - Hiih ! »

Dom : « - Aahh ! »

Moi : « - Oohh ! »

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Et paf ! Shirley et moi, on tombe face à Dom, dos contre les oreillers.

Moi : « - Heu, Dom, laisse-moi t’expliquer, heu. Elle est blessée »

Shirley : « - Hï Dom. I’m Shirley. Nice to meet you. Ravie de te rencontrer. Merci de m’emmener en France. »

Dom : « - Hï Shirley. Fais voir cette blessure ? »

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Pendant l’oscultation, z’ai tenu l’aile de Shirley. Elle a serré les dents sans se plaindre. Dom a été très douce.

Dom : « - Pas le choix. Vu les tarifs ici, tu rentres en France avec nous, je t’opère au plus vite. On évite l’infection d’ici là et on se fait discrets. »

Moi : « - Dom, ze t’aime »

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Shirley est remontée sur la lampe. Après tous les soucis et les angoisses, nos nerfs ont lâché. On a passé une bonne nuit.

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Le lendemain matin.

Dom : « - Y’a un bon ptit moment que j’avais compris. Ta soudaine envie d’Amérique. Tes questions sur les chauves-souris, sur le sonar. Ton envie de partir seul, hier. J’ai de la chance d’être ton humaine. Tu es un nounours formidable ! On va tout faire, pour Shirley.

Moi : «.. ». Trop ému pour parler.

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Et le bus nous dépose au mont Rushmore, Dakota du sud.

Les têtes de quatre Présidents des USA, sculptées dans le granit, de 1927 à 1941 : Washington, Jefferson, Lincoln et Theodore Roosevelt.

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20 mètres de haut. Taillées à la dynamite, sans respect pour les lieux. Le site appartenait aux indiens Lakotas depuis 1868 et était sacré !

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En essayant d’oublier la dynamite, ze me promène dans cette belle forêt sacrée. Le chemin tracé pour voir les Présidents a du bon !

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Certains arbres font de la résistance ! C’est pas un pitit caillou de quelques tonnes qui va empêcher la graine de plusieurs grammes de pousser !

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Z’ai quand même une pensée pour Teddy Roosevelt (celui qui a des lunettes). C’est grâce à lui que j’existe : Pendant une chasse, il a refusé de tirer sur les oursons. La presse a raconté l’anecdote et deux émigrés russes ont fabriqué les premiers Teddybears. Mes ancêtres !

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Z’ai plus qu’une envie : ramener Shirley en France et la soigner. Mais ze dois suivre le groupe à Custer Park et ze ne résiste pas au plaisir d’un égoportrait sur fond de bisons.

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Les antilopes sont belles aussi. Contrairement aux autres parcs, l’herbe est haute et grasse. Dam, notre guide, nous avait promis des animaux. La visite confirme.

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On leur fait moins peur dans le bus que dehors et on les voit de plus près. Mais c’est moins rigolo.

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La chance nous fait passer à côté d’un magnifique troupeau de bisons sauvages. Belle zournée, quand même !

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Pour les ânes, ils sont tellement goinfres que n’importe quoi à manger les attire. Le problème, c’est qu’ils me mangeraient bien. Ils n’ont aucun discernement ! Des ânes ! Ze dois me cacher sous le souïte de Dom pour leur échapper !

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Enfin ! Un chien de prairie plus intrépide que les autres se laisse photographier avec moi. Le bonheur !

En rentrant à l’hôtel, un problème se pose : ze sais pas comment mais le bruit a couru que z’allais aider Shirley à passer en France. Mais il a couru !

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Alors Doggy et Jack me font des nœils suppliants. Toujours la même histoire de parc qui va bientôt être ouvert aux promoteurs et aux financiers. Dom écoute, réfléchit. Elle est d’accord. On passera avec Shirley, Doggy et Jack, ou bien on restera tous en prison ici. Brr !

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Et comme son lit est immense, et que Shirley ne prend pas de place, on se couche vite, pour récupérer et être en forme demain. Et il reste encore bien assez d’espace pour Dom.

 

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Ze remercie l’Association Française d’Astronomie de m’avoir accueilli gratuitement, avec le sourire dans un de ses voyages pour la 6ème fois, Betty, pour la tenue de cow-bear qui me va si bien, Mémé Monique pour la tenue d’indien magnifique, Babet et Georges, pour l’arrivée de Bibi à la maison, Dam et Ron, les américains.

 

Ninnin et le 2CV Paris tour

Mercredi 4 avril 2018

Z’ai testé pour vous :

Le 2CV Paris-Tour

 

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Début octobre, en attendant le retour de Dom (mon humaine partie cravailler), ze seurfe sur la tablette.

«  – Wouah ! 2CV Paris-Tour ! À quelques semaines de l’anniv de Dom, c’est une merveilleuse idée, ça ! Voyons le descriptif.

 2 

Le grand tour de deux heures promet tous les plus beaux monuments de Paris ! Il faut ça ! Oui mais si c’est pas bien, si c’est des escros, Si, si, si..

Bon, z’arrête de m’angoisser.

Pourquoi en 2 CV ?

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Pasque dans la famille, c’est une tradition : En haut, mes arrières grands parents, en 1960. Au milieu, Dom dans les Zalpes, en 1985. En bas, les cop’s et moi, en 2010.

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Tonton Yannick, cousins Nico et Sylvain, cousines Marine et Floriane m’ont bien aidé (surtout leurs cartes-plastique), et hop ! L’invitation est arrivée à temps ! Dom était aux anges !

Échanges de courriels avec Marc (le responsable). Marc sait parler aux ours ! Il m’a tout de suite mis en confiance :

« - Je vais te montrer des endroits qu’aucun nounours n’a jamais vus ! »

Rendez-vous pris pour le 4 février.

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Attendre une date, c’est long et énervant. Mais on pouvait être 5 dans la 2CV (4 humains et moi), alors il fallait coordonner les agendas. Pas facile ! Marc était d’accord avec toutes les dates. Le problème, c’était nous ! Mais le jour arrive. La virée parisienne commence dans le métro de Rouen.

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 Arrivés à la gare, pas de désagréable surprise : trains à l’heure, pas de neige sur les voies. Anne, Mémé Monique, Dom et moi, on est surexcités !

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Bah oui, c’est indispensable, les pitites lignes ! Sinon, comment ze fais, moi, pour aller à Paris ? Hein ? En voiture pour rajouter aux embouteillages ? Et ze me stationne où ?

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Paris, gare Saint Lazare, ze mange mon croissant. Z’ai bien compris que deux heures de visite, ça nous pousse vers 13 heures. Z’ai intérêt à me caler.

Et puis, 15 minutes avant l’heure H, le portable de Dom vibre : C’est Alex, notre chauffeur, qui est prêt ! Sympa et délicat, de pas nous faire attendre plus longtemps. On fonce !

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Vraiment chouette, Alex est venu à la gare nous chercher ! Pratique !

Z’ai un soucis : C’est Marc, qui était au courant de ma présence. Comment Alex va m’accueillir ?

Adoorable, Alex ! Le courant passe tout de suite entre nous.

« - Si tu veux, Ninnin, je te tiens pendant que Dom fait les photos de toi »

 9

Et on débute la tournée par les Champs Élysées. La grande classe ! Moi, en 2CV remontant les champs. Retour vers le passé ! Dom et moi, on a fait 140 000 kilomètres en 2CV. Alex est impressionné et respectueux !

10

« - Wouah ! La Tour Eiffel ! Une photo de moi, devant elle, c’est possible ?

- C’est toi le Patron, Ninnin. Mais pour éviter une contravention par la Police, on ne va pas rester trop longtemps, si tu veux bien »

 10a

Photo historique : Anne, Mémé Monique, Dom, Titine-bicolore et Moi, sur fond de Tour Eiffel !

 10b

 

Y’a pas que Alex qui nous photographie. Plein de touristes sont crès jaloux de notre véhicule et « clic clac » à notre passage ! Hihihi. On est les vedettes, dans notre décapotable grand luxe !

 11

L’opéra Garnier ! Grand luxe, en effet ! Alex sort son portable, le connecte à l’enceinte bloutouffe, et nous passe des musiques coordonnées au parcours ! Ze suis baba !

 11a

Les coins qu’aucun nounours ne connaît : une boutique de « têtes de choco ». Ze note fébrilement l’adresse.

Remarquez la capote transparente, une option géniale pour mieux voir les monuments, une idée de Marc !

 12 

Moulin rouge ! Monter à Montmartre, en voiture, un dimanche matin, c’est interdit ! La police bloque les accès. Mais on n’est pas en voiture, on est en deux chevaux ! Alors le policier écarte la barrière et on passe !

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Les vignes de Montmartre. Le programme promis se déroule sans faille et notre pitite voiture passe dans des recoins impressionnants !

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Pause, Paris vu de l’esplanade. On s’amuse comme des oursons et on se cultive aussi, grâce à Alex qui connaît tout.

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Ze glisse une pièce au harpiste en mitaines. Fait pas chaud pour zouer dehors.

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À chaque dépose, un coin étonnant à découvrir. Et moi qui croyais tout connaître de Paris. Les inondations de la Seine interdisent l’accès aux quais, mais rien ne nous arrête. Et hop ! L’île de la cité.

 17 

Notre Dame de Paris !

« -Alex, ze voudrais me rendre compte par moi même des dégâts, dans Paris. Pour témoigner.

- On y va, Ninnin »

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Dernière dépose. La Seine. Le poteau et l’arbre noyés, le pont, presque atteint. Les bateaux mouche en chômage technique. Bien loin des crues de 1911, mais impressionnant quand même.  Z’ai vu ça moi même.

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13h10. Alex n’a pas regardé sa montre et a fait plus de deux heures, mais c’est trop vite passé quand même. Il nous quitte là où on veut, près des pizzas. Z’ai un gros creux !

 20

Puisqu’on est à Paris, autant en profiter. Après midi culturel : le mouvement « dada » au musée du jeu de paume.

 21 

En pleine guerre de 14, artistes de tous les pays, unissez vous ! Picasso, les masques africains, les artistes allemands, tout est mélangé !

 22 

La résistance par la création artistique ! Depuis quelques années, ze participe, moi (voir Ninnin résistant parisien) sans savoir que 100 ans avant, d’autres avaient lancé le mouvement.

 23 

Quelle belle zournée ! Même si vous croyez connaître Paris, Le 2CV Paris-Tour est vraiment une expérience inoubliable que ze vous conseille.

 24 

On va bientôt reprendre le train Paris-Rouen, des souvenirs plein la tête, avec une grosse envie de recommencer au plus vite !

 

 

 

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Un grand merci à Alex et Marc pour cette zournée mémorable.

Si ça vous tente : https://2cvparistour.fr

 

Pour sauver Shirley Ninnin aux USA 5ème partie

Lundi 5 mars 2018

Pour sauver Shirley

Ninnin aux USA 5ème partie

 le Dakota du sud

    

Z’ai rempli une partie de ma mission : déposer ma pétition à Monsieur Trump. Z’ai une grande confiance dans les potes que ze vient de croiser.

  201

 D’autant plus qu’ils ont raison : Les armes sont autorisées dans les musées, à condition de les montrer aux agents de sécurité ! Ze crois rêver ! T’imagine ça, au Louvre ? Z’entre quand même. Prudence, Ninnin !

 202 

Mais c’est quoi, ce musée ? Z’ai Shirley à retrouver et ze perds mon temps ici ?

« - Dom, on part voir les Badlands tout de suite ?

- Je te propose juste de changer de salle, Ninnin. Les œuvres devraient mieux te plaire. »

 203

« - Salut l’Ours. Un coin sympa, sans armes, dans ton musée, tu connais ?

- Oh oui, le soir, après la fermeture, je me promène dans la salle indienne et aussi, celle des peintures de Frédéric Remington, ma préférée.

- Merci ! Ze fonce ! »

 204

Z’ai pas vraiment la tenue adaptée, mais ze ne m’attendais pas à visiter un tipi dans un musée cow-boys.

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Un jouet que ze rapporterais volontiers à mes oursons, mais rien n’est en vente.

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Ah woui, là, c’est beau ! Earl Biss, 1977. Et puis, un artiste, ça ne tire pas au révolver sur un ours ou sur un indien. C’est ursophile, pacifique.

 207

Bah voilà. Un artiste, ça admire la nature. Ces sculptures sont extraordinaires. Finalement, z’ai bien fait de rester.

 208

Oh ! Chic alors ! Le vieux fidèle ! Et Lower falls ! Z’ai vu tout ça en vrai et maintenant, en peinture !

 209

Frédéric Remington. L’Ours a raison. Sa région de jeunesse est vraiment bien représentée. Du style, du goût. Ze reste un bon moment puis il faut repartir.

 210

En chariot, comme les pionniers ? Hihihi, non ! Dans le bus ou un changement de tenue s’impose encore. Indien, cow-bear. Compliqué, l’Amérique à deux peuples !

 213

Et on change encore d’État : bienvenue dans le Dakota du sud. Chaque état a ses plaques, un peu vantardes. Ici, c’est le mont Rushmore qui est la vedette. Il est au programme. Ze vous expliquerai bientôt.

 214

Depuis que z’ai porté ma pétition, ze m’autorise une plume. Là-bas, au loin : Devils tower (la tour du Diable). Site sacré pour les indiens Lakota.

 215

Eux, ils l’appelaient « le tipi du grizzly ». Les indiens kiowas disaient « l’arbre de pierre ».

 216

Ze vous raconte sa formation : Sept jeunes indiennes se promenaient ici. Un grizzly qui passait par là les poursuivit.

 217

La roche s’éleva du sol pour les protéger, si haut que les sept indiennes atteignirent le ciel et furent transformées en étoiles. Formant la constellation des pléiades (les 7 étoiles dans le ciel, très proches, qu’on voit bien la nuit, l’hiver. Merci les astronomes du car. )

 218 

Super méga énervé, le grizzly a griffé la roche tout autour, pour essayer de les attraper. C’est lui qui a fait les grandes rainures verticales qu’on voit derrière moi. Il n’a pas réussi à manger les indiennes.

 219

Avant que ze commence l’ascension, Dam (notre guide) m’a dit :

« - Ninnin, si tu te sens très fort indien aujourd’hui, de toute ton âme, ce lieu est sacré.

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Laisse un morceau de tissu qui t’appartient, noué à un arbre. Les indiens font ça. Tu peux le faire aussi. Avec respect. »

 221

Ze choisis un arbre. Ze défais mon bandeau. Ze le noue autour de l’arbre. Tourné vers mon ciel du dedans, ze suis un nounours indien.

 222

Pour qu’il résiste aux tempêtes, aux pluies, aux vents, ze sers vraiment fort. Crès concentré, crès respectueux.

 223

Un grand grand moment du voyage. Z’ai toujours préféré les indiens. Aujourd’hui, ze suis indien.

 224

Un dernier regard à mon bandeau. Ce lieu sacré est vraiment spécial. Ze suis peut-être le seul nounours qu’il protègera.

 225

Et puis ze redescends tout bizarre et ze vois cette pancarte qui demande de ne pas déranger les tissus déposés. Personne ne doit toucher à mon bandeau. Une croyance indienne, ça se respecte !

 226

Serein, ma plume à la patte, ze remonte dans le bus. Ze n’ai plus de bandeau pour la suite du voyage, mais ze suis fier de l’avoir laissé ici.

 227

Trop peu de temps après, sans transition, on arrive à Deadwood. Quel contraste ! Encore indien, au fond de ma mousse, ze plonge dans ce monde de cow-boys d’un autre siècle.

 228

Les droits des indiens, c’est pas leur truc. Les droits des humaines non plus, vu les tenues des dames, là-haut, qui attendent les clients.

 229

Avant d’entrer, ze prends mes précautions : colt à la patte ! Ze m’adapte vite. Le premier qui veut une descente de lit beige clair, ze le refroidis !

 230

Musique douce, lumière bien étudiée. Que des machines pour me faire croire que ze vais gagner. Ze dois ressortir vite, avant que le jeu me fasse perdre tous mes sous !

 231

Retour dans les rues de Deadwood, au 19ème siècle ! Dans les boutiques, tout pour le cow-boy : chemises de jean, santiags, chapeaux Stetson.

 232

Dom cherche une chemise de jean, en trouve, mais « taille géant ». Elle est mignonne et mince, mon humaine. Rien pour elle.

« Paf paf ». Des bruits de révolver ! Qu’est-ce qui se passe ?

 233 

Dans les cow-boys qui se disputent, ze reconnais une cow-girl ! Calamity-Jane ! Comment c’est possible ! Ze sais qu’elle est enterrée ici. Ressuscitée alors ?

 234

Ils se disputent fort, se crient dessus et l’inévitable arrive : Pan ! Il s’écroule, raide mort ! Calamity vient vérifier et lui enlève son arme.

 235

Elle a l’air contente d’elle et tout à coup, m’aperçoit ! Oh ! Non ! Z’aurais pas dû me montrer. Elle s’approche de Dom, lui dit en américain :

« - Tu veux que j’le prenne, l’ours ? »

Et Dom me tend vers elle. Horreur ! Dom me donne ? Elle a peur, ou perdu la tête ?

 236 

Hihihi ! Non, C’est une actrice et z’ai obtenu la photo du siècle ! Ze savais bien que Dom m’aurais défendu zusqu’au bout. D’ailleurs, allongé sur les pavés, le mort se relève.

 237 

C’était juste un spectacle, bien protégé par les camions anti-attentats pour barrer la route. Une bonne idée à proposer en France ! Moi, j’ai mes colts et ze peux aider, s’il faut.

 238

Quelle zournée ! Encore un changement de tenue pour visiter la base aérienne de l’US Air Force, à Ellsworth.

 239 

Ze préfère les pitits avions de tourisme à ces gros avions militaires. En plus, ze suis un nounours français, alors, ze n’ai pas le droit de visiter la base.

 240

Les moteurs de fusées, z’aime bien ! Euh. Démarre pas sans prévenir, sinon, ze donne pas cher de ma pluche !

 241

Moi, aux commandes du B1B. Gaz ! Vite, l’US Air Force ! Il faut trouver Shirley ! Voler à une altitude de chauve-souris et lui porter secours !

 242

A moins que, vu de l’espace, ce soit plus facile de la repérer, avec cette belle combinaison anti-vide ? Ze suis prêt à tout !

Non ! Elle m’a dit de me promener dans les parcs et qu’elle me retrouverait. Ze rentre à l’hôtel. Demain, il y a deux parcs au programme. Elle me trouvera !

 243 

« - Welcome. Bienvenue, Ninnin.

- Hï, Welcome. Demain, dans les badlands, ze vais voir des animaux ?

- Oh oui : mouflons, bisons, lapins, chauve-souris, chiens de prairies, furets… Si tu sais être silencieux.

- Merci, pote ! »

 244 

Il a dit « chauve-souris, silencieux ». Avec certains bruyants du groupe, c’est raté d’avance ! Ze passe la nuit à élaborer un plan. Il faut que ça marche !

 

Ze remercie l’Association Française d’Astronomie de m’avoir accueilli gratuitement, avec le sourire dans un de ses voyages pour la 6ème fois, Betty, pour la tenue de cow-bear qui me va si bien, Mémé Monique pour la tenue d’indien magnifique, Babet et Georges, pour l’arrivée de Bibi à la maison, Dam et Ron, les américains.

 

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Pour sauver Shirley Ninnin aux USA 4ème partie

Dimanche 11 février 2018

Pour sauver Shirley

Ninnin aux USA 4ème partie

Le Wyoming

 

 150

Yellow stone, Wyoming ! En français, les pierres jaunes. Passionnant ! z’ai encore changé d’état sans aucune formalité. Le parc est grand comme la Corse ! À cause des 4 heures d’embouteillages d’hier, z’ai plus qu’une zournée pour visiter. Énervant !

 151

Ze suis pas seul à admirer les 10 000 geysers.

« - Salut Ted ! Tu rentres à Washington après ça ? Z’ai une pétition pour le président.

- Hy Ninnin. Pas du tout, je suis du Wisconsin. Vas dans les boutiques trouver des potes !

- Les boutiques ? Hum ? Ze vais essayer de décider mon humaine. Tchô ! »

 152 

2 500 mètres d’altitude. Sous la terre, le magma en fusion à 3 350 mètres seulement ! Et les roches à 500°C. Tellement beau que c’est le plus ancien parc des USA.

 153

Il y a quelques mois, des jeunes humains ont voulu se baigner malgré les pancartes d’avertissement. On ne les a pas retrouvés vivants. Ze savais bien que les bains, même chauds, c’est mauvais pour la santé.

 154 

Ze reste crès loin : Marmites boueuses avec gaz acide, sources chaudes. Ze me cramponne à Dom. Pour arranger le tout, comptez environ 2 300 séismes par an.

 155 

Malheur aux arbres, et aux vivants trop proches. Pourtant, les indiens Shoshones, Crows et Blackfeet vivaient là autrefois, entourés de 60 millions de bisons. Avant que les blancs viennent semer la terreur.

 156

Ils ont tué tous les bisons et poussé les indiens dehors.

Dom est blanche, et pas méchante. Z’ai un pote bison adorable. Alors, ze comprends pas bien. Bisons-ours, même combat ! Adhérez au S.N.O.P., branche bisons !

 157

L’eau est bleue, calme, chaude. Mais une grosse odeur de soufre et les cendres sur le bord me rappellent les précautions à prendre ici, pour garder une pluche présentable.

 158 

Le clou de la zournée : le grand prismatic spring. Un arc-en-sol de 100 mètres de diamètre, le deuxième plus grand du monde. Vapeur bleue garantie. Formé par son voisin, le geyser Excelsior, de 90 mètres de haut ! Des couleurs à couper le souffle ! Magique !

 159

« - Dom, on va dans les boutiques ?

- Quelle drôle d’idée ! On n’a qu’une journée pour tout voir, alors qu’il en faudrait 15 et tu veux perdre une heure ! Là, il faut aller manger vite, et après, le vieux fidèle sera prêt !

 160 

- Woui, mais, tu sais, z’ai ma pétition à remettre à Monsieur Trump et ze voudrais la confier à des potes.

- Dac, Ninnin. On va y passer à toute vitesse. Dès que ce sera possible. En attendant, mange vite ton bison-gras-purée-sauce-sucrée.

- Merci Dom. T’es chic et le gâteau au chocolat a l’air correct ! »

 161

Pile à l’heure ! Toutes les 90 minutes, le vieux fidèle crache à 40 mètres de haut ses 40 000 litres d’eau à 100°C. Ze suis pas le seul à le savoir et le resto s’est vidé d’un coup.

« - Ninnin, vite, les boutiques, avant de reprendre le bus !

- Oh oui, Dom ! »

 162 

« - Hy, l’ours ! D’accord pour porter ma pétition à Washington ?

- Bah euh, j’ai peur de ce Trump, qui veut notre mort et la fin de 20 parcs nationaux. Désolé Ninnin !

 163

- Hy Bison, D’accord pour porter ma pétition à Washington ?

- Pas trop. Tu sais, en 1902, il ne restait plus que 25 bisons ici. Actuellement, nous sommes 4 000. Très loin des 60 millions d’autrefois. Je préfère rester ici, trouver une bisonne et repeupler.

- Ze comprends. Respect. »

 164 

Comme si ça suffisait pas, pendant l’été 1988, 36% de la forêt sont partis en fumée. Incendies naturels. Catastrophe ? Woui et non !

 165 

L’échauffement de la terre à fait éclore les  graines de pins, les jeunes arbres sont plus vigoureux que les anciens et les espaces dégagés aident les bisons à être plus gras.

 166 

Wouah ! Z’en parle et paf ! Mes premiers bisons en chair ! Ze suis tout ému ! Z’interpelle notre guide :

« - Dam, on peut arrêter et descendre ?

- Non. Pas ici. Pas assez de place pour un bus.

- Grr, galère ! »

 167

Et c’est reparti pour une marmite du diable, avec fumeroles et odeurs dégoutante offertes en prime.

 168

La pancarte sur le chemin avait prévenu : bouche du dragon !

On entend des cris rauques et une grosse vague et projeté en même temps que la fumée qui pue. Ze respecte les consignes de sécurité.

 169 

Et encore une marmite boueuse. On croise des pitites françaises qui restent là 15 jours. Ze crois qu’elles ont raison. D’autant qu’on n’a pas vu d’ours en chair et que le parc en accueille. Mais il faut reprendre le bus.

 170 

On a bien fait ! Des bisons, là, tout près ! Les seuls à se rouler dans les fumeroles sans problème.  Ze crois même qu’il se débarrassent des bestioles de leur peau comme ça.

 171

« - Ninnin ! C’est super dangereux ! 23 mètres ! Pas moins !

- Chut Dom. Faut pas parler ni crier. Il est beau, non ?

- Il est gros, très costaud, il court très vite et il est chez lui.

- Bon d’accord. Ze reviens. »

 172 

Pour ceux-là, aucun danger à prendre. L’heure du biberon, c’est n’importe où, même entre les voitures ! Magnifique zournée. Z’aurais pas cru vivre ça dans ma vie de nounours !

 173

Un pitit tour dans Westyellowstone après dîner, pour rencontrer des « natifs »

« - Bah, où sont vos casques, vos gants, vos blousons ? Dafy moto, ça vous parle ?

- Pas obligatoire, dans le Wyoming. Ici, frenchie, c’est la liberté. On fait comme on veut. On en profite bien !

- Et si vous vous blessez ?

- On devra tout vendre pour payer les soins. Mais, on va pas se blesser, on est les meilleurs ! T’inquiète pas ! »

 174

« - Salut copain ! Porter ma pétition à Washington, ça te dit ?

- Non. Moi, je reste ici, tranquille, dans la campagne. Demande à d’autres. »

175

 Si ça continue, z’irai la porter moi-même, cette pétition. Ze peux pas revenir avec, foi de Président du S.N.O.P. Demain, départ pour Cody, la ville de Buffalo Bill.

 Z’ai pas crop bien dormi. Pas assez de coussins peut-être ? Ou trop à l’étroit ? Ou inquiet pour ma pétition ?

176

Un chouette pitit détour par « Lower falls », en français, la chute basse.

  177

Une chance inouïe : un super arc-en-ciel se forme dans les gouttes d’eau, juste pendant notre passage. Clic clac, les photos !

 178

Et ce chemin m’aide à comprendre pourquoi cette région s’appelle « yellowstone ». D’après les spécialistes, c’est du grès. Moi, ze vois surtout que c’est vraiment jaune, crès crès jaune. Et z’y fais des chouettes rencontres.

 179

« - Salut Ninnin, t’es de passage ?

- Woui. Ze viens secourir une chauve-souris blessée, tu connais ?

- Peut-être dans les mauvaises terres, les badlands. Vu la réputation des chauves-souris ! Passe par Cody. Salut »

 180 

Il est parti sans me laisser le temps de contrer ses idées toutes faites sur les chauves-souris. Et me voici à Cody, devant l’hôtel Irma que Buffalo Bill a construit et nommé du prénom de sa sœur. Ze rentre, z’ai faim.

 181 

Z’aime pas ce Buffalo Bill ! Son vrai nom, c’est William Cody. Il a fondé la ville et doit son surnom à tous les bisons qu’il a tués pour affamer les indiens. Sale type ! Et il nous en fait encore manger, du bison !

182

Dom est partie aux toilettes, ze passe à la caisse. Ze crois que la caisse était déjà là à l’ouverture du resto. Z’ai l’œil attiré par un train au-dessus du comptoir.

 183

 « Trump Président, America first, 2016. » Et un peu au-dessous, une belle collection d’armes de cow-boys. Ze vais payer et partir discrètement, avant que l’envie de se faire des chaussons en pluche beige ne vienne à un de ces bargeots.

« - Ninnin, viens vite, y’a une boutique avec des candidats à l’émigration »

 184 

Ze me précipite voir les potes que Dom vient de me signaler.

« - Salut les potes. Quelqu’un veut porter ma pétition à Washington ?

- Oui, avec grand plaisir ! Marre de cet état de cow-boys d’un autre siècle. Vive les grandes villes modernes !

 185 

- Au nom des nounours français, ze vous remets solennellement notre pétition anti-chasse.

- Yes, you can ! Tu peux compter sur nous. Le premier qui est choisi par un humain de la côte orientale prend le parchemin avec lui. Fais attention à toi ici, même dans les musées ils sont armés. Des fous ! »

 186 

De retour dans la salle principale z’ai l’air d’admirer le portrait  de Buffalo Bill. En fait, ze lui tire la langue. C’est de chez lui que va partir la colère des nounours du monde entier contre cette horrible loi autorisant la chasse à l’ours. Hihihi !

 

 

 

Ze remercie l’Association Française d’Astronomie de m’avoir accueilli gratuitement, avec le sourire dans un de ses voyages pour la 6ème fois, Betty, pour la tenue de cow-bear qui me va si bien, Mémé Monique pour la tenue d’indien magnifique, Babet et Georges, pour l’arrivée de Bibi à la maison, Dam et Ron, les américains.

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Pour sauver Shirley 3ème partie

Dimanche 14 janvier 2018

Pour sauver Shirley,

Ninnin aux USA 3ème partie

L’éclipse

 100

 Le pitit dèj. des USA, c’est comme le reste : tout bien sucré et bien gras. Pour le lait chocolaté, on a décidé d’utiliser nos réserves, plutôt que d’avaler leurs mixtures. Pour les MNM’s, ze résiste pas.

 101 

Pas d’affolement, ze verrai en rentrant si ze suis devenu trop rond. C’est quoi, des pounds ? Pour l’instant, ze rentre encore dans mes jeans.

Le bus fait le plein d’essence à une station spéciale « gros volumes », allons voir dehors.

 102

Dommage que la clenche soit trop haute, z’aurais bien visité l’intérieur. Mais non, z’ai pas rétréci ! Il faut changer de point de vue. C’est tout !

 103 

Hop ! Le rouge lui va bien, vous trouvez pas ? Super astiqué, pare-brise frotté, 4 rétros et une remorque assortie. La grande classe !

 104

Existe en bleu, blanc, or, noir, vert, violet (mes préférés, mais rares).

Chacun est propriétaire de son camion et se débrouille pour avoir des trucs à transporter. Chauffeur-livreur-commercial-laveur !

 105 

Oh ! Les belles cheminées ! Et les klaxons sur le toit ! Ron (notre chauffeur) et Dam (notre guide) ont bien fait de nous arrêter ici. Un grand moment du voyage !

 105a

« - No fotos ! » a dit la camionneuse, sans humour, avec des gros muscles. Ze comprends pas l’américain et ze suis crès curieux. Il a l’air bien entretenu, ce moteur. Elle devrait être fière !

 106

Celui-ci, par contre, qui frotte son pare-brise, moteur bien chaud et en marche devrait relire son manuel de sécurité au travail avant de perdre l’équilibre et de se faire brûler et découper en fines rondelles. Partons ! Ze veux pas voir ça !

 107 

On a roulé plein nord zusqu’à Salt Lake city, l’état des mormons. Leur symbole est une ruche. On va bien s’entendre ! Entrons au palais du gouvernement.

 108

Z’aime pas trop le décor. C’est comme une grande BD sans style, qui raconte l’arrivée des premiers chariots, en 1846. Ze préfère le « chic décontracté » au « regarde comme ze suis riche ». Ze ressors.

 109 

Au loin, les montagnes des jeux olympiques d’hiver 2002. Z’adore le sport ! Plus de la moitié des habitants sont skieurs-golfeurs-non-croyants. C’est l’été. Pas un seul flocon dans le ciel.

 110

Wouah ! Trop beau, le tabernacle du temple ! 11 600 tuyaux pour l’orgue en bois de pin, sono et éclairage dernier cri. Subventions ? Non ! 10% de chaque salaire de chaque mormon est versé dans le pot commun. Euh ?

 111 

Donner un max d’argent, laisser mes oursonnes se marier toutes jeunes et faire un ourson par an avec des vieux ours qui sont déjà plus célibataires, rejeter les ours de couleur de pluche trop foncée. Quitte à vexer, moi, ze dis non, tout net ! Malgré la ruche, on va pas s’entendre. Z’espère que Shirley n’est pas d’ici !

 112

Salt lake city, ça veut dire La ville du lac salé. 120 kilomètres de long, un des plus grands au monde. Il est 6 fois plus salé que la mer parce qu’il n’a pas de rivière qui en sort. Zuste l’évaporation. Ze pouvais pas partir sans voit le lac.

 112a

Certains humains plongent sans hésiter. Pas moi ! Le sel, c’est crès mauvais pour ma pluche, aucun poisson ne peut y survivre et dans le sable, plein de pitites bestioles sautent. Boeurk ! Et puis, c’est l’heure !

 113 avant l'éclipse 

L’heure de dormir. Rien qu’une heure ou deux. Quel gâchis ! Cette belle chambre avec deux lits géants pour seulement jusqu’à 23h30. Dors Ninnin !

 114 

Minuit pile : départ pour Rexburg, éclipse totale de Soleil à 11h30. Ils sont fous, ces astronomes ! 240 miles (les kilomètres américains), 3h23 de route, d’après mon GPS. Pourquoi on part si tôt ? Pasqu’ils ont peur des bouchons, des pannes de bus, des ze-sais-pas-quoi ! Fous, ze vous dis !

 115 

À 4h30, on y est. À 8h30, Dom me secoue, m’habille avec mon ticheurte « éclipse Australie 2012 », m’emmène tout grognon vers le lieu choisi. Brr. Pas chaud ! Et puis, on retrouve l’autre groupe d’astronomes, avec Patrick, Jean, Joceline que z’adore et ze suis plus du tout grognon.

 116

Le ciel est tout bleu. Comme d’habitude, Patrick a choisi l’endroit idéal. Le Soleil est au rendez-vous, mon matériel en état de marche. Vas-y, l’éclipse, ze suis prêt.

 117

Et elle commence. Les trous de la passoire deviennent des croissants de Soleil.

« - Shirley, vole et vient me voir ! Ze suis là ! Il fait presque nuit ! »

 118

Dom fait des trous dans un papier et sur moi aussi, on voit des croissants de Soleil.

 119

Les « pros » ont préparé, bien avant aujourd’hui, des montages. On s’amuse comme des oursons !

 120

On s’excite aussi, comme des oursons. Il fait moins froid, mais plus sombre. Le croissant devient plus fin. C’est à chaque fois pareil, mais ze m’en lasse pas.

 121

Ciel bleu, mais presque nuit. Mémé Monique prend méthodiquement une photo toutes les 5 minutes. Dans ce parc de centre-ville, il n’y a plus un carré d’herbe libre.

 122 

Aucune chance d’entendre le silence des oiseaux ou de voir les vaches rentrer à l’étable. Un égoportrait zuste avant la totale. L’émotion me gagne. Pourvu que Shirley n’ai pas peur de la foule.

 123 

Plus qu’un tout pitit coin de Soleil, et, du coup, il manque des rayons !

 123a 

Et puis, la lune mange tout ! Le diamant ! Grandiose !

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2 minutes 30 secondes. Pas le temps d’en profiter vraiment, de voir le paysage, les protubérances, les éruptions. Ze crie, ze pleure, ze ris, ze vois des étoiles. Et puis le Soleil revient.

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Shirley ne m’a pas contacté. C’est vrai qu’on n’est pas dans un parc national. Mais z’y comptais beaucoup.

Les mordus regardent encore et continuent les photos.

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Nous, on fait un magnifique égoportrait de nous 6 : Mémé Monique, Liliane, Raymond, Florence, Moi, Dom. Trop heureux !

Une heure après, on est sur la route vers Yellowstone et le Wyoming, dans un gigantesque bouchon : 4 heures pour 100 kilomètres et enfin mon lit !

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Ze suis accueilli par Wolk.

« - Des chauves-souris, dans ton parc, c’est possible ?

« - Oh, non ! Avec les dégagements de soufre, les éruptions, les pauvres, elles seraient en grand danger !

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- Quel dommage. Bon, et des potes dans les boutiques pour ma pétition ?

- Ah ça, oui ! Tu en verras !

- Super nouvelle ! Bonne nuit Wolk. Pour Shirley, il me reste encore beaucoup de parcs. Rien n’est perdu.

- Bonne nuit, Ninnin. Je veille ! »

Dom n’est pas une fana des boutiques. Ze vais devoir ruser !

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Ze remercie l’Association Française d’Astronomie de m’avoir accueilli gratuitement, avec le sourire dans un de ses voyages pour la 6ème fois, Betty, pour la tenue de cow-bear qui me va si bien, Mémé Monique pour la tenue d’indien magnifique, Babet et Georges, pour l’arrivée de Bibi à la maison, Dam et Ron, les américains.

 

Ninnin chanteur-acteur d’opéra

Mercredi 20 décembre 2017

Ninnin chanteur-acteur d’opéra

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Septembre 2017. Après les deux magnifiques spectacles à l’opéra Bastille de Paris, ze voulais pas finir l’année 2017 sans y retourner.

Mais Paris, c’est loin. Ze me suis dit :

« - Et si j’allais à l’opéra de Rouen ? Dom (mon humaine) et Mémé Monique devraient être faciles à convaincre. Allons voir le programme. »

Le barbier de Séville ! Opéra participatif. C’est quoi ?

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Ze cite :

« Une participation active de la salle. Parce que chanter ne s’improvise pas, vous pouvez commander les partitions, le CD d’apprentissage, être présent aux répétitions, Suivre les conseils de Jeanne Dambreville, répéter encore et encore. »

Zénial ! Une folle aventure commençait !

 3

Z’ai tout commandé et tout reçu : Billets pour les trois séances, entrées aux deux répétitions, livret de partitions, CD d’entrainement. Ze devais m’y mettre sans tarder. Z’avais deux mois avant la première répétition.

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« -Piano pianissimo, tous avec toi….. »

Du courage, Ninnin !

Les notes, les paroles. Surtout, ne pas tout mélanger. Être précis sur les rythmes. Z’avais l’habitude de la chanson française, mais chanteur d’opéra, c’est vraiment autre chose !

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Quand ze me suis senti capable, z’ai utilisé le CD que Jeanne avait mis au point exprès pour nous, avec Laura au piano qui remplace tout l’orchestre. Les deux mois sont vite passés.

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 3 décembre. Un peu anxieux, crès en avance, z’ai attendu que les portes de la salle s’ouvrent pour la répétition. Est-ce que z’étais au point ? Est-ce que Jeanne allait me virer du groupe tellement ze chantais mal ? Ou crop aigu ?

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C’était pas écrit « réservé aux humains ». Z’avais beaucoup cravaillé. Z’étais légitime ici. Ze me suis installé. Mon cśur cognait plus fort que d’habitude. Malade ? C’était pas le moment pourtant !

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Et puis Laura et Jeanne sont arrivées et nous ont mis crès à l’aise. Z’ai reconnu la voix de Jeanne, qui était celle sur le CD. Gentilles ! Patientes ! Nous donnant des astuces pour bien faire ! Et z’ai entendu des choristes qui avaient moins cravaillé que moi. Ou étaient moins doués ?

Jeanne a dit :

« - la prochaine fois, c’est sans les partitions »

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10 décembre. Ze savais tout : Les notes, les mots, les rythmes. Encore quelques détails à améliorer, mais ze me sentais de plus en plus chanteur-acteur-sans-partitions.

Jeanne a dit :

« - Il faut faire la tête qui va avec les paroles. »

Elle faisait super bien la tête qui va avec les paroles. Moi, moins bien. Grr ! Il me restait 5 jours.

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15 décembre. Le jour J ! Z’avais mis ma plus belle tenue. Pas trop serré la cravate, sinon, ze chantais plus. C’est dur d’être chanteur-acteur-chic. Dans mon cerveau, tout se mélangeait. Le trac, ça s’appelle !

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Heureusement, y’avait une dernière répétition avec Jeanne. Z’avais encore beaucoup révisé et ze commençais à faire la tête qui va avec les paroles. Et puis on était venus en force : Anne, Mémé Monique, Dom et moi.

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Cette fois ci, c’était Christian, au piano. Gentil aussi. On n’avait pas beaucoup de temps pour s’échauffer et réviser. La tête douce, encourageante, vicieuse, sévère, paniquée, roublarde puis plus-beau-zour-de-ta-vie.

« - Je peux compter sur vous ?

- Woui, Jeanne, tu peux ! »

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Et on a rejoint nos vraies places. Dispersés ! Une ruse pour que les chanteurs-acteurs soient partout ! Z’ai découvert qu’en cas de trou de mémoire, il y avait le prompteur ! Pas besoin, ze sais tout !

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Ze me croyais le seul nounours chanteur-acteur, quand tout à coup, ce cube est arrivé sur scène ! Pendant une pitite demie-heure, z’ai été crès jaloux d’eux. Zusqu’à ce que Lindoro les jette sur Bartolo. Que Bartolo tombe dessus puis les envoie dans les coulisses sans douceur.

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« -Poliice ! Poliice ! »

Jeanne nous avait demandé de nous lever d’un bond. Les spectateurs de devant se sont retournés vers moi avec des grands noeils ouverts. Hihihi ! Puis le final, les bravos. Pas de bis ? Dommage.

Le retour à la maison.

C’était passé trop vite. Z’avais hâte de recommencer.

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16 décembre. Ze m’étais habillé moins chic. Z’avais bien vu, la veille, que même les chanteurs étaient en tous-les-jours. Ze commençais à avoir mes habitudes ici : Vestiaire, pipi, salle de répétition.

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Mais là, une énorme surprise m’attendait :

« Wouah, le monde ! Salle pleine ! Et chants parfaitement au point ! Vendredi, Mémé Monique avait dû lutter contre les fausses notes de son voisin. Pas de risques aujourd’hui. Que des pros !

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Christian et Jeanne ont été étonnés et ravis du nombre de choristes et de la qualité. 30 minutes d’échauffement et z’avais rejoint MA place. La même que la veille.

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Chantal, une collègue de Dom était à côté de moi. Ze voulais être parfait. Question d’honneur. Les noeils rivés sur Jeanne, là-bas, en bas, près de la fosse.

« Amour et joie immense rayonne dans nos coeurs » avec ma tête plus-beau-zour-de-ma-vie.

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« - Bravo les solistes ! Bravo le chef d’orchestre ! Bravo Jeanne (troisième en partant de mon oreille droite) ! Ze suis Ninnin et ze chante le final de l’opéra ! Une autre une autre ! Vivement demain ! »

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17 décembre. Et c’est comme ça que ze me retrouve, pour la cinquième fois, devant le théâtre de Rouen, avec le même trac que la première fois, mais aussi le même plaisir.

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Z’y vais. Jeanne ne doit pas attendre. Respect à ma cheffe de choeur, ou de coeur qui démarre touzours tout pile à l’heure. Il va falloir profiter de tous les instants, pasque c’est la dernière.

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On m’a placé beaucoup plus bas mais toujours « à jardin ». Ze suis avec Dom. Mémé Monique est 6 rangées devant. Pas compliqué de faire une tête plus-beau-zour-de-ma-vie. C’est vraiment un des plus beaux zours de ma vie.

Pendant les saluts, ze vois bien les applaudissements de Jeanne et des solistes, vers nous, les choristes, tous debouts et fiers ! Truffe levée bien haut.

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18 décembre. C’est fini. Ze suis content, et un peu triste. Ze classe le CD, les partitions, les billets pour les glisser dans ma boite-à-souvenirs-précieux. Mais avant, z’ai une modification à faire sur le livret.

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Vivement l’année prochaine !

Un crès grand merci au théâtre des arts de Rouen, aux solistes, à Laura Fromentin, la pianiste du CD et des répétitions et à Jeanne Dambreville, notre cheffe de choeur, de coeur.

Un pitit regret : pas de « bis » à l’opéra, ça ne se fait pas. Dommage !

 

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