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Ninnin sur les pas de Champlain 4 : Les anglais.

Jeudi 29 août 2019

Ninnin sur les pas de Champlain

4- Les anglais.

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Auzourd’hui, ze profite du château de Frontenac sous le soleil. Construit par les anglais, à la fin du 19ème siècle pour doter la ville d’un hôtel de luxe. L’emblème du pays ! Il doit son nom à un français, gouverneur au 17ème siècle.

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Ze découvre que les anglais ne sont pas rancuniers et n’ont pas fait que la guerre au Québec mais aussi de jolies choses. Ze décide de creuser la période anglaise., le 19ème siècle.

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À côté du château, la terrasse Dufferin, d’où ze vois partir le traversier pour Lévis. Dufferin était gouverneur du Canada de 1872 à 1878. Anglais, mais quand même gentil et cultivé. C’est lui qui a créé cette chouette terrasse-promenade.

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Il a aussi accepté que le projet de statue à la gloire de Samuel de Champlain se réalise. Il a laissé les français vivre en français. Ouvert !

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Pour faciliter la circulation, on avait commencé à détruire les portes, trop étroites, et les fortifications devenues inutiles. Lord Dufferin, romantique, a proposé la mise en valeur des « vieilleries ». Précurseur dans la sauvegarde du patrimoine !

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C’est donc grâce à lui que ze me ballade avec plaisir devant la maison de Montcalm, le chef des français tué à la bataille des plaines.

God save Dufferin !

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Il a aussi fait détruire les bâtiments collés aux fortifications. Ze lui dois les vues panoramiques comme celle-ci et les vieux canons que z’adore. Il a eu la bonne idée de ranger les boulets et de coincer les roues des canons. Un sage !

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D’ici, z’ai une belle perspective sur le port encore gelé. On n’est qu’en avril ! La glace bloque tout et le bateau bleu imprudent est prisonnier pour encore un pitit moment.

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Ze ne me lasse pas des vues sur « château ». Il faudra que z’essaie de rentrer dedans, par curiosité. Louis de Buade, conte de Frontenac était un contemporain de Champlain. Ils sont peut être encore là-bas.

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Z’habite tout près. Ze vais en profiter pour manzer un morceau, avant la visite de la citadelle.

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C’est Champlain qui en avait eu l’idée, dès 1615. Construite en temps de paix, vers 1830, elle n’a jamais servi. C’est parfait ! Elle est restée militaire et abrite le 22ème régiment royal.

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Les anglais ne rigolent pas : des cellules pour leurs propres soldats ! En cas de bagarres, d’alcoolisme, de désobéissance ! Brr ! Pas sympa !

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« - Hello, Ninnin. Je suis Batisse Premier. Offert au 22ème régiment royal par sa majesté Élisabeth II, Reine d’Angleterre. Je participe à tous les défilés et le chapeau de mon ami est en véritables poils d’ours.

- Horreur ! Où est la sortie ?

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Et vous ?

- Nous, nous sommes les futurs « Batisse ». Celui d’entre nous qui sera choisi doit être le plus docile, « marche-au-pas », fourrure parfaite. »

Ce genre de compétition n’est pas mon truc et ne fait pas avancer ma mission. Ze retourne en ville.

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Wouah le beau camion neuf ! Z’ai de la chance que cette rue soit en travaux. Ze veux voir les fortifications d’en bas, vues du port. Ze descends.

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Et mon tour débute par l’ancienne poste et la gare du palais. Granit, pierre, brique, style «  canadien pacifique », la ligne de train transcanadienne des années 1800. Les gares étaient comme ça, les hôtels, comme le château Frontenac.

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C’est ici que z’ai acheté mes billets pour Montréal-en-bus, mais il tombait des peaux de lièvre et ze venais d’arriver. Z’ai rien vu, rien compris. Auzourd’hui, z’ai le temps d’admirer le décor.

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Maintenant ze me repère mieux, mais mon séjour avance et Dom n’est pas en retraite. Ses vacances ont une fin. Ze dois pas rester assis sur mon steak !

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« Ze me souviens ». Lys, rose, feuille d’érable. Touzours se souvenir d’où on vient ! Le castor, au sommet est l’emblème du Québec. Pourquoi pas l’ours ?

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Et me voilà au port. Les pitits bateaux sont à quai et emballés dans des housses pour l’hiver. La glace occupe toutes les places et les mouettes font du patin dessus.

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L’écluse est totalement bloquée pour encore plusieurs semaines. En 1760, Lévis a battu les anglais à Saint Foy. Le sort de Québec dépendait du premier bateau qui amènerait des renforts. Le 9 mai, dès la fonte des glaces, c’est un bateau anglais qui est arrivé. La Nouvelle France était perdue.

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Oh, le bateau bleu de ce matin ! Il n’a pas beaucoup bougé. Avec un bon mètre d’eau autour de lui à conserver, pour éviter l’implosion. Il ne craint rien si ses marins s’épuisent à le dégager jours et nuits.

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Ze l’ai, ma vue sur les fortifications, voulue par Lord Dufferin ! Il faut reconnaître que cet anglais a laissé une empreinte positive à Québec. Un grand homme.

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Pas pareil qu’à saint Nazaire ! Non mais ! Depuis quand on interdit les pêcheries en bord de quai ! C’est pas des manières ! Z’aime ça, moi, le poisson et z’aime aussi la liberté de l’acheter directement sur le quai, ou de l’attraper soi-même !

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Les « abeilles » québécoises. Elles sont prêtes à remorquer les gros bateaux qui se vident dans les silos, puis se remplissent. Ze connais. Tiens, ce côté de port n’est pas bloqué ?

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Z’ai entendu dire que l’eau salée de l’océan n’arrive pas jusqu’à Québec. Mais comme le port est profond, l’eau ne gèle pas icite. Le seul pont pour aller à Lévis est loin. Le bateau est plus pratique, plus rapide et moins cher. Le traversier me tente beaucoup.

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La zournée est crès avancée. Ze ne veux pas tourner les coins en rond, z’irai demain. Un zœil sur le triste monument des marins perdus en mer. Il a l’air si jeune !

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Impossible d’entrer. Notre-Dame-des-victoires est touzours fermée. Énervant ! Il est tard. Les réalisations anglaises et le 19ème siècle n’ont plus de secret pour moi. Ze suis magané mais z’ai bien cravaillé.

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« - Ninnin, si tu veux croiser Samuel de Champlain, remonte les siècles au plus près de lui. Montmorency était vice Roi au même siècle que Champlain. Une visite des chutes devrait faire avancer tes recherches.

- Tu es un excellent conseiller, Double-Dents. Merci d’être là ! Pour l’instant, un gros dodo s’impose. »

 

 Un dictionnaire Québec-France est disponible icite

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Ze remercie Aurélie, Francette, Octavie et Thierry de leur accueil et de leur aide permanente, sans qui cette aventure n’aurait pas été possible, le musée Grévin-Montréal et ses gentilles photographes.

 

Ninnin sur les pas de Champlain : l’île d’Orléans

Mercredi 31 juillet 2019

Ninnin sur les pas de Champlain

Chapitre 3 : L’île d’Orléans

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Le zour de mon arrivée, ze ne l’avais pas remarqué, Félix Leclerc. Il est sur la fresque des québécois, en bas à droite, avec sa guitare. Z’ai deux missions aujourd’hui : rendre hommage à Félix, la voix puissante du nationalisme québécois,

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et me replonger dans le 16ème et le 17ème siècle, l’arrivée de Jacques Cartier sur l’île d’Orléans qu’il a d’abord nommée île de Bacchus, à cause des vignes qui y poussent.

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 C’est Thierry qui chauffe le char. Dans quelques secondes, au bout du pont, Ouindigo (le coin ensorcelé) pour les amérindiens. C’est bien ça qu’il me faut : un coin ensorcelé, une terre des esprits, 34 kilomètres de long et 8 kilomètres de large.

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En 1541, Jacques Cartier a cru à la fortune : or et diamants. Rentré en France avant tout l’équipage, il s’est aperçu qu’il avait rapporté du quartz, de la pyrite de fer et du mica sans valeur. Très déçu, il n’est jamais revenu.

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D’autres ont eu plus de courage. Ils ont fondé leur famille icite : fruits en abondance, fourrures, sirop d’érable. En 1667, les 529 habitants étaient plus nombreux qu’à Québec.

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Par chance, nous sommes là juste pendant les quelques semaines de récolte du sirop d’érable. Plongeon dans les métiers traditionnels. Chemise carreautée de rigueur. Ze suis correck ! Dom aussi !

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Le tube noir entre dans l’érable pour lui voler sa sève. Entre mars et avril, c’est le printemps et la pleine saison de récolte. On voit les gouttes qui circulent dans le tuyau bleu et partent vers l’autoroute à sirop.

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Tout autour de moi, des érables et des tuyaux bleus. Ze vais essayer de pas me prendre les pattes dedans. Seuls les tubes sont enlevés quand la récolte est finie. Ze n’aime pas qu’on prenne sa sève à l’arbre. Est-ce que ça lui fait mal ? Il faudra que ze me renseigne pour avoir un avis sur cette question. Ze vais relire « La vie secrète des arbres » en rentrant.

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Là-bas, le concours de sciage de bûche bat son plein. Deux catégories : humains et humaines. Y’a pas nounours. Ze préfère m’éloigner. Costauds, les québécois du 16ème siècle. Z’ai un creux et ça tombe bien.

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Tous les habitants de Saint Pierre font la fête à la cabane à sucre. Z’en suis ! Va falloir tenir le coup, Ninnin, pasqu’un bucheron québécois, ça mange !

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Soupe aux pois en entrée. L’agriculture a toujours joué un grand rôle sur l’île et ze me demande bien comment tout peut pousser malgré la neige et le froid : pommes, raisin, fraises et framboises.

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Musique traditionnelle, de Québec ou de France. Les colons ont apporté nos habitudes de vie, nos instruments de musique. Beaucoup sont venus de Honfleur et de Dieppe. Z’ai peut-être des cousins dans la région ?

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Plats principaux : œufs pochés dans le sirop d’érable, saucisses, pâté à la viande, fèves au lard. Tout ça à volonté.

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Intermède accordéon-violon turlutte pour faire glisser. Les serveurs font une démonstration de cuillères musicales qu’ils tapent en rythme contre les cuisses. Y’a pas d’âge pour commencer. Les enfants s’y mettent.

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Moi aussi, alors ! Takatakatakatak tapatapatapatapatap akatakatakatak tapatapatapatapatap takatakatakatak tapatapatapatapatap takatakatakatak tapatapatapatapatap. Z’adore !

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Desserts : Tarte au sucre, crêpe au sirop d’érable. Pouf ! Ze suis plus que correck ! Une pitite promenade digestive s’impose sinon, ze vais éclater. Ze crois que c’est fini, mais non.

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Dehors, c’est « tire sur neige ». Le sirop chaud est versé sur la neige en grandes bandes. Z’attends un peu que ça refroidisse, ze colle le bout de la bande de sirop contre mon bâton et ze roule délicatement.

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Slurp slurp slurp. Ze peux recommencer tant que ze n’ai pas usé le bâton.  Slurp slurp slurp.

« - Dom, on va voir Félix Leclerc ?

- Bien sûr, mon doudou. On file au cimetière de Saint Pierre. »

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Ze reste concentré sur ma mission du jour : déposer mes chaussures auprès de Félix. L’émotion me gagne. Félix a écrit :

« Moi mes souliers ont beaucoup voyagé

Ils m’ont porté de l’école à la guerre

J’ai traversé sur mes souliers ferrés

Le monde et sa misère »

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La tradition veut qu’on laisse ici des souliers ayant une importance. Regardez ! Il y en a déjà une paire ! Wouah ! Toute la neige ! Tant pis ! Ze vais pas lâcher si près du but !

 du

Par respect, malgré le froid, z’enlève ma tuque, ze garde mes mitaines. Émotion et recueillement. Silence. Silence. Silence.

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Avec ces chaussures, ze suis monté à 3 000 mètres, dans les Alpes, attaché au sac à dos de Dom.

« - Moi mes souliers ont passé dans les prés

Moi mes souliers ont piétiné la Lune »

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Là, ce sera bien. Il parait que certaines chaussures sont distribuées aux sans-abris. Ze suis d’accord pour qu’elles servent à une poupée ou un nounours qui n’a rien. Moi, ze suis pas mal gâté par la vie.

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Dom dépose aussi les siennes. Ze pense fort à Félix qui a défendu avec conviction  la langue française et ouvert la voie(x) à tant d’autres. Respect !

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L’espace « Félix » est là, mais fermé. Pourtant, selon le guide touristique, il devait être ouvert ! La coquecigrue sur le toit est le porte-bonheur de ce lieu. Un bon point pour moi.

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De l’autre côté de la route, une statue « Félix », paisible, face au fleuve. Z’ai pas de babiches. Ze prends pas de chance. Ze regarde Aurélie Octavie et leurs parents s’éloigner. Eux, ont des chaussures de neige.

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Au fond, là-bas, Beaupré où Champlain a établi sa première ferme, la chute de Montmorency qu’il a nommée ainsi en l’honneur du Duc, vice-roi de la Nouvelle-France.

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 Z’ai fait un vœu chez Benjo, z’ai réussi l’épreuve des chaussures, z’ai trouvé la coquecigrue. Ze ne vois plus ce qui peut m’empêcher d’avoir la chance de rencontrer Samuel de Champlain dans les prochains jours.

 

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Ze remercie Aurélie, Francette, Octavie et Thierry de leur accueil et de leur aide permanente, sans qui cette aventure n’aurait pas été possible, le musée Grévin-Montréal et ses gentilles photographes.

 

Ninnin sur les pas de Champlain : Le Québec aujourd’hui

Vendredi 28 juin 2019

Ninnin sur les pas de Champlain

Chapitre 2 : Le Québec aujourd’hui

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Il est midi, c’est donc le dîner. Bah oui ! Ze vous explique : le matin, ze déjeune. Le midi, ze dîne, le soir, ze soupe. Z’ai la fin de la zournée pour confirmer mes observations : le Québec est resté la Nouvelle France créée par Champlain et on y parle un étrange français !

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La basilique Notre-Dame. Elle n’a même pas 200 ans. Chez nous, les cathédrales ont au moins 700 ans ! Bien plus belles ! Mais pas de chauffage efficace !

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Le château Ramezay, 1756, premier monument classé, au Québec. En France, les maisons de cette époque sont « normales ». Pas de quoi classer. Justin a raison, les lieux ont les mêmes noms qu’en Normandie.

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Par exemple, Notre Dame de Bonsecours, ici, à 5 300km de Rouen, ou bien à deux pas de chez mon cousin Nico. Les bateaux suspendus en l’air, offerts par les marins survivants de naufrages sont courants aussi en bord de Manche.

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Puisqu’on est là, faisons le tour du port. Il est encore pris dans les glaces. Pas de bateaux de loisir. Hihihi ! Soleil, parasol et mouettes attendent les futurs touristes.

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Il fait 32°F (0°C). Pas de quoi trainer en terrasse ! Et woui, les unités sont anglaises : pieds, pouces, fahrenheit, livres, dollars, piastres, on a bien du mal à se comprendre, mais tout se fait avec le sourire.

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Quand les colons se sont installés, en 1608, la Révolution française et ses unités de mesure n’existaient pas encore. Après, les anglais ont gagné la guerre de 7 ans et imposé leurs mesures, mais pas leurs lois !

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Z’ai compris qu’un dollar, c’est 70 centimes d’euros, qu’il faut 12 pouces pour un pied et qu’un pied, c’est pas ma pattes arrière, ni le pitit pied mignon de Dom, mais celui d’un humain mâle.

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Z’ai aussi compris qu’un « toutou » c’est un « doudou », donc moi. Quand on me propose des vêtements pour toutou, ze dois regarder pour moi et pas habiller mon chien avec.

Demain, retour à Québec, suite de ma mission « français québécois ».

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En deux zours, la neige a drôlement fondu. On devrait rentrer à l’heure et z’aurai tout l’après midi pour continuer mes observations. Comme hier, un bon déjeuner « continental » va m’aider à garder l’esprit clair.

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Une grosse surprise m’attend : pendant que z’étais au spectacle et que ze visitais la ville, le verglas faisait tomber des arbres, des lignes électriques. Plus de 1 000 pannes, 138 000 maisons sans chauffage par moins 6°C ! Brr !

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Finalement, dans ce pays de neige, on ne sait pas mieux gérer les tempêtes que chez nous.

Z’adore les énormes camions, comme dans les rocheuses. Ce tour en bus est parfait pour en croiser un max.

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Et me revoilà au « Pitit coin latin ». Avec l’assurance d’un repas de chef et d’un accueil princier, ze rentre. Ze m’assoie à la table réservée, ze me goinfre, ze ressors. Merci Thierry !

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Dans l’appart, Alvin et Double-dents surgissent :

« - Ninnin, si ze veux mener à bien cette mission, tu dois t’intégrer, gagner la confiance. D’abord, connaître la monnaie, la langue, les sucreries locales.

- Oh non ! Pas les sucreries !

- Prends pas d’chance, Ninnin !

- Dac, les cop’s ! Allez-y.

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- Le dollar canadien. Aucune somme écrite, Ninnin. Écoute bien si tu ne veux pas te faire passer un sapin.

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L’ours : 2 piastres, le canard : 1 dollar, le caribou : 25 sous, le castor : 5 sous et le bateau (bluenose) : 10 sous. Facile ! Tu as compris ?

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- Wouah ! Crop belle l’aurore boréale ! Celle là, ze la garde ! 2 piastres. Il parait que pour voir les aurores en vrai, il faut aller plus au nord. C’est vraiment dommage ! Z’aurais bien vu une aurore sur château de Frontenac, ou bien sur Saint Laurent ! Ce sera pour une prochaine mission. »

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Les boites aux lettres. Impossible de les rater ! Ze suis un nounours moderne, z’envoie mes cartes postales par internet, avec les belles photos que fait Dom (mon humaine). Ze ne devrais pas avoir besoin des boites rouges !

 ce 

Les auteurs locaux. En plein « salon du livre », c’est facile !

« - Bonzour, tu lis quoi ? 

- Six degrés de liberté, de Nicolas Dickner ! Passionnant ! Je te le passe, après !

- Volontiers !

 cf

- Et toi ?

- Je suis Dany Laferrière. Je suis né à Haïti, mais je me sens québécois. J’habite Montréal. Je te propose mon prix « Médicis »

- Merci beaucoup. Tu me le dédicaces, s’il te plait !

- Tiens Ninnin. Tu es un chouette nounours. Continue ta quête ! »

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Les drapeaux de la francophonie canadienne. Pas de doute, le français est omniprésent et dynamique. Mais z’ai bien compris que c’est une bataille de tous les instants.

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Les maisons typiques. Rien à voir avec Rouen. Doubles fenêtres qui laissent joyeusement passer le froid, et chauffage à fond. C’est un choix.

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Ici, on dit égoportrait au lieu de selfie, infolettre et pas niouze-letteur, clavarder à la place de chatter. Les québécois sont inventifs et vigilants. On ferait bien d’en faire autant, et d’utiliser leurs mots, si on est trop flemmes pour en inventer !

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Le parlement, où siège l’Assemblée nationale du Québec. En 1793, un gros débat sur les langues a décidé du droit de cité de la langue française. Aurélie et Octavie étudient en français. Parfait pour jaser avec elles !

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Bagarre pour la langue française, bagarre pour les droits des humaines : Paul Gérin-Lajoie s’est battu pour l’enseignement aux enfants pauvres. Marie, sa grand-mère a lutté pour le droit de vote des femmes, avec ses copines Idola et Thérèse. Au fond, Marie-Claire, première élue à l’Assemblée ! Respect !

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Langue, droit, culture et art sont bien vivants à Québec. La nouvelle France ne lâche pas la patate.

« - Ninnin, tu devrais magasiner dans le quartier Saint Roch. Tu as besoin de chance pour ta mission. Trouve Benjo, la Reine de la chanson française.

- Merci cop’s, Z’y vais ! Gros becs ! »

 cl 

Étrange endroit, ce quartier Saint Roch ! D’énormes bretelles d’autoroute, en pleine ville. Au dessous, un terrain vague, quelques arrêts d’autobus, et des fresques sur tous les piliers.

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Pas vraiment touristique. Pourvu que ce ne soit pas un piège-à-Ninnin. Le commerce des peaux d’ours existe encore ou est sévèrement puni par la loi ?

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Sur le parvis de l’église, les gâtés-de-la-vie déposent ce qu’ils ont en trop, les sans-abri prennent ce qui leur faut. Chouette idée !

Comment ze vais reconnaître Benjo ? Tiens, quelqu’un chante, de l’autre côté de la rue. Allons voir.

 co

« - Salut Ninnin ! Je suis Benjo ! Touche mon bedon, regarde moi dans les yeux, fais un vœu ! »

Z’ai touché, regardé, fais un vœu. Ze vous dirai pas quoi.

« - Tu aimes la chanson française ? Pour être exaucé, tu dois déposer des chaussures sur la tombe de notre maître à tous : Félix Leclerc.

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- Tout le monde m’en parle, de ce Félix : Mais il est où ?

- Sur l’île d’Orléans, à quelques minutes en voiture. File, et n’oublie pas : des chaussures que tu as bien usées, bien aimées ! Avant de partir, prends-toi une chemise carreautée dans ma boutique, tu seras totalement intégré »

 cq 

De retour à la maison, Dom a été facile à convaincre.

« - Oh, que tu es mignon dans cette tenue ! Félix Leclerc, l’île d’Orléans ? Excellente idée Ninnin ! Demain, on loue une voiture et on y va. Mais pour l’instant, il faut dormir.

- Tout à fait d’accord. Ze commence à cogner des clous, moi. »

 

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Un dictionnaire Québec-France est disponible icite !

 

Ze remercie Aurélie, Francette, Octavie et Thierry de leur accueil et de leur aide permanente, sans qui cette aventure n’aurait pas été possible, le musée Grévin-Montréal et ses gentilles photographes, Yves et sa patience.

Dictionnaire Québec-France

Vendredi 24 mai 2019

québécois

français

tabarouette

zut

puck

Palet de hockey

jaser

bavarder

Dormir au gaz

Etre passif

Tricoté-serré

Soudés, unis par un lien fort

toutou

nounours

Prends pas de chance

Prends pas de risques

Se faire passer un sapin

Se faire avoir

Ne pas lâcher la patate

Tenir bon

magasiner

faire les magasins

Gros becs

bises

Chemise carreautée

Chemise à carreau (rouge et noir)

Cogner des clous

Lutter contre le sommeil

Chauffer le char

Conduire la voiture

icite

ici

Je suis correck (correct)

Tout va bien

turlutter

chanter

La tuque et les mitaines

Le bonnet et les gants

Les babiches

Les raquettes (pour la neige)

Tomber des peaux de lièvre

Neiger à gros flocons

Rester assis sur son steak

Rester à ne rien faire

Tourner les coins en rond

Faire vite et mal

magané

fatigué

pantoute

Pas du tout

Des bas

Des chaussettes

caler

La débâcle du fleuve

C’est ben plate

C’est bien dommage

Les lumières

Les feux de signalisation

Attache ta tuque avec de la broche !

Accroche toi !

 

Ninnin sur les pas de Champlain : Quelle mission ?

Vendredi 24 mai 2019

Ninnin sur les traces de Champlain

Chapitre 1 : Quelle mission ?

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Écoutez bien !

L’aventure que ze veux vous raconter commence ici, à Honfleur, l’été dernier.

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«  Samuel de Champlain est parti d’ici, en 1608, pour fonder Québec »

Fonder une ville entière ! Quelle belle épopée ! Z’adorerais qu’il me raconte. Mais depuis 1635, il n’est pas revenu à Honfleur. Une idée d’aventure germe dans ma tête.

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« - Dom, il est parti avec ce genre de bateau, Samuel ? Il faut combien de temps pour la traversée ? Tu es bientôt en vacances ?

 ab

- Hihihi, non, mon doudou. Il est parti avec ce genre de bateau et mes vacances n’y suffiraient pas. Il faut plusieurs mois pour traverser l’océan Atlantique jusqu’au Canada. »

 ac

Z’ai su crouver les mots. Demain, on embarque dans un gros avion blanc. Paris-Québec direct, en 7h30, Octavie et Aurélie pour m’accueillir là-bas. Ze suis excité comme un ourson.

 ad

Honfleur ! Ze fais le même trajet que Samuel, sans risque, loin de l’eau, et sans perte de temps. Le Canada a été français, puis anglais, puis indépendant. Z’ai révisé l’anglais avant de partir. Pour assurer mes relations avec les habitants.

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Comme prévu, 6 heures plus tard, les rives du fleuve Saint Laurent, la baie des sept îles où vivent les indiens uashat.

Pas comme prévu, le pilote (un as) nous pose à Québec en pleine tempête.

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Il neige à gros flocons. Il en faut plus pour ralentir mes recherches. La fresque des québécois ! Là, à la fenêtre, Samuel de Champlain !

« - Youhou ! C’est moi, Ninnin ! Z’ai des questions à vous poser ! »

 ag

Pff ! Ze me suis trompé ! Ceci n’est pas Monsieur Champlain, c’est une peinture sur un mur ! C’est triste. En plus, Dom (mon humaine) a les doigts gelés et l’objectif plein de flocons. Allons plus loin.

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Rue du pitit Champlain, une des plus anciennes d’Amérique. Une rue à son nom ! Il est célèbre, ici. Ze vais devoir ruser pour l’aborder, sauf s’il est resté très simple.

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Ze me suis sérieusement refroidi depuis mon arrivée. Devant la salle de spectacle, une cabane à sucre et un brasero. Génial pour se réchauffer un peu. Vous m’avez trouvé ?

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Chemise à carreaux rouges et noirs, raquettes et sirop d’érable. Aah ! Ça va mieux, ze peux continuer.

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D’un coup, ze me sens pas bien. Z’avais pourtant hâte de le voir, le château de Frontenac. Depuis 40 ans, ze le reçois en carte postale. Ze ne suis pas resté longtemps réchauffé. Ze suis glacé  zusqu’au cœur de mousse.

 al

« - Tu crois qu’on peut rentrer ?

- Non, pas ici, Ninnin. En plus, tu es un ours, et le commerce des peaux a longtemps été une grande source de revenus à Québec. Tu n’as nulle part où aller ?

- Ah woui, ze sais ! Le pitit coin latin ! Salut cop’s ! »

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Ze reprends mes esprits devant le chocolat chaud réconfortant de Thierry : On parle français, les rues sont françaises, les prénoms et les noms de famille sont français. Après 350 ans de domination anglaise ! Trempé-glacé des oreilles aux pattes arrières, ze renonce à mes recherches pour auzourd’hui.

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Le lendemain matin, z’ai récupéré. Le mieux pour comprendre des lois, c’est de rencontrer des membres du gouvernement. Et de poser les bonnes questions. Ze vais à Montréal, Capitale du Québec.

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Francette a dit : « le plus rapide, le moins cher, c’est le bus ». C’est parti ! Bien au chaud, wouifi gratuite. Toilettes au fond. Ceinture obligatoire. Tout le confort moderne !

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Il neige toujours. On a une heure de retard, mais ze peux pas réclamer, ce ne serait pas convenable. On arrive, et c’est l’essentiel. Montréal, les Jeux Olympiques de 1976, son équipe de Hockey !

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« - Eh, l’ours, pousse toi de là. Tu vas prendre un coup de puck !

- Z’ai oublié mes patins ! Le gouvernement, Justin Trudeau, c’est par où ?

- Deux rues plus loin ! File, tabarouette !

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- Ah, ouf, bonzour Justin. Ze mène une enquête sur Samuel de Champlain et le français parlé au Québec.

- Bonjour Ninnin. Ravi de jaser avec toi. Dans les années 60, on imaginait une assimilation complète. Tout le monde en anglais.

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Mais au balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le Président français, Charles de Gaulle a crié « vive le Québec libre ». Juste après, le parti québécois a été fondé.

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Il a pris le pouvoir en 1976. Vas à Québec, parce qu’à Montréal, l’anglais domine depuis quelques années. Dans les affaires, l’informatique, la vie. Nous sommes à nouveau menacés. Mais tu peux compter sur moi, je ne vais pas dormir au gaz.

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Nos plaques d’immatriculation sont en français. Nous nous souvenons que nous venons de France. En grande majorité de chez toi, de Normandie ! Je file mais quelqu’un avec qui tu es tricoté-serré veut te voir.

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-Bah Yves ! Qu’est ce que tu fais là ?

- C’est la semaine de la francophonie ! Justin m’a reçu, le parlement aussi. Tu sais, en 1985, poussé par Félix Leclerc, j’ai écrit « la langue de chez nous ». Un hymne ici !

Je t’ai gardé une place pour mon concert de ce soir. Tu viens ? »

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Sur la photo de famille, ze suis au troisième rang, tout à droite. En France, il est 6 heures du matin. Hors de question de refuser une telle invitation. Justin parle tout de même un drôle de français, non ?

 ar1

Une dernière recherche avant de dormir : C’est qui, Félix Leclerc ? Poète, écrivain, engagé pour la souveraineté du Québec et la défense de la langue française. Une référence !

 as

Après une bonne nuit, z’ai choisi le déjeuner (pitit déjeuner en français) « continental ». Dom a rajouté sa poudre de chocolat dans le verre de lait chaud. Ze suis prêt.

 at

Le soleil a chassé la neige. Z’ai une zournée pour visiter Montréal. Bof, pas mon style, ces gratte-ciel, ni les promenades en sous-sol sur 29 km sans mettre la truffe dehors.

 au

Cathédrale Marie-Reine du Monde. Ze peux enlever les moufles et le bonnet. En 1642, les missionnaires français ont fondé Montréal et ont essayé de convertir les autochtones (les amérindiens). Ze suis pas trop d’accord. Chacun croit ce qu’il veut.

 av

Beaucoup plus récente que les nôtres (1894), néobaroque, copiée sur celle de Rome, elle a des gros radiateurs ! Il fait super chaud. Z’enlève aussi mon anorak et ze me détends.

 aw

Elle est catholique et à gardé son nom français, cette cathédrale ! Pas normal, dans un pays anglais avec la religion anglaise. Ze n’ai qu’une zournée pour visiter Montréal. À pattes, mission impossible. En hélicoptère ?

 ax

D’autant que la neige tient encore au sol malgré les tonnes de sel déversées sur les routes et les trottoirs. À droite, les statues de la corniche de Marie. Devant, la place Ville-Marie, l’ancien nom de Montréal. Devant moi, la solution : La banque royale et ses 46 étages.

 ay

Ze prends un aller-retour. La dame de l’accueil adapte le badge à ma taille. Ze me dirige vers les ascenseurs et youpi !

 az

Pour la première fois depuis mon arrivée, ze vois le fleuve Saint Laurent, et une bonne partie de la ville. Visionnaire, Monsieur Champlain avait identifié l’île de Montréal comme un bel emplacement pour le commerce des fourrures. Euh. Les fourrures d’ours ?

 ba

Deuxième ville du Canada, 1 700 000 habitants. Il ne s’était pas trompé. Pas le temps d’aller au mont Royal, et avec la neige tombée ces derniers jours, pas sûr que ses chemins soient dégagés.

 bb

La glace sur les vitres s’écroule de temps en temps et me fait sursauter. Ze repère le trajet vers le vieux port. Les gens qui me croisent crient :

« - Oh le beau toutou ! ». Z’y comprends rien !

 bc

Avec la glace, le ciel bleu et les immeubles, Dom s’amuse à faire des photos d’art. Z’aime bien les idées étranges de mon humaine. Puis on redescend.

 be 

Z’ai un creux sérieux. Si ze veux être en forme, il faut manger. Sinon, ze vais pas tenir le coup, et cette publicité m’inspire. Le français est la seule langue officielle du Québec. Tout est quand même en anglais aussi. Frites, sauce, viande, foie gras ? Un peu de tout m’irait crès bien !

 bf

Ze suis entré dans le premier resto venu. L’aventure fait une pause. Champlain ou langue française, quelle mission ze poursuis ? Les deux !

 

 Retour à « Ninnin sur les pas de Champlain »

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 Un dictionnaire Québec-France est disponible icite !

Ze remercie Aurélie, Francette, Octavie et Thierry de leur accueil et de leur aide permanente, sans qui cette aventure n’aurait pas été possible, le musée Grévin-Montréal et ses gentilles photographes, Yves et sa patience.

 

Un avant goût d’Armada

Mardi 12 février 2019

Un avant-goût d’Armada !

 

 1

Hier, Dom (mon humaine) est rentrée en retard : embouteillages dus au pont Flaubert fermé. Pauvre Dom ! Ze vais regarder sur internet, pour la prévenir si ça recommence, et surtout lui dire pourquoi ce pont était « en haut ».

Wouah ! Trop chouette ! Vivement qu’elle rentre ! Ze veux pas rater ça ! Ze dois changer de tenue tout de suite !

 2

« - Coucou, mon Doudou. Bah, pourquoi cette tenue d’apparat devant le coussin du Mir ? Une envie de croisière en Norvège ?

- Dom ! Tu ne devineras jamais ! Le Mir ! Il est là, à Rouen, pendant 8 jours ! 8 mois avant l’Armada !

- On fonce Ninnin. On ne peut pas rater ça ! Mais tu te changes. Cette tenue n’est pas assez chaude. »

 3

Hihihi ! En quelques minutes, nous voilà sur les quais. Comme d’habitude ici, des milliers de rouennais sont au courant !

Grosse déception : Il y a un banquet officiel sur le pont (donc, sur le Mir). Interdiction de monter sans carton d’invitation. C’est nul !

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La magie « Armada » opère et, très vite, ze sais à quelle heure, quels jours, il sera visitable. Mais Dom a une semaine chargée. Il faut qu’elle trouve une place dans son agenda.

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Quand ze veux un cruc, ze suis quel genre de nounours, à votre avis ?

Débrouillard ? Obstiné ? Têtu ? Persuasif ? Rusé ?

Réponse : un peu tout ça !

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Pendant chaque Armada, il y a des humains qui tombent dans la Seine. Ne comptez pas sur moi pour un spectacle aussi pitoyable et humide.

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Alors, z’accepte volontiers le harnais et le fil (minuscule par rapport à ces cordages) qui me relie à Dom.

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« - Ninnin à la barre ! Virez de bord, moussaillons ! »

Ze m’amuse comme un ourson et z’en profite un max, pasqu’il faudra attendre 8 mois pour revoir le Mir, et tous les autres bateaux invités. 8 mois, c’est crès long !

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Mais, c’est quoi, ces plaques de bois, sur les bouts (prononcez boutes) d’amarrage ? Ze peux aller demander, ze parle russe depuis mes deux voyages là-bas.

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« - Dis donc, Chouette, qu’est ce que tu fais là ?

- J’empêche ses sales bêtes de rats de grimper le long du fil pour monter à bord. Avec mes deux poids roses, je tiens bien en équilibre et aucun ne passera.

- J’ai des copains rats et c’est pas des sales bêtes.

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- Je confirme ce que dit Chouette : ça mange les cordages, les provisions. Plus rien de propre pour se nourrir et sans cordages, les voiles s’écroulent. Un conseil, Ninnin : Vire ces bestioles de chez toi ! »

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Ils sont en bon état, leurs bouts ! Z’ai pas aimé leurs propos. C’est ça, du rat-cisme ? En tous cas, les rats et les souris de la maison peuvent y rester. C’est en partie grâce à eux que z’ai sauvé Shirley. Ze ne l’oublierai zamais !

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La visite se termine, mais grâce aux bavardages sur le bateau, z’ai un nouveau rendez vous : dimanche, 8h30 du matin. Ze peux pas rater ça !

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Dom adore sa grâce matinée du dimanche. Elle est sacrée. Mais ma vie a ses priorités. Il fallait que j’y sois ! Un pitit soleil levant, quelques nuages. De magnifiques photos en perspective.

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D’habitude, pour le départ des bateaux, ze suis le long de la Seine, dans un pré, admirant « la grande parade ». Z’ai une occasion unique aujourd’hui : voir la manœuvre de départ.

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L’Abeille arrive vers 9h00. L’Abeille, c’est le bateau de Rouen qui va aider le Mir. Ils s’accrochent. La deuxième Abeille est partie à l’avant du Mir. Passionnant ! Russe-français, pas de cri, le ballet est bien réglé.

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Drôlement costaude, l’Abeille ! Elle tire, elle pousse, elle sait ce qu’elle doit faire. Et hop ! Le Mir décolle du quai. Z’ai pas le temps d’avoir un pincement au cœur tellement c’est beau.

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Et ça va vite ! À 9h36, le Mir est au milieu de la Seine, la lumière magnifique. Dom prend un max de photos et ne se plaint plus de ses heures de sommeil manquantes.

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« - Et oh ! Ça va pas ! C’est l’arrière du Mir ça ! La mer, c’est vers la gauche ! Dans ce sens là, tu vas à Paris !

Dom ! Il se trompe ? La Seine est crop étroite pour un demi-tour ?

- Je ne sais pas, mon Doudou. Peut-être qu’ils vont le traîner à l’envers pendant longtemps. »

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 Et tout à coup, juste devant mes nœils, une Abeille tire, l’autre pousse. L’instant le plus majestueux de la matinée : demi-tour en plein port avec quelques mètres seulement de chaque côté. Des as !

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Et s’il avait foncé vers le quai ? Et si l’amarre s’était rompue ? Et s’ils avaient mal calculé leur virage ? Bah non ! Ils le font à chaque Armada, avec tous les autres bateaux autour. Ils ne peuvent  pas rater !

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10h00. Une fois dans le bon sens, Il a avancé tellement vite que même en courant, on n’a pas pu le suivre. Il est là-bas, sous le pont Flaubert, à nouveau levé toute la matinée. En route vers Saint Petersburg, son port d’attache.

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Dom avait bien anticipé mon pitit coup de blouze post Mir. Elle me connait bien.

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Dans 8 mois il revient, avec tous les autres « gros bateaux à voile du monde entier », on fera chambre d’hôte pour les copains. 10 jours de folie douce ! Z’ai hâte ! En attendant, vous pouvez relire « Ninnin à l’Armada » ;-)

 

 

Merci à Agnès qui a fabriqué le merveilleux coussin « Mir » crès confortable que z’adoore.

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Et toi, C’est quoi ta couleur ?

Dimanche 30 décembre 2018

Le secret de Ninnin

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 Pour noël, z’ai été super gâté : des ticheurtes imprimés avec mes photos de voyage, un ensemble en laine pull-bonnet-foulard, une chemise carreautée pour mon prochain séjour au Québec, des chaussures pour courir vite, des chaussettes à mettre dans les chaussures,

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 une visite du musée Picasso à Paris (z’adore les expos de peinture) et aussi des grands magasins.

 

 et un livre d’eMmA. « Et toi, c’est quoi ta couleur ? » Ici, chez Dom (notre humaine), personne ne se posait la question, avant le livre. On vit heureux, sans distinction de couleur, d’espèce, de sexe. Tous ensemble, ouaih !

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Mais avec le livre d’eMmA, on s’est identifiés. On a réfléchit. Blanc, c’est simple. Encore que si on regarde bien, y’a des nuances de blanc. Dans le livre d’eMmA, 8 enfants souffrent de leur différence.

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Il y a Jules, qui a les cheveux roux. Groupi a formé le quatuor des oranges et ils se sont trouvés plutôt jolis.

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Il y a Lin-Mei qui est beaucoup moins jaune que mes cop’s, et sans taches noires !

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Le troisième, Corentin, dit qu’il est parfois rouge. Z’y crois pas !

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Fatou parle de la maladie bleue.

« - Dis donc, Ninnin, être bleu, c’est pas une maladie !

- Cocorico ! Une photo des bleus ? Je veux y être ! »

Ze me suis souvenu que Dom a acheté tous les bleus en solde. Elle disait que les gens n’en voulait pas et que ça l’arrangeait bien, parce qu’elle les adore.

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Dans le livre d’eMmA, Arturo est noir de cheveux. N’allez pas faire des remarques à Jonah, pasqu’il est très pitit, et très costaud. C’est le meilleur au rugby. Les «  tounoirs » gagnent toujours !

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Chez nous, avec une maman noire et un papa blanc, on peut être gris, ou noir et blanc, comme Pi-Tchoun. Augustine, dans le livre, dit qu’elle se sent rose. Dom n’aime pas le rose, pourtant, il y en a parmi nous. Elle respecte et accepte. On naît rose, on ne choisit pas !

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Titou, très inspiré par Yves, qui a écrit la préface du livre, a groupé les pitits pour faire la somme de leurs différences et consoler Marcel. Un bel arc-en-ciel.

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« - Et moi, c’est quoi ma couleur ? »

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Sandhiya est  brune de peau, mais quel brun ? Où s’arrête le brun et où commence le beige? Ze vous laisse choisir !

 canapé

À la fin de cette séance « photos de couleurs », on s’est remélangés comme avant.

 livre fini

Mais d’un coup, en voyant les autres poser chacun leur tour, être sûrs et fiers de leur couleur, un étrange malaise m’a envahi et tout m’est revenu en mémoire : Et moi, c’est quoi ma couleur ?

 Ninnin 

Ze m’appelle Ninnin,
Ze suis un nounours Boulgom, de Chaponost, près de Lyon.
Quand ze suis arrivé chez Dom ( mon humaine), il y avait déjà Ninnin ( le chouchou de Yannick), Ninnin-Brun, Ninnin-Jaune, Ninnin-Rose, Ninnin-Beige.
Et moi, c’était quoi ma couleur ?
Dom ne savait pas lire, alors elle a demandé à son grand frère Yannick de regarder sur ma boite de naissance.

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Il a retourné le carton dans tous les sens et a dit : « Champagne »
Ils étaient bien embêtés. Ils trouvaient que Ninnin-Champagne n’était pas un prénom convenable.
Dom a dit :  » Je ne veux pas qu’on se moque de lui en disant qu’il boit »
Yannick a ajouté :  » Ça fait trop riche, trop vantard, mais Ninnin-Beige on ne peut pas, il y en a déjà un ici.
Moi z’étais triste. Pourquoi ma couleur leur plaisait pas ? Z’avais peur qu’ils me trouvent moche et que Dom ne m’aime pas et que ze vieillisse tout neuf, dans ma boite en carton, tout malheureux.
Dom l’a bien compris et m’a rassuré :
 » Tu es le plus beau nounours que j’ai jamais vu. Pas beige, pas blanc, pas brun….. Champagne ! Le luxe et la perfection à la française. Je t’adore pour la vie. Mais pour que tu n’aies pas d’ennuis avec ton nom, sans mentir sur ta couleur, on a trouvé une solution : Le Ninnin de Yannick accepte de changer de prénom. Il sera Ninnin-Blanc, et toi Ninnin. Moi, je saurais bien que tu es Ninnin-Champagne, c’est l’essentiel !
Grâce au livre d’eMmA, tout est remonté dans ma mémoire. 50 ans plus tard, ze me souviens.

Mais surtout, z’ai envie d’être fier de ma couleur, z’en ai le droit. Pas de ma faute, si ça fait Luxe, ou riche. C’est pas honteux ! Ze ne veux plus la cacher !
Alors quand on me dira :
 » Et toi, c’est quoi ta couleur ? »
Ze répondrai  » Champagne ! « 
Dom a promis d’en faire autant. Et un grand vent frais est entré dans mon cœur ce soir.
Merci eMmA !

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D’ailleurs, depuis l’arrivée de Floni, cette semaine, ze crois bien que ze suis plus le seul « Champagne ».

 

Suivez le lien vers  le  livre  d’eMmA

livre fini

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Ninnin retourne au Mans

Dimanche 23 décembre 2018

Ninnin retourne au Mans

 1

SMS de Anne à Ninnin :

« - Je suis au Mans, je viens de discuter avec lui. Je t’envoie sa photo. »

Crès énervant, ce SMS ! Z’ai habité là-bas pendant 4 ans. Ze reconnais « le vieux Mans », mais quelle rue ? Une seule solution : y aller voir moi-même !

SMS de Ninnin à Anne :

« - Ze relève le défi ! »

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 Et hop ! Patricia, la grande copine de Dom (mon humaine) était libre, Dom avait fini son concert de guitare chez Joël et Léo à 100 kilomètres de là. Elles ont été faciles à convaincre.

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Au Mans, pour les jardins, on est super équipés. Ze sais pas quel jardinier utilise ce matos ! En 24 heures, toute la ville est ratissée !

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Ce qu’Anne ignore, c’est que Patricia a été miss Le Mans et qu’elle a cravaillé à l’office de tourisme. Elle est donc la collègue de l’ours. Alors, z’ai un peu triché, pas beaucoup cherché, et gagné le défi !

SMS de Ninnin à Anne :

« -Trouvé ! Hihihi ! »

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SMS de Anne à Ninnin :

« - Bravo Ninnin. Tu m’épates ! Bon séjour ! »

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En allant vers l’ours, z’ai vu ces plaques commémoratives des vainqueurs des 24 heures voiture.  Magnifiques ! On n’est pas restés trop longtemps, mais z’ai gardé l’idée.

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Alors un zour où z’avait du temps, où Dom était au boulot, z’ai pris un rond de bois bien plat et écrasé de la pâte durcissante.

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Z’ai enlevé mes chaussettes et sauté dedans à pattes jointes. Z’avais un peu peur que la pâte reste sur mes pattes, mais non !

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Pour les pattes avant, z’ai bien appuyé de toutes mes forces.

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Après, z’ai enlevé le tour et gravé la plaque. Il restait à signer.

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La prochaine fois que z’irai au Mans, ze la donnerai à Patricia et grâce à ses relations, z’aurai ma plaque perso dans la vieille ville. Ils seront fiers d’être les seuls au Monde à avoir mes empreintes !

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Ninnin gilet jaune !

Dimanche 16 décembre 2018

Ninnin « gilet jaune » !

Pour vous, Le S.N.O.P. mène l’action

1

5 samedis de lutte, 5 semaines de blocage ! En tant que Président du Syndicat National des Ours en Peluche, ze suis vite entré dans l’action pour défendre vos intérêts. Au rond point « Sorel », Titou et moi, on n’a rien lâché ! Barrages, ralentis. Seules les ambulances et les urgences pouvaient passer. Z’ai peur du feu, alors z’ai pas incendié les palettes. Ils nous ont envoyé les hélicos et les chars, rien ne nous a découragé ! 

2

Pour remplir ce caddie, il faut beaucoup trop d’euros ! Mes oursons aussi ont droit au miel, au chocolat, au poisson ! Sans taxes ! Produits de première nécessité ! Nounours, c’est un métier usant, avec des heures de nuit ! Bref ! Il faut obtenir les avantages justes.

3

Voyant qu’on ne céderait pas, Monsieur Macron nous a reçus à l’Elysée.

« - Vous avez promis quelques trucs aux humains, mais pas grand chose aux nounours et doudous.

- C’est vrai, Monsieur Ninnin. Mais l’état a déjà fait beaucoup d’efforts. Acceptez mes pistes de réflexions et, à quelques semaines de noël, soyez responsable ! Pensez à tous les doudous anxieux qui doivent circuler pour arriver à temps sous le sapin.

- Zustement, il faut baisser le prix du carburant pour tous les doudous qui doivent circuler !

- D’accord, Monsieur Ninnin, je supprime les taxes prévues. Et je lance une grande consultation. « 

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Parce qu’il faut savoir arrêter un mouvement syndical avant de sombrer, z’ai accepté la proposition, dégagé le rond point et ouvert un carnet de doléances. Cop’s, nous avons 10 semaines, pas une de plus, pour participer à la grande consultation Nationale ! Envoyez moi vite vos revendications ! Remplissez un commentaire à la fin de cette page. Ze serai le porte parole de vos doléances au plus haut de l’état.

Soyez sûrs que ze serai vigilant à la suite à donner à notre action si la réponse du Président n’était pas à la hauteur de nos attentes.

Vive le S.N.O.P.

Vive la République

Vive la France

 

Coup de folie à Honfleur

Mardi 25 septembre 2018

Coup de folie à Honfleur,

Comment la chaleur peut faire faire des folies à un nounours raisonnable….

 aa

« - Dom, ze t’assure, c’est pas la bonne route, pour aller chez Nathalie.

- T’inquiète pas, mon Ninnin, je suis sûre de moi.

  ab

- Regarde, Dom, Le Havre, «  l’hôtel Oscar » de Nathalie, c’est de l’autre côté du pont, au nord de la Seine. Par ici, c’est Honfleur, au sud.

 ac

 - Bien sûr, mon doudou, mais Nathalie a vendu l’hôtel et acheté un magasin. Le magasin, c’est par là.

- Ah bon ! Mais pourquoi tu m’as jamais emmené ?

- Je pensais que ça ne te plairait pas. »

 ad

Comment elle a pu penser ça ? Tout m’intéresse ! Bon, pas trop les jets d’eau-qui-mouille, mais il suffit de contourner.

 ae

La navigation maritime, ze connais. Z’ai fait trois croisières en Norvège. Ze peux aider ! Ze suis de Saint Nazaire, z’aime les ports.

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Wouah ! Les belles maisons en hauteur ! Z’avais déjà vu la photo, mais jamais en vrai ! Et Dom qui voulait me priver de ça !

 ag

« - Salut, Toi ! Chez Nathalie, un magasin tout neuf, tu connais ?

- Les magasins, c’est derrière moi, ou alors, rue du Dauphin. Y’a de chouettes boutiques de biscuits, de bonbons, de sardines. Hum ! Un délice !

- C’est sûrement ça ! Z’y vais ! Merci ! »

 ah

« - Dom, le pitit Champlain, c’est bien le quartier où habitent Octavie et Aurélie, mes copines québécoises ?

- Oui, mais Champlain, c’est le nom de ce Monsieur qui a fondé Québec en partant d’Honfleur. »

 ai

Le Québec, c’est mon prochain voyage. Ze fais Roissy-Québec direct. Alors, sûrement, en 2020, à Québec, il y aura le quartier du Pitit Ninnin. Hihihi !

 aj

En attendant, ze dois trouver la rue du Dauphin et le magasin de Nathalie que Dom voulait me cacher. Ze me demande bien pourquoi. C’est pas son genre. On partage tout !

« - Ninnin, tu dois lever la tête. Dans cette église, c’est le plafond qui est beau.

 ak

Deux coques de bateaux retournées faites par les charpentiers de marine.

- Impressionnant, Dom. »

 al

Vraiment joli, le quartier. Mais elle est où, cette rue ? Ze vais me renseigner auprès des habitants. C’est le mieux.

am

« - Par là, tu es sûre ?

- Ah oui ! La boutique de Nathalie, multicolore, avec de merveilleux produits. Je sais ! »

 an

Elle a raison, c’est là. Ze vais me promener dans la rue et ze verrai bien Nathalie dans la boutique.

 ao

Woui ! C’est bien elle, derrière cette vitrine !

« - Ninnin, il faut que je te dise..

- Rien du tout, Dom, ze rentre ! Tu pourras pas m’empêcher ! »

 ap

Horreur ! Des dizaines de savons de toutes les couleurs et de toutes les odeurs-de-propre imaginables. Boeurk ! Z’en ai la tête qui tourne ! Ze comprends mieux pourquoi Dom  ne m’a jamais emmené !

« - Nathalie, tu as senteur « doudou-pas-lavé-depuis-des-années » ?

- Hihi, non, Ninnin. Mais j’espère bien que tu vas m’aider à tester ma nouvelle gamme de produits.

 aq

- Ces pitits bonbons à tous les parfums ? Ze veux bien !

- Attention, Ninnin, ce sont des boules qui parfument l’eau du bain. N’y goûte pas et viens par ici.

- Pouah ! L’enfer, cette boutique !

 ar

- Que dirais tu de ce gel douche au miel, accompagné de savon, solides ou liquides ? Je compte sur toi pour essayer et me rapporter ton expérience.

 as

Ou alors ces mini-savons ? Un lot de 6 ?

- C’est trop beau, tous ces pavés multicolores. Et tes produits au miel sont tentants.

 at

Nous, on n’est pas pressés d’entrer dans l’eau, mais toi ! T’as peur de quoi ? Tu vas pas fondre ! Et puis, il fait 34°C depuis 15 jours. C’est le moment idéal !

- Euh. Z’ai faim. Vous me tournez les idées, ze me reconnais plus et ze peux pas réfléchir quand z’ai faim. »

 au

Galette complète et jus de pomme pour faire glisser. Régine, la patronne, mange avec nous. Ze vais beaucoup mieux.

 av

Ze note l’adresse. Plein de disques vinyles anciens aux murs. Z’adore cet endroit. Z’ai ma pitite idée pour améliorer la déco !

Retour chez Nathalie.

 aw

« - Aller, vas-y ! Mets-moi celui-là !

- Tu me diras, Ninnin. J’ai vraiment besoin de ton avis.

- Parole de nounours, dès demain, ze teste. Tu me fais visiter Honfleur ?

- Viens, Ninnin. »

 ax

Depuis qu’elle est ici, Nathalie connait tout : les patrons des magasins et des restos, les belles églises,

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les rues typiques. Pavés et colombages. Magnifique !

 az

«- Tououte ! En route, les cop’s ! Suggestion du jour : Cap à l’ouest, droit sur le Québec, comme Monsieur Champlain !

 ba

- Ninnin, finir l’après midi dans le jardin de Nathalie pendant qu’on papote, ça te dirait ?

- Woui, bien sûr ! »

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Ze suis pas crop mal installé. Les filles peuvent papoter un max. Comme d’hab, on rentrera de nuit, z’ai le temps de faire une sieste.

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Le matin suivant, il fait déjà 22°C au réveil. Idéal pour un séchage rapide. Verveine ? Miel ? Z’ai encore un peu de temps avant de me décider.

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Ze dois tenir parole. Testeur officiel des savons de Marseille, c’est un honneur.

 be

Miel, lait d’ânesse, verveine. Le grand bain où z’ai pas pattes. Une eau à bonne température et mes jouets préférés. Rien ne manque. Dom a mis le paquet !

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Un, deux, trois :

 bg

Youhou !

 bh

Pas de danger : Une grosse force me fait vite remonter à la surface. La poussée d’Archimède. Mais si, vous savez :

Faites un moule en forme de Ninnin, remplissez-le d’eau.

Pesez l’eau, pesez-moi.

Poids eau>poids Ninnin

donc, ze flotte !

 bi

Une fois mouillé, z’adore rigoler dans l’eau. Ze fais des longueurs,

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ze recommence plein de fois le plongeon et éclaboussant bien partout à chaque fois.

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Et ze refais des longueurs. Dom arrive, voit l’eau partout, ne dit rien pasqu’elle est prête à tout pour que ze prenne un bain. Z’en profite.

Elle prépare le pitit bain, plus pratique pour le lavage-rinçage.

 bl

Ze choisis « miel de Provence ». C’est ce que Nathalie m’a conseillé.

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Dom me met du produit partout, me frotte, me rince. Avec respect et douceur, quand même !

Surprise : le produit part vite de ma pluche, contrairement à mon ancien shampooing qui s’incrustait ! Agréable !

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Ze sens bon, sans faire éternuer Dom qui est allergique à tout. Indispensable pour ne pas être privé de câlins et de bisous pendant de longues zournées ! Parfait !

 bo

Sous l’œil bienveillant d’Amandine, ma copine, ze sèche dans la journée, grâce aux 34°C du mois d’août. Génial, le réchauffement climatique !

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Un mois plus tard :

« - Yves, un énorme pot de ta crème de marrons préférée en échange d’une dédicace sur ton « 45 tours virages » pour le Bacaretto, c’est possible ?

- Et comment, Ninnin ! J’adore ton nouveau parfum. Miel, c’est ça ?

 bq

- Ahh !

- Ninnin, Ninnin, réveille toi ! Tu as crié !

- Un gros cauchemar, Amandine ! Nathalie avait vendu son chouette hôtel pour un magasin de savons, z’avais eu plaisir à prendre un bain, ze sentais encore un mois plus tard !

 br

- Rêve, ou réalité ? Hihihi. À renifler ton odeur, moi, je sais !

Les autres n’auront qu’à visiter Honfleur pour en avoir le cœur net ! »

 

 

Avec, par ordre d’entrée en scène :

La Maison du savon de Marseille, 27 rue du Dauphin, Honfleur.

Le Bacaretto (chez Régine et Hervé) 44 rue de la chaussée, Honfleur.

Yves Duteil. Photo : Sylvie Legall (merci !)

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