Mots-Clés ‘champlain’

Ninnin sur les pas de Champlain 6- Le Ciel, les plaines et Samuel.

Dimanche 3 novembre 2019

Ninnin sur les pas de Champlain

6- Le Ciel, les plaines et Samuel !

 ia

Comme tous les matins, on jase au « Pitit coin latin ». Les rosaces de Notre Dame semblent sauvées. Les québécois nous réconfortent nous questionnent et promettent de l’aide. Ze surmonte le traumatisme comme ze peux. C’est ben plate.

 ib 

Ze sors prendre l’air et ze remarque le numéro du voisin d’en face. 71/2 ! C’est pas banal ! Une demi-maison ? Une entrée secrète ?

 ic

Ze vais vivre un grand moment : ze suis invité tout là-haut, au ciel ! Au ciel ? Z’ai une chance de croiser Champlain ? Mais z’ai encore des tas de belles choses à vivre, moi ! Ze me suis habillé chic, avec le pin’s « Québec » en l’honneur de mes hôtes.

 id

Hihihi ! Z’ai compris ! Le ciel, c’est le nom du resto au sommet de la tour ! Allons-y ! Vue imprenable sur la ville de Québec. En observant les plaines d’en haut, ze comprendrai mieux la défaite de 1759.

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Et pourtant, il tourne ! 360 degrés en une heure trente. 4 degrés par minute. Au fond, les Appalaches, les montagnes du nom de la tribu indienne qui y vivait.

 if

Yogourt aux bleuets compotés et au sirop d’érable. Ze veux pas vexer, ze goûte. C’et délicieux. Comme tout le reste du repas. Dom a adoré le boudin noir autant que celui d’un vieux souvenir à elle.

 ig

Ma vue préférée : Le château. Derrière lui : l’île d’Orléans. À droite : Lévis. En face de l’île d’Orléans : la chute de Montmorency. Le résumé de mon voyage en un cliché !

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Les plaines d’Abraham ! Beaucoup plus pitites qu’en 1759 (date de la bataille), mais grandes quand même. En combattant, français et anglais ont labouré gratos, mais pas dans les règles de l’art agricole, le champ d’Abraham, riche agriculteur du 17ème siècle.

 ii

Les anglais sont arrivés par là. Le Capitaine Cook avait repéré les reliefs. Ils ont tassé les français dans les creux. Imparable ! Après ce bon repérage du ciel, ze dois aller voir en bas.

 ij 

Au sol, ze saisis mieux le problème. Il faudra revenir en été pour accéder au cap diamant et au point d’attaque des anglais. Quand même, une défaite en 15 minutes, ce doit être le record mondial !

 ik

La bataille s’est déroulée le 13 septembre, donc sans neige. Pas vraiment « camouflage », les tenues des français. En blanc, on te voit drôlement bien et tu deviens vite une belle cible.

 il

Les hurons, montagnais et algonquins étaient nos alliés, tout en gardant leurs croyances bien à eux. Mais ils n’étaient pas assez expérimentés dans les batailles à l’européenne.

 im

Sans compter qu’avec 14 verres de vin et autant d’eau de vie chacun pendant les repas de fête, ils ne devaient plus vraiment tirer juste ! Quelle époque !

 in

Aurélie la musicienne apprend vite à sonner à la demande : repas, marche, victoire. Ce jour-là, c’est la défaite, et le repli vers Montréal que le tambour français à dû sonner. Vas-y, Aurélie, on n’a pas le choix.

 ip

Montcalm mort au combat, c’est Lévis qui signe la défaite. Z’aime pas perdre, tabarouette ! Heureusement, les québécois ont lutté et conservé leurs habitudes et leur langue : la nôtre, ou presque !

 ir

Z’ai encore du temps auzourd’hui, et ze dois aller voir au château si Louis de Buade, conte de Frontenac et contemporain de Samuel a des renseignements pour moi.

 is

Dès mon entrée dans la cour, ze suis super déçu : 611 chambres à 500 dollars chacune. Hommes de service devant l’entrée, voitures de luxe dans la cour. Ze renonce à visiter le hall.

 it

Quand même, depuis le temps que des cop’s m’envoient la carte postale, ze reste à admirer un bon moment. Il faudrait de la magie, pour que ze croise Champlain. Ze retourne en ville.

 iu

De la magie. Comme pour que les lumières me laissent traverser. Z’ai longtemps cru au magnétisme des québécois. La lumière changeait pour eux, jamais pour moi.

 iv

Maintenant, ze sais qu’en passant ma patte sous ce truc noir, ze déclenche le système ! Z’ai passé la patte, ça va bientôt être à moi de traverser.

 ix

Tout à coup, en pleine rue, ze pousse un cri : l’entrée magique vers Poudlard ! 93/4 ! Mais woui ! Comme dans Harry Potter ! Ze respire à fond. Z’attache ma tuque avec de la broche, ze passe.

 iy

Une voix me parle :

« - Bienvenue en 1608, Ninnin. Tous les points brillants sont les villages indiens. Dans lequel veux-tu vivre ?

- Heu. Wendat !  Chez les hurons ! Le point jaune là où le fleuve Saint-Laurent se rétrécit !

- Bonne installation, Ninnin ! »

 iz

Ze sais que les hurons sont les alliés des français. Québec est à deux pas de leur village, là où le fleuve se rétrécit. Ze suis au bon endroit, à la bonne époque.

 ja

« - Salut Toi. Les français ? Samuel de Champlain ? Tu connais ?

- Ndio ! Ah aoo, oui. Passe par yändata, le village, puis les plaines. Mes parents ne veulent pas que je parle aux ours. önenh ! »

 jb

Et pourquoi pas parler aux ours ? C’est eux qui nous chassent, pas le contraire ! Plusieurs formes de tentes : tipi habituel, ou bien allongées.

 jc

En boule ou en ellipse. Chassés icite par la famine, les hurons sont peut-être friands de viande et de fourrure d’ours. Ze vais pas traîner dans le village. D’autant que les plaines sont à portée de patte.

 je

« - Oh ! Tu m’as fait peur !

-Mais non, Ninnin, ne t’inquiète pas, je ne mange que de l’herbe.

- Les français, Samuel de Champlain, tu connais ?

- Oui oui. Vas demander à Yänionyen. Moi, je ne bouge pas de ce pré alors que lui, il vadrouille sans arrêt.

 jk

- Ndio Yänionyen ! Chouette pitit ours blanc ! Les français ? Samuel de Champlain ? Tu connais ?

- Ndio Ninnin ! Oui, son bateau, « Le Don-de-Dieu » est  amarré tout près.

- Önenh, cop’s ! Ze saisi la chance de ma vie ! »

 jl

Bon bah woui, mais c’est une maquette, ça. Et puis, le Don-de-Dieu, il n’est pas allé jusqu’à Québec. Champlain l’a laissé à Tadoussac, en aval et il a pris une grande barque pour finir.

  jm

« - Tchip tchip tchip, Ninnin ! Retourne-toi et la magie opérera ! »

Des centaines de colibris m’entourent ! Vu leur taille, ze ne risque pas grand-chose. Espérant que la magie opère, ze me retourne.

 bateau Champlain

« - Bonjour Ninnin. Tu viens d’un autre siècle, je crois. Je t’attendais. N’aie pas peur. Je suis Samuel de Champlain. Monte sur le bateau. J’ai très envie de te rencontrer !

 jq

- Honoré, Monsieur, vraiment !

- Dis-moi, Ninnin, cette nouvelle-France a-t-elle prospéré ? Les colons ont-ils fondé des familles, eu des enfants ? Le Roy de France est-il content de nous ? Je suis mort le jour de noël en l’an de grâce 1635. Jamais retourné en Normandie. Raconte !

 jp

- Soyez rassuré ! Vous aviez embarqué 700 hommes dans vos voyages. Peu de temps après votre décès, le Roy envoya 700 orphelines, munies d’une belle dot. L’amour a fait le reste : Le Québec compte maintenant plus de 8 millions d’habitants dont 90% de langue française.

 jo

Justin, le premier ministre actuel, est francophone et poursuit votre œuvre. D’ailleurs, il est né le jour de noël !

- Quelle belle coïncidence. Merci Ninnin. Il est temps pour toi de rentrer dans ton siècle, si tu ne veux pas rester bloqué là. Je te confie à Bobinette.

 js

- Pas d’angoisse, Ninnin. Je suis une vedette de la télé, de la magie. Je voyage dans le siècle que je choisis, et toi avec moi.

- Le 17 avril 2019, c’est possible ? Ze suis pas trop exigeant ? »

Pououf !

 jt

-Alvin ! Double-Dent ! Ze suis à la maison ?

- Oui Ninnin, pourquoi ? Comment as-tu fait pour ramener de la pierre rare de Québec du 17ème siècle dans tes poches ?

- Z’ai fait de belles rencontres auzourd’hui, les cop’s. »

 kp

18 avril 2019. C’est le zour du départ. Un dernier tour au château. Z’ai fait des gros becs à Aurélie et Octavie avant leur départ pour l’école. Ze suis un peu triste de les quitter.

 kq

Ma tenue spéciale « arrivée en France au printemps » n’est pas la plus adaptée à la neige, mais le reste est déjà dans la valise.

 ks

Thierry me chouchoute une dernière fois au « Pitit coin latin », avec sa poutine-maison-sauce-au-poivre. Miam miam miam. Ze pars l’estomac bien plein. Taxi, avion, métro, train, métro.

 kv

Au premier pitit dèj de retour, Dom a mis le paquet pour me donner le sourire. Z’ai le sourire ! Z’adore partir. Z’adore rentrer et retrouver Amandine et les oursons.

 kw

Un voyage est toujours enrichissant et z’ai tant de choses à leur raconter. Samuel de Champlain, l’amour de la langue française si malmenée chez nous.

 kx

Vive le Québec franco-canadien ! Ze me souviens !

Takatakatakatak tak tak tak takatakatak takatakatak takatakatak

Tak !

 

Un dictionnaire Québec-France est disponible icite.

Un dictionnaire wendat-français est disponible ici.

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Ze remercie Aurélie, Francette, Octavie et Thierry de leur accueil et de leur aide permanente, sans qui cette aventure n’aurait pas été possible, le musée Grévin-Montréal et ses gentilles photographes.

 

Ninnin sur les pas de Champlain 4 : Les anglais.

Jeudi 29 août 2019

Ninnin sur les pas de Champlain

4- Les anglais.

 fa

Auzourd’hui, ze profite du château de Frontenac sous le soleil. Construit par les anglais, à la fin du 19ème siècle pour doter la ville d’un hôtel de luxe. L’emblème du pays ! Il doit son nom à un français, gouverneur au 17ème siècle.

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Ze découvre que les anglais ne sont pas rancuniers et n’ont pas fait que la guerre au Québec mais aussi de jolies choses. Ze décide de creuser la période anglaise., le 19ème siècle.

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À côté du château, la terrasse Dufferin, d’où ze vois partir le traversier pour Lévis. Dufferin était gouverneur du Canada de 1872 à 1878. Anglais, mais quand même gentil et cultivé. C’est lui qui a créé cette chouette terrasse-promenade.

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Il a aussi accepté que le projet de statue à la gloire de Samuel de Champlain se réalise. Il a laissé les français vivre en français. Ouvert !

 fe

Pour faciliter la circulation, on avait commencé à détruire les portes, trop étroites, et les fortifications devenues inutiles. Lord Dufferin, romantique, a proposé la mise en valeur des « vieilleries ». Précurseur dans la sauvegarde du patrimoine !

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C’est donc grâce à lui que ze me ballade avec plaisir devant la maison de Montcalm, le chef des français tué à la bataille des plaines.

God save Dufferin !

 fh

Il a aussi fait détruire les bâtiments collés aux fortifications. Ze lui dois les vues panoramiques comme celle-ci et les vieux canons que z’adore. Il a eu la bonne idée de ranger les boulets et de coincer les roues des canons. Un sage !

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D’ici, z’ai une belle perspective sur le port encore gelé. On n’est qu’en avril ! La glace bloque tout et le bateau bleu imprudent est prisonnier pour encore un pitit moment.

 fj

Ze ne me lasse pas des vues sur « château ». Il faudra que z’essaie de rentrer dedans, par curiosité. Louis de Buade, conte de Frontenac était un contemporain de Champlain. Ils sont peut être encore là-bas.

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Z’habite tout près. Ze vais en profiter pour manzer un morceau, avant la visite de la citadelle.

 fl

C’est Champlain qui en avait eu l’idée, dès 1615. Construite en temps de paix, vers 1830, elle n’a jamais servi. C’est parfait ! Elle est restée militaire et abrite le 22ème régiment royal.

 fm

Les anglais ne rigolent pas : des cellules pour leurs propres soldats ! En cas de bagarres, d’alcoolisme, de désobéissance ! Brr ! Pas sympa !

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« - Hello, Ninnin. Je suis Batisse Premier. Offert au 22ème régiment royal par sa majesté Élisabeth II, Reine d’Angleterre. Je participe à tous les défilés et le chapeau de mon ami est en véritables poils d’ours.

- Horreur ! Où est la sortie ?

 fo

Et vous ?

- Nous, nous sommes les futurs « Batisse ». Celui d’entre nous qui sera choisi doit être le plus docile, « marche-au-pas », fourrure parfaite. »

Ce genre de compétition n’est pas mon truc et ne fait pas avancer ma mission. Ze retourne en ville.

 fp

Wouah le beau camion neuf ! Z’ai de la chance que cette rue soit en travaux. Ze veux voir les fortifications d’en bas, vues du port. Ze descends.

 fq

Et mon tour débute par l’ancienne poste et la gare du palais. Granit, pierre, brique, style «  canadien pacifique », la ligne de train transcanadienne des années 1800. Les gares étaient comme ça, les hôtels, comme le château Frontenac.

 fr

C’est ici que z’ai acheté mes billets pour Montréal-en-bus, mais il tombait des peaux de lièvre et ze venais d’arriver. Z’ai rien vu, rien compris. Auzourd’hui, z’ai le temps d’admirer le décor.

 fs

Maintenant ze me repère mieux, mais mon séjour avance et Dom n’est pas en retraite. Ses vacances ont une fin. Ze dois pas rester assis sur mon steak !

 ft

« Ze me souviens ». Lys, rose, feuille d’érable. Touzours se souvenir d’où on vient ! Le castor, au sommet est l’emblème du Québec. Pourquoi pas l’ours ?

 fu

Et me voilà au port. Les pitits bateaux sont à quai et emballés dans des housses pour l’hiver. La glace occupe toutes les places et les mouettes font du patin dessus.

 fv

L’écluse est totalement bloquée pour encore plusieurs semaines. En 1760, Lévis a battu les anglais à Saint Foy. Le sort de Québec dépendait du premier bateau qui amènerait des renforts. Le 9 mai, dès la fonte des glaces, c’est un bateau anglais qui est arrivé. La Nouvelle France était perdue.

 fw

Oh, le bateau bleu de ce matin ! Il n’a pas beaucoup bougé. Avec un bon mètre d’eau autour de lui à conserver, pour éviter l’implosion. Il ne craint rien si ses marins s’épuisent à le dégager jours et nuits.

 fx

Ze l’ai, ma vue sur les fortifications, voulue par Lord Dufferin ! Il faut reconnaître que cet anglais a laissé une empreinte positive à Québec. Un grand homme.

 fy

Pas pareil qu’à saint Nazaire ! Non mais ! Depuis quand on interdit les pêcheries en bord de quai ! C’est pas des manières ! Z’aime ça, moi, le poisson et z’aime aussi la liberté de l’acheter directement sur le quai, ou de l’attraper soi-même !

 fz

Les « abeilles » québécoises. Elles sont prêtes à remorquer les gros bateaux qui se vident dans les silos, puis se remplissent. Ze connais. Tiens, ce côté de port n’est pas bloqué ?

 ga

Z’ai entendu dire que l’eau salée de l’océan n’arrive pas jusqu’à Québec. Mais comme le port est profond, l’eau ne gèle pas icite. Le seul pont pour aller à Lévis est loin. Le bateau est plus pratique, plus rapide et moins cher. Le traversier me tente beaucoup.

 gb

La zournée est crès avancée. Ze ne veux pas tourner les coins en rond, z’irai demain. Un zœil sur le triste monument des marins perdus en mer. Il a l’air si jeune !

 gc

Impossible d’entrer. Notre-Dame-des-victoires est touzours fermée. Énervant ! Il est tard. Les réalisations anglaises et le 19ème siècle n’ont plus de secret pour moi. Ze suis magané mais z’ai bien cravaillé.

 gd

« - Ninnin, si tu veux croiser Samuel de Champlain, remonte les siècles au plus près de lui. Montmorency était vice Roi au même siècle que Champlain. Une visite des chutes devrait faire avancer tes recherches.

- Tu es un excellent conseiller, Double-Dents. Merci d’être là ! Pour l’instant, un gros dodo s’impose. »

 

 Un dictionnaire Québec-France est disponible icite

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Ze remercie Aurélie, Francette, Octavie et Thierry de leur accueil et de leur aide permanente, sans qui cette aventure n’aurait pas été possible, le musée Grévin-Montréal et ses gentilles photographes.

 

Ninnin sur les pas de Champlain : l’île d’Orléans

Mercredi 31 juillet 2019

Ninnin sur les pas de Champlain

Chapitre 3 : L’île d’Orléans

 da

Le zour de mon arrivée, ze ne l’avais pas remarqué, Félix Leclerc. Il est sur la fresque des québécois, en bas à droite, avec sa guitare. Z’ai deux missions aujourd’hui : rendre hommage à Félix, la voix puissante du nationalisme québécois,

 db

et me replonger dans le 16ème et le 17ème siècle, l’arrivée de Jacques Cartier sur l’île d’Orléans qu’il a d’abord nommée île de Bacchus, à cause des vignes qui y poussent.

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 C’est Thierry qui chauffe le char. Dans quelques secondes, au bout du pont, Ouindigo (le coin ensorcelé) pour les amérindiens. C’est bien ça qu’il me faut : un coin ensorcelé, une terre des esprits, 34 kilomètres de long et 8 kilomètres de large.

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En 1541, Jacques Cartier a cru à la fortune : or et diamants. Rentré en France avant tout l’équipage, il s’est aperçu qu’il avait rapporté du quartz, de la pyrite de fer et du mica sans valeur. Très déçu, il n’est jamais revenu.

 de

D’autres ont eu plus de courage. Ils ont fondé leur famille icite : fruits en abondance, fourrures, sirop d’érable. En 1667, les 529 habitants étaient plus nombreux qu’à Québec.

 df 

Par chance, nous sommes là juste pendant les quelques semaines de récolte du sirop d’érable. Plongeon dans les métiers traditionnels. Chemise carreautée de rigueur. Ze suis correck ! Dom aussi !

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Le tube noir entre dans l’érable pour lui voler sa sève. Entre mars et avril, c’est le printemps et la pleine saison de récolte. On voit les gouttes qui circulent dans le tuyau bleu et partent vers l’autoroute à sirop.

 dh

Tout autour de moi, des érables et des tuyaux bleus. Ze vais essayer de pas me prendre les pattes dedans. Seuls les tubes sont enlevés quand la récolte est finie. Ze n’aime pas qu’on prenne sa sève à l’arbre. Est-ce que ça lui fait mal ? Il faudra que ze me renseigne pour avoir un avis sur cette question. Ze vais relire « La vie secrète des arbres » en rentrant.

 di

Là-bas, le concours de sciage de bûche bat son plein. Deux catégories : humains et humaines. Y’a pas nounours. Ze préfère m’éloigner. Costauds, les québécois du 16ème siècle. Z’ai un creux et ça tombe bien.

 dj 

Tous les habitants de Saint Pierre font la fête à la cabane à sucre. Z’en suis ! Va falloir tenir le coup, Ninnin, pasqu’un bucheron québécois, ça mange !

 dk

Soupe aux pois en entrée. L’agriculture a toujours joué un grand rôle sur l’île et ze me demande bien comment tout peut pousser malgré la neige et le froid : pommes, raisin, fraises et framboises.

 dl

Musique traditionnelle, de Québec ou de France. Les colons ont apporté nos habitudes de vie, nos instruments de musique. Beaucoup sont venus de Honfleur et de Dieppe. Z’ai peut-être des cousins dans la région ?

 dm

Plats principaux : œufs pochés dans le sirop d’érable, saucisses, pâté à la viande, fèves au lard. Tout ça à volonté.

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Intermède accordéon-violon turlutte pour faire glisser. Les serveurs font une démonstration de cuillères musicales qu’ils tapent en rythme contre les cuisses. Y’a pas d’âge pour commencer. Les enfants s’y mettent.

 do

Moi aussi, alors ! Takatakatakatak tapatapatapatapatap akatakatakatak tapatapatapatapatap takatakatakatak tapatapatapatapatap takatakatakatak tapatapatapatapatap. Z’adore !

 dp

Desserts : Tarte au sucre, crêpe au sirop d’érable. Pouf ! Ze suis plus que correck ! Une pitite promenade digestive s’impose sinon, ze vais éclater. Ze crois que c’est fini, mais non.

 dq

Dehors, c’est « tire sur neige ». Le sirop chaud est versé sur la neige en grandes bandes. Z’attends un peu que ça refroidisse, ze colle le bout de la bande de sirop contre mon bâton et ze roule délicatement.

 dr

Slurp slurp slurp. Ze peux recommencer tant que ze n’ai pas usé le bâton.  Slurp slurp slurp.

« - Dom, on va voir Félix Leclerc ?

- Bien sûr, mon doudou. On file au cimetière de Saint Pierre. »

 ds 

Ze reste concentré sur ma mission du jour : déposer mes chaussures auprès de Félix. L’émotion me gagne. Félix a écrit :

« Moi mes souliers ont beaucoup voyagé

Ils m’ont porté de l’école à la guerre

J’ai traversé sur mes souliers ferrés

Le monde et sa misère »

 dt

La tradition veut qu’on laisse ici des souliers ayant une importance. Regardez ! Il y en a déjà une paire ! Wouah ! Toute la neige ! Tant pis ! Ze vais pas lâcher si près du but !

 du

Par respect, malgré le froid, z’enlève ma tuque, ze garde mes mitaines. Émotion et recueillement. Silence. Silence. Silence.

 dv

Avec ces chaussures, ze suis monté à 3 000 mètres, dans les Alpes, attaché au sac à dos de Dom.

« - Moi mes souliers ont passé dans les prés

Moi mes souliers ont piétiné la Lune »

 dx

Là, ce sera bien. Il parait que certaines chaussures sont distribuées aux sans-abris. Ze suis d’accord pour qu’elles servent à une poupée ou un nounours qui n’a rien. Moi, ze suis pas mal gâté par la vie.

 dy

Dom dépose aussi les siennes. Ze pense fort à Félix qui a défendu avec conviction  la langue française et ouvert la voie(x) à tant d’autres. Respect !

 dz

L’espace « Félix » est là, mais fermé. Pourtant, selon le guide touristique, il devait être ouvert ! La coquecigrue sur le toit est le porte-bonheur de ce lieu. Un bon point pour moi.

 ea

De l’autre côté de la route, une statue « Félix », paisible, face au fleuve. Z’ai pas de babiches. Ze prends pas de chance. Ze regarde Aurélie Octavie et leurs parents s’éloigner. Eux, ont des chaussures de neige.

  eb

Au fond, là-bas, Beaupré où Champlain a établi sa première ferme, la chute de Montmorency qu’il a nommée ainsi en l’honneur du Duc, vice-roi de la Nouvelle-France.

  ec

 Z’ai fait un vœu chez Benjo, z’ai réussi l’épreuve des chaussures, z’ai trouvé la coquecigrue. Ze ne vois plus ce qui peut m’empêcher d’avoir la chance de rencontrer Samuel de Champlain dans les prochains jours.

 

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Ninnin sur les pas de Champlain : Le Québec aujourd’hui

Vendredi 28 juin 2019

Ninnin sur les pas de Champlain

Chapitre 2 : Le Québec aujourd’hui

 bl

Il est midi, c’est donc le dîner. Bah oui ! Ze vous explique : le matin, ze déjeune. Le midi, ze dîne, le soir, ze soupe. Z’ai la fin de la zournée pour confirmer mes observations : le Québec est resté la Nouvelle France créée par Champlain et on y parle un étrange français !

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La basilique Notre-Dame. Elle n’a même pas 200 ans. Chez nous, les cathédrales ont au moins 700 ans ! Bien plus belles ! Mais pas de chauffage efficace !

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Le château Ramezay, 1756, premier monument classé, au Québec. En France, les maisons de cette époque sont « normales ». Pas de quoi classer. Justin a raison, les lieux ont les mêmes noms qu’en Normandie.

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Par exemple, Notre Dame de Bonsecours, ici, à 5 300km de Rouen, ou bien à deux pas de chez mon cousin Nico. Les bateaux suspendus en l’air, offerts par les marins survivants de naufrages sont courants aussi en bord de Manche.

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Puisqu’on est là, faisons le tour du port. Il est encore pris dans les glaces. Pas de bateaux de loisir. Hihihi ! Soleil, parasol et mouettes attendent les futurs touristes.

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Il fait 32°F (0°C). Pas de quoi trainer en terrasse ! Et woui, les unités sont anglaises : pieds, pouces, fahrenheit, livres, dollars, piastres, on a bien du mal à se comprendre, mais tout se fait avec le sourire.

 br

Quand les colons se sont installés, en 1608, la Révolution française et ses unités de mesure n’existaient pas encore. Après, les anglais ont gagné la guerre de 7 ans et imposé leurs mesures, mais pas leurs lois !

 bs

Z’ai compris qu’un dollar, c’est 70 centimes d’euros, qu’il faut 12 pouces pour un pied et qu’un pied, c’est pas ma pattes arrière, ni le pitit pied mignon de Dom, mais celui d’un humain mâle.

 bt 

Z’ai aussi compris qu’un « toutou » c’est un « doudou », donc moi. Quand on me propose des vêtements pour toutou, ze dois regarder pour moi et pas habiller mon chien avec.

Demain, retour à Québec, suite de ma mission « français québécois ».

 bu

En deux zours, la neige a drôlement fondu. On devrait rentrer à l’heure et z’aurai tout l’après midi pour continuer mes observations. Comme hier, un bon déjeuner « continental » va m’aider à garder l’esprit clair.

 bv

Une grosse surprise m’attend : pendant que z’étais au spectacle et que ze visitais la ville, le verglas faisait tomber des arbres, des lignes électriques. Plus de 1 000 pannes, 138 000 maisons sans chauffage par moins 6°C ! Brr !

 bw

Finalement, dans ce pays de neige, on ne sait pas mieux gérer les tempêtes que chez nous.

Z’adore les énormes camions, comme dans les rocheuses. Ce tour en bus est parfait pour en croiser un max.

 bx

Et me revoilà au « Pitit coin latin ». Avec l’assurance d’un repas de chef et d’un accueil princier, ze rentre. Ze m’assoie à la table réservée, ze me goinfre, ze ressors. Merci Thierry !

 by

Dans l’appart, Alvin et Double-dents surgissent :

« - Ninnin, si ze veux mener à bien cette mission, tu dois t’intégrer, gagner la confiance. D’abord, connaître la monnaie, la langue, les sucreries locales.

- Oh non ! Pas les sucreries !

- Prends pas d’chance, Ninnin !

- Dac, les cop’s ! Allez-y.

 ca

- Le dollar canadien. Aucune somme écrite, Ninnin. Écoute bien si tu ne veux pas te faire passer un sapin.

 cb 

L’ours : 2 piastres, le canard : 1 dollar, le caribou : 25 sous, le castor : 5 sous et le bateau (bluenose) : 10 sous. Facile ! Tu as compris ?

 cc

- Wouah ! Crop belle l’aurore boréale ! Celle là, ze la garde ! 2 piastres. Il parait que pour voir les aurores en vrai, il faut aller plus au nord. C’est vraiment dommage ! Z’aurais bien vu une aurore sur château de Frontenac, ou bien sur Saint Laurent ! Ce sera pour une prochaine mission. »

 cd

Les boites aux lettres. Impossible de les rater ! Ze suis un nounours moderne, z’envoie mes cartes postales par internet, avec les belles photos que fait Dom (mon humaine). Ze ne devrais pas avoir besoin des boites rouges !

 ce 

Les auteurs locaux. En plein « salon du livre », c’est facile !

« - Bonzour, tu lis quoi ? 

- Six degrés de liberté, de Nicolas Dickner ! Passionnant ! Je te le passe, après !

- Volontiers !

 cf

- Et toi ?

- Je suis Dany Laferrière. Je suis né à Haïti, mais je me sens québécois. J’habite Montréal. Je te propose mon prix « Médicis »

- Merci beaucoup. Tu me le dédicaces, s’il te plait !

- Tiens Ninnin. Tu es un chouette nounours. Continue ta quête ! »

 cg

Les drapeaux de la francophonie canadienne. Pas de doute, le français est omniprésent et dynamique. Mais z’ai bien compris que c’est une bataille de tous les instants.

 ch

Les maisons typiques. Rien à voir avec Rouen. Doubles fenêtres qui laissent joyeusement passer le froid, et chauffage à fond. C’est un choix.

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Ici, on dit égoportrait au lieu de selfie, infolettre et pas niouze-letteur, clavarder à la place de chatter. Les québécois sont inventifs et vigilants. On ferait bien d’en faire autant, et d’utiliser leurs mots, si on est trop flemmes pour en inventer !

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Le parlement, où siège l’Assemblée nationale du Québec. En 1793, un gros débat sur les langues a décidé du droit de cité de la langue française. Aurélie et Octavie étudient en français. Parfait pour jaser avec elles !

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Bagarre pour la langue française, bagarre pour les droits des humaines : Paul Gérin-Lajoie s’est battu pour l’enseignement aux enfants pauvres. Marie, sa grand-mère a lutté pour le droit de vote des femmes, avec ses copines Idola et Thérèse. Au fond, Marie-Claire, première élue à l’Assemblée ! Respect !

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Langue, droit, culture et art sont bien vivants à Québec. La nouvelle France ne lâche pas la patate.

« - Ninnin, tu devrais magasiner dans le quartier Saint Roch. Tu as besoin de chance pour ta mission. Trouve Benjo, la Reine de la chanson française.

- Merci cop’s, Z’y vais ! Gros becs ! »

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Étrange endroit, ce quartier Saint Roch ! D’énormes bretelles d’autoroute, en pleine ville. Au dessous, un terrain vague, quelques arrêts d’autobus, et des fresques sur tous les piliers.

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Pas vraiment touristique. Pourvu que ce ne soit pas un piège-à-Ninnin. Le commerce des peaux d’ours existe encore ou est sévèrement puni par la loi ?

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Sur le parvis de l’église, les gâtés-de-la-vie déposent ce qu’ils ont en trop, les sans-abri prennent ce qui leur faut. Chouette idée !

Comment ze vais reconnaître Benjo ? Tiens, quelqu’un chante, de l’autre côté de la rue. Allons voir.

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« - Salut Ninnin ! Je suis Benjo ! Touche mon bedon, regarde moi dans les yeux, fais un vœu ! »

Z’ai touché, regardé, fais un vœu. Ze vous dirai pas quoi.

« - Tu aimes la chanson française ? Pour être exaucé, tu dois déposer des chaussures sur la tombe de notre maître à tous : Félix Leclerc.

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- Tout le monde m’en parle, de ce Félix : Mais il est où ?

- Sur l’île d’Orléans, à quelques minutes en voiture. File, et n’oublie pas : des chaussures que tu as bien usées, bien aimées ! Avant de partir, prends-toi une chemise carreautée dans ma boutique, tu seras totalement intégré »

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De retour à la maison, Dom a été facile à convaincre.

« - Oh, que tu es mignon dans cette tenue ! Félix Leclerc, l’île d’Orléans ? Excellente idée Ninnin ! Demain, on loue une voiture et on y va. Mais pour l’instant, il faut dormir.

- Tout à fait d’accord. Ze commence à cogner des clous, moi. »

 

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Un dictionnaire Québec-France est disponible icite !

 

Ze remercie Aurélie, Francette, Octavie et Thierry de leur accueil et de leur aide permanente, sans qui cette aventure n’aurait pas été possible, le musée Grévin-Montréal et ses gentilles photographes, Yves et sa patience.

Ninnin sur les pas de Champlain : Quelle mission ?

Vendredi 24 mai 2019

Ninnin sur les traces de Champlain

Chapitre 1 : Quelle mission ?

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Écoutez bien !

L’aventure que ze veux vous raconter commence ici, à Honfleur, l’été dernier.

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«  Samuel de Champlain est parti d’ici, en 1608, pour fonder Québec »

Fonder une ville entière ! Quelle belle épopée ! Z’adorerais qu’il me raconte. Mais depuis 1635, il n’est pas revenu à Honfleur. Une idée d’aventure germe dans ma tête.

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« - Dom, il est parti avec ce genre de bateau, Samuel ? Il faut combien de temps pour la traversée ? Tu es bientôt en vacances ?

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- Hihihi, non, mon doudou. Il est parti avec ce genre de bateau et mes vacances n’y suffiraient pas. Il faut plusieurs mois pour traverser l’océan Atlantique jusqu’au Canada. »

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Z’ai su crouver les mots. Demain, on embarque dans un gros avion blanc. Paris-Québec direct, en 7h30, Octavie et Aurélie pour m’accueillir là-bas. Ze suis excité comme un ourson.

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Honfleur ! Ze fais le même trajet que Samuel, sans risque, loin de l’eau, et sans perte de temps. Le Canada a été français, puis anglais, puis indépendant. Z’ai révisé l’anglais avant de partir. Pour assurer mes relations avec les habitants.

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Comme prévu, 6 heures plus tard, les rives du fleuve Saint Laurent, la baie des sept îles où vivent les indiens uashat.

Pas comme prévu, le pilote (un as) nous pose à Québec en pleine tempête.

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Il neige à gros flocons. Il en faut plus pour ralentir mes recherches. La fresque des québécois ! Là, à la fenêtre, Samuel de Champlain !

« - Youhou ! C’est moi, Ninnin ! Z’ai des questions à vous poser ! »

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Pff ! Ze me suis trompé ! Ceci n’est pas Monsieur Champlain, c’est une peinture sur un mur ! C’est triste. En plus, Dom (mon humaine) a les doigts gelés et l’objectif plein de flocons. Allons plus loin.

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Rue du pitit Champlain, une des plus anciennes d’Amérique. Une rue à son nom ! Il est célèbre, ici. Ze vais devoir ruser pour l’aborder, sauf s’il est resté très simple.

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Ze me suis sérieusement refroidi depuis mon arrivée. Devant la salle de spectacle, une cabane à sucre et un brasero. Génial pour se réchauffer un peu. Vous m’avez trouvé ?

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Chemise à carreaux rouges et noirs, raquettes et sirop d’érable. Aah ! Ça va mieux, ze peux continuer.

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D’un coup, ze me sens pas bien. Z’avais pourtant hâte de le voir, le château de Frontenac. Depuis 40 ans, ze le reçois en carte postale. Ze ne suis pas resté longtemps réchauffé. Ze suis glacé  zusqu’au cœur de mousse.

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« - Tu crois qu’on peut rentrer ?

- Non, pas ici, Ninnin. En plus, tu es un ours, et le commerce des peaux a longtemps été une grande source de revenus à Québec. Tu n’as nulle part où aller ?

- Ah woui, ze sais ! Le pitit coin latin ! Salut cop’s ! »

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Ze reprends mes esprits devant le chocolat chaud réconfortant de Thierry : On parle français, les rues sont françaises, les prénoms et les noms de famille sont français. Après 350 ans de domination anglaise ! Trempé-glacé des oreilles aux pattes arrières, ze renonce à mes recherches pour auzourd’hui.

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Le lendemain matin, z’ai récupéré. Le mieux pour comprendre des lois, c’est de rencontrer des membres du gouvernement. Et de poser les bonnes questions. Ze vais à Montréal, Capitale du Québec.

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Francette a dit : « le plus rapide, le moins cher, c’est le bus ». C’est parti ! Bien au chaud, wouifi gratuite. Toilettes au fond. Ceinture obligatoire. Tout le confort moderne !

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Il neige toujours. On a une heure de retard, mais ze peux pas réclamer, ce ne serait pas convenable. On arrive, et c’est l’essentiel. Montréal, les Jeux Olympiques de 1976, son équipe de Hockey !

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« - Eh, l’ours, pousse toi de là. Tu vas prendre un coup de puck !

- Z’ai oublié mes patins ! Le gouvernement, Justin Trudeau, c’est par où ?

- Deux rues plus loin ! File, tabarouette !

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- Ah, ouf, bonzour Justin. Ze mène une enquête sur Samuel de Champlain et le français parlé au Québec.

- Bonjour Ninnin. Ravi de jaser avec toi. Dans les années 60, on imaginait une assimilation complète. Tout le monde en anglais.

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Mais au balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le Président français, Charles de Gaulle a crié « vive le Québec libre ». Juste après, le parti québécois a été fondé.

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Il a pris le pouvoir en 1976. Vas à Québec, parce qu’à Montréal, l’anglais domine depuis quelques années. Dans les affaires, l’informatique, la vie. Nous sommes à nouveau menacés. Mais tu peux compter sur moi, je ne vais pas dormir au gaz.

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Nos plaques d’immatriculation sont en français. Nous nous souvenons que nous venons de France. En grande majorité de chez toi, de Normandie ! Je file mais quelqu’un avec qui tu es tricoté-serré veut te voir.

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-Bah Yves ! Qu’est ce que tu fais là ?

- C’est la semaine de la francophonie ! Justin m’a reçu, le parlement aussi. Tu sais, en 1985, poussé par Félix Leclerc, j’ai écrit « la langue de chez nous ». Un hymne ici !

Je t’ai gardé une place pour mon concert de ce soir. Tu viens ? »

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Sur la photo de famille, ze suis au troisième rang, tout à droite. En France, il est 6 heures du matin. Hors de question de refuser une telle invitation. Justin parle tout de même un drôle de français, non ?

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Une dernière recherche avant de dormir : C’est qui, Félix Leclerc ? Poète, écrivain, engagé pour la souveraineté du Québec et la défense de la langue française. Une référence !

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Après une bonne nuit, z’ai choisi le déjeuner (pitit déjeuner en français) « continental ». Dom a rajouté sa poudre de chocolat dans le verre de lait chaud. Ze suis prêt.

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Le soleil a chassé la neige. Z’ai une zournée pour visiter Montréal. Bof, pas mon style, ces gratte-ciel, ni les promenades en sous-sol sur 29 km sans mettre la truffe dehors.

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Cathédrale Marie-Reine du Monde. Ze peux enlever les moufles et le bonnet. En 1642, les missionnaires français ont fondé Montréal et ont essayé de convertir les autochtones (les amérindiens). Ze suis pas trop d’accord. Chacun croit ce qu’il veut.

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Beaucoup plus récente que les nôtres (1894), néobaroque, copiée sur celle de Rome, elle a des gros radiateurs ! Il fait super chaud. Z’enlève aussi mon anorak et ze me détends.

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Elle est catholique et à gardé son nom français, cette cathédrale ! Pas normal, dans un pays anglais avec la religion anglaise. Ze n’ai qu’une zournée pour visiter Montréal. À pattes, mission impossible. En hélicoptère ?

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D’autant que la neige tient encore au sol malgré les tonnes de sel déversées sur les routes et les trottoirs. À droite, les statues de la corniche de Marie. Devant, la place Ville-Marie, l’ancien nom de Montréal. Devant moi, la solution : La banque royale et ses 46 étages.

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Ze prends un aller-retour. La dame de l’accueil adapte le badge à ma taille. Ze me dirige vers les ascenseurs et youpi !

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Pour la première fois depuis mon arrivée, ze vois le fleuve Saint Laurent, et une bonne partie de la ville. Visionnaire, Monsieur Champlain avait identifié l’île de Montréal comme un bel emplacement pour le commerce des fourrures. Euh. Les fourrures d’ours ?

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Deuxième ville du Canada, 1 700 000 habitants. Il ne s’était pas trompé. Pas le temps d’aller au mont Royal, et avec la neige tombée ces derniers jours, pas sûr que ses chemins soient dégagés.

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La glace sur les vitres s’écroule de temps en temps et me fait sursauter. Ze repère le trajet vers le vieux port. Les gens qui me croisent crient :

« - Oh le beau toutou ! ». Z’y comprends rien !

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Avec la glace, le ciel bleu et les immeubles, Dom s’amuse à faire des photos d’art. Z’aime bien les idées étranges de mon humaine. Puis on redescend.

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Z’ai un creux sérieux. Si ze veux être en forme, il faut manger. Sinon, ze vais pas tenir le coup, et cette publicité m’inspire. Le français est la seule langue officielle du Québec. Tout est quand même en anglais aussi. Frites, sauce, viande, foie gras ? Un peu de tout m’irait crès bien !

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Ze suis entré dans le premier resto venu. L’aventure fait une pause. Champlain ou langue française, quelle mission ze poursuis ? Les deux !

 

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Ze remercie Aurélie, Francette, Octavie et Thierry de leur accueil et de leur aide permanente, sans qui cette aventure n’aurait pas été possible, le musée Grévin-Montréal et ses gentilles photographes, Yves et sa patience.