Mots-Clés ‘rocheuses’

Pour sauver Shirley Ninnin aux USA 6ème partie

Mardi 17 avril 2018

Trouvée !

 

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Et le matin arrive. Hier, Welcome a dit : « - Silencieux ». Z’ai pas trop bien dormi, mais z’ai un plan. Pitit dèj., habillage et bus en direction des Bandlands. Les mauvaises Terres !

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Le parc est géré par les sioux depuis 1978. Trop la classe, les sioux !

« - Dom, tu as vu tout ce brouillard ! Dommage, hein ? Il paraît que le parc est plein de mammifères et d’oiseaux.

- Oui, j’ai entendu, mais les oiseaux risquent de ne pas voler, par ce temps.

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- Oh, les jolies fleurs ! On n’en a pas vu beaucoup, pendant le voyage !

- Tu as raison, Ninnin. Donc, il y a de l’eau ! C’est normal qu’il y ait des animaux. Ils ont de quoi manger et boire.

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- Dom, et les chauves-souris ? Elles peuvent voler aujourd’hui ?

- Aucun pilote sérieux ne décolle par cette météo, Ninnin ! Tu le sais bien.

- Galère ! »

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Plus tard, dans la matinée.

« - Regarde, Ninnin ! Tu vas être content, le brouillard se lève ! Les petits animaux peuvent sortir et ceux qui volent vont décoller !

- Wouah, chic, Dom ! C’est beau, cette colline de toutes les couleurs, pleine de trous qui peuvent servir d’abri ! »

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 Comme prévu, zuste après, on  découvre un immense champ garni de terriers et de chiens de prairie sur leur seuil. Leur conversation, c’est « siffle siffle siffle ». Z’ai sauté hors du bus et z’ai bien compris le problème.

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Moi, ze suis discret, ze me déplace sur la pointe des pattes. Mais certains membres du groupe ressemblent à un troupeau de bisons qui chargent, en parlant crès crès fort. Résultat, les chiens de prairie ont sauté dans les terriers ! Pff !

Pas le choix. Ze dois appliquer mon plan.

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« - Dom, ze veux partir par ici, tout seul. Pour avoir une chance de voir des chiens de prairie.

- Oh ! Fais attention à toi, mon Ninnin ! Inscris toi sur le registre à l’entrée du chemin, signe en sortant pour ne pas déclencher des recherches, ne marche pas sur un serpent, protège toi du soleil.

- Dom ! Ze suis plus un ourson ! T’inquiète pas ! »

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Z’ai fait le fier devant Dom, mais ze sens la trouille qui monte. Shirley ! Es-tu ici ou bien est-ce que ze fais ce gros effort pour rien ? Les trous dans les montagnes, l’herbe bien verte garantie pleine d’insectes délicieux, de l’eau à boire.

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« - Aahh ! Oohh !

- Sorry, désolée, Ninnin. C’est moi ! Shirley ! Tu as bien fait de t’habiller comme en France, sans chapeau, avec tes deux oreilles en haut. J’ai reconnu facilement ton écho-radar.

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- Shirley ! Ze suis enchanté, content, heureux, fier ! Ze t’ai trouvée ! Ze me suis ouvert la patte sur un cactus, ze me suis renseigné et z’ai bien compris qu’ici, les frais de santé sont inabordables. Fais voir ta blessure ?

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- Regarde, Ninnin. Une ouverture de plus en plus grande. Et qui se déchire à chaque fois que je bats des ailes.

- Oh oui ! Il faut une grave opération rapidement. Dom sait faire ça, mais son bloc opératoire est en France.

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- Je suis prête à quitter le pays. Toute ma famille est déjà partie. La destruction des parcs nationaux va nous y pousser tous. L’abus de lumière, la nuit, aussi. On déteste la lumière. Mais moi, je ne suis plus capable de voler aussi longtemps. J’ai quelques dollars. Tu crois que ton humaine sera OK ? Tu lui en as parlé ?

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- T’inquiète pas, Shirley ! Elle ne s’est jamais faite payée pour opérer. Elle adore rendre service. Elle est comme ça, Dom.

- Bizarre, ton humaine ! J’ai bien fait de te demander secours, à toi !

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- Shirley, il ne nous reste que quelques minutes. Tu es sûre et certaine que tu veux quitter les Badlands, ton pays, ton continent, et ne plus jamais revenir ?

- Oui Ninnin. Sûre et certaine !

- Viens, Shirley. »

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On est rentrés dans le bus, discrets, avant tout le monde. Ze suis responsable de Shirley. Ze dois la protéger des ignorants qui croient encore qu’elle suce le sang, saute dans les cheveux, porte malheur. Que des bêtises.

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Ze vais trouver le moment propice et en parler à Dom. Pour l’instant, on regarde s’éloigner sa terre natale, perdus dans nos pensées. Z’ai presque réussi ma mission. Il faut encore qu’elle passe la frontière sans attirer l’attention. Z’entends Dom qui arrive.

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« - Dans le sac, tu es en sécurité. Tu vas te reposer. Tu n’auras pas mal. On rentre bientôt à l’hôtel.

- Ninnin. Merci !

- De rien, Shirley. »

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Surtout, continuer comme avant, pour ne pas attirer l’attention des méchants. Si ze reste dans le bus, ils vont trouver ça bizarre et chercher ce qui se passe.

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Horreur ! Alors que ze tente de faire sortir Shirley illégalement du pays, mémé Monique fait copain-copain avec le sheriff. Heureusement, ça ne dure que le temps de la photo. Mémé reprend ses esprits et largue le sheriff. Nous rentrons à l’hôtel.

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« - Bah Shirley ! Qu’est-ce que tu fais ?

- Je m’installe pour dormir.

- Y’a des gros oreillers dont Dom ne se sert jamais. Tu préfères pas ?

- Non. Je dors comme ça. »

Et Dom est sortie de la salle de bain.

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Dom : « - Ninnin, tu trouves pas qu’il fait sombre ? »

Clic ! Elle allume la lumière.

Shirley : « - Hiih ! »

Dom : « - Aahh ! »

Moi : « - Oohh ! »

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Et paf ! Shirley et moi, on tombe face à Dom, dos contre les oreillers.

Moi : « - Heu, Dom, laisse-moi t’expliquer, heu. Elle est blessée »

Shirley : « - Hï Dom. I’m Shirley. Nice to meet you. Ravie de te rencontrer. Merci de m’emmener en France. »

Dom : « - Hï Shirley. Fais voir cette blessure ? »

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Pendant l’oscultation, z’ai tenu l’aile de Shirley. Elle a serré les dents sans se plaindre. Dom a été très douce.

Dom : « - Pas le choix. Vu les tarifs ici, tu rentres en France avec nous, je t’opère au plus vite. On évite l’infection d’ici là et on se fait discrets. »

Moi : « - Dom, ze t’aime »

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Shirley est remontée sur la lampe. Après tous les soucis et les angoisses, nos nerfs ont lâché. On a passé une bonne nuit.

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Le lendemain matin.

Dom : « - Y’a un bon ptit moment que j’avais compris. Ta soudaine envie d’Amérique. Tes questions sur les chauves-souris, sur le sonar. Ton envie de partir seul, hier. J’ai de la chance d’être ton humaine. Tu es un nounours formidable ! On va tout faire, pour Shirley.

Moi : «.. ». Trop ému pour parler.

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Et le bus nous dépose au mont Rushmore, Dakota du sud.

Les têtes de quatre Présidents des USA, sculptées dans le granit, de 1927 à 1941 : Washington, Jefferson, Lincoln et Theodore Roosevelt.

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20 mètres de haut. Taillées à la dynamite, sans respect pour les lieux. Le site appartenait aux indiens Lakotas depuis 1868 et était sacré !

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En essayant d’oublier la dynamite, ze me promène dans cette belle forêt sacrée. Le chemin tracé pour voir les Présidents a du bon !

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Certains arbres font de la résistance ! C’est pas un pitit caillou de quelques tonnes qui va empêcher la graine de plusieurs grammes de pousser !

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Z’ai quand même une pensée pour Teddy Roosevelt (celui qui a des lunettes). C’est grâce à lui que j’existe : Pendant une chasse, il a refusé de tirer sur les oursons. La presse a raconté l’anecdote et deux émigrés russes ont fabriqué les premiers Teddybears. Mes ancêtres !

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Z’ai plus qu’une envie : ramener Shirley en France et la soigner. Mais ze dois suivre le groupe à Custer Park et ze ne résiste pas au plaisir d’un égoportrait sur fond de bisons.

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Les antilopes sont belles aussi. Contrairement aux autres parcs, l’herbe est haute et grasse. Dam, notre guide, nous avait promis des animaux. La visite confirme.

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On leur fait moins peur dans le bus que dehors et on les voit de plus près. Mais c’est moins rigolo.

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La chance nous fait passer à côté d’un magnifique troupeau de bisons sauvages. Belle zournée, quand même !

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Pour les ânes, ils sont tellement goinfres que n’importe quoi à manger les attire. Le problème, c’est qu’ils me mangeraient bien. Ils n’ont aucun discernement ! Des ânes ! Ze dois me cacher sous le souïte de Dom pour leur échapper !

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Enfin ! Un chien de prairie plus intrépide que les autres se laisse photographier avec moi. Le bonheur !

En rentrant à l’hôtel, un problème se pose : ze sais pas comment mais le bruit a couru que z’allais aider Shirley à passer en France. Mais il a couru !

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Alors Doggy et Jack me font des nœils suppliants. Toujours la même histoire de parc qui va bientôt être ouvert aux promoteurs et aux financiers. Dom écoute, réfléchit. Elle est d’accord. On passera avec Shirley, Doggy et Jack, ou bien on restera tous en prison ici. Brr !

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Et comme son lit est immense, et que Shirley ne prend pas de place, on se couche vite, pour récupérer et être en forme demain. Et il reste encore bien assez d’espace pour Dom.

 

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Ze remercie l’Association Française d’Astronomie de m’avoir accueilli gratuitement, avec le sourire dans un de ses voyages pour la 6ème fois, Betty, pour la tenue de cow-bear qui me va si bien, Mémé Monique pour la tenue d’indien magnifique, Babet et Georges, pour l’arrivée de Bibi à la maison, Dam et Ron, les américains.

 

Pour sauver Shirley Ninnin aux USA 5ème partie

Lundi 5 mars 2018

Pour sauver Shirley

Ninnin aux USA 5ème partie

 le Dakota du sud

    

Z’ai rempli une partie de ma mission : déposer ma pétition à Monsieur Trump. Z’ai une grande confiance dans les potes que ze vient de croiser.

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 D’autant plus qu’ils ont raison : Les armes sont autorisées dans les musées, à condition de les montrer aux agents de sécurité ! Ze crois rêver ! T’imagine ça, au Louvre ? Z’entre quand même. Prudence, Ninnin !

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Mais c’est quoi, ce musée ? Z’ai Shirley à retrouver et ze perds mon temps ici ?

« - Dom, on part voir les Badlands tout de suite ?

- Je te propose juste de changer de salle, Ninnin. Les œuvres devraient mieux te plaire. »

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« - Salut l’Ours. Un coin sympa, sans armes, dans ton musée, tu connais ?

- Oh oui, le soir, après la fermeture, je me promène dans la salle indienne et aussi, celle des peintures de Frédéric Remington, ma préférée.

- Merci ! Ze fonce ! »

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Z’ai pas vraiment la tenue adaptée, mais ze ne m’attendais pas à visiter un tipi dans un musée cow-boys.

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Un jouet que ze rapporterais volontiers à mes oursons, mais rien n’est en vente.

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Ah woui, là, c’est beau ! Earl Biss, 1977. Et puis, un artiste, ça ne tire pas au révolver sur un ours ou sur un indien. C’est ursophile, pacifique.

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Bah voilà. Un artiste, ça admire la nature. Ces sculptures sont extraordinaires. Finalement, z’ai bien fait de rester.

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Oh ! Chic alors ! Le vieux fidèle ! Et Lower falls ! Z’ai vu tout ça en vrai et maintenant, en peinture !

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Frédéric Remington. L’Ours a raison. Sa région de jeunesse est vraiment bien représentée. Du style, du goût. Ze reste un bon moment puis il faut repartir.

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En chariot, comme les pionniers ? Hihihi, non ! Dans le bus ou un changement de tenue s’impose encore. Indien, cow-bear. Compliqué, l’Amérique à deux peuples !

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Et on change encore d’État : bienvenue dans le Dakota du sud. Chaque état a ses plaques, un peu vantardes. Ici, c’est le mont Rushmore qui est la vedette. Il est au programme. Ze vous expliquerai bientôt.

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Depuis que z’ai porté ma pétition, ze m’autorise une plume. Là-bas, au loin : Devils tower (la tour du Diable). Site sacré pour les indiens Lakota.

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Eux, ils l’appelaient « le tipi du grizzly ». Les indiens kiowas disaient « l’arbre de pierre ».

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Ze vous raconte sa formation : Sept jeunes indiennes se promenaient ici. Un grizzly qui passait par là les poursuivit.

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La roche s’éleva du sol pour les protéger, si haut que les sept indiennes atteignirent le ciel et furent transformées en étoiles. Formant la constellation des pléiades (les 7 étoiles dans le ciel, très proches, qu’on voit bien la nuit, l’hiver. Merci les astronomes du car. )

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Super méga énervé, le grizzly a griffé la roche tout autour, pour essayer de les attraper. C’est lui qui a fait les grandes rainures verticales qu’on voit derrière moi. Il n’a pas réussi à manger les indiennes.

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Avant que ze commence l’ascension, Dam (notre guide) m’a dit :

« - Ninnin, si tu te sens très fort indien aujourd’hui, de toute ton âme, ce lieu est sacré.

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Laisse un morceau de tissu qui t’appartient, noué à un arbre. Les indiens font ça. Tu peux le faire aussi. Avec respect. »

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Ze choisis un arbre. Ze défais mon bandeau. Ze le noue autour de l’arbre. Tourné vers mon ciel du dedans, ze suis un nounours indien.

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Pour qu’il résiste aux tempêtes, aux pluies, aux vents, ze sers vraiment fort. Crès concentré, crès respectueux.

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Un grand grand moment du voyage. Z’ai toujours préféré les indiens. Aujourd’hui, ze suis indien.

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Un dernier regard à mon bandeau. Ce lieu sacré est vraiment spécial. Ze suis peut-être le seul nounours qu’il protègera.

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Et puis ze redescends tout bizarre et ze vois cette pancarte qui demande de ne pas déranger les tissus déposés. Personne ne doit toucher à mon bandeau. Une croyance indienne, ça se respecte !

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Serein, ma plume à la patte, ze remonte dans le bus. Ze n’ai plus de bandeau pour la suite du voyage, mais ze suis fier de l’avoir laissé ici.

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Trop peu de temps après, sans transition, on arrive à Deadwood. Quel contraste ! Encore indien, au fond de ma mousse, ze plonge dans ce monde de cow-boys d’un autre siècle.

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Les droits des indiens, c’est pas leur truc. Les droits des humaines non plus, vu les tenues des dames, là-haut, qui attendent les clients.

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Avant d’entrer, ze prends mes précautions : colt à la patte ! Ze m’adapte vite. Le premier qui veut une descente de lit beige clair, ze le refroidis !

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Musique douce, lumière bien étudiée. Que des machines pour me faire croire que ze vais gagner. Ze dois ressortir vite, avant que le jeu me fasse perdre tous mes sous !

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Retour dans les rues de Deadwood, au 19ème siècle ! Dans les boutiques, tout pour le cow-boy : chemises de jean, santiags, chapeaux Stetson.

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Dom cherche une chemise de jean, en trouve, mais « taille géant ». Elle est mignonne et mince, mon humaine. Rien pour elle.

« Paf paf ». Des bruits de révolver ! Qu’est-ce qui se passe ?

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Dans les cow-boys qui se disputent, ze reconnais une cow-girl ! Calamity-Jane ! Comment c’est possible ! Ze sais qu’elle est enterrée ici. Ressuscitée alors ?

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Ils se disputent fort, se crient dessus et l’inévitable arrive : Pan ! Il s’écroule, raide mort ! Calamity vient vérifier et lui enlève son arme.

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Elle a l’air contente d’elle et tout à coup, m’aperçoit ! Oh ! Non ! Z’aurais pas dû me montrer. Elle s’approche de Dom, lui dit en américain :

« - Tu veux que j’le prenne, l’ours ? »

Et Dom me tend vers elle. Horreur ! Dom me donne ? Elle a peur, ou perdu la tête ?

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Hihihi ! Non, C’est une actrice et z’ai obtenu la photo du siècle ! Ze savais bien que Dom m’aurais défendu zusqu’au bout. D’ailleurs, allongé sur les pavés, le mort se relève.

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C’était juste un spectacle, bien protégé par les camions anti-attentats pour barrer la route. Une bonne idée à proposer en France ! Moi, j’ai mes colts et ze peux aider, s’il faut.

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Quelle zournée ! Encore un changement de tenue pour visiter la base aérienne de l’US Air Force, à Ellsworth.

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Ze préfère les pitits avions de tourisme à ces gros avions militaires. En plus, ze suis un nounours français, alors, ze n’ai pas le droit de visiter la base.

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Les moteurs de fusées, z’aime bien ! Euh. Démarre pas sans prévenir, sinon, ze donne pas cher de ma pluche !

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Moi, aux commandes du B1B. Gaz ! Vite, l’US Air Force ! Il faut trouver Shirley ! Voler à une altitude de chauve-souris et lui porter secours !

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A moins que, vu de l’espace, ce soit plus facile de la repérer, avec cette belle combinaison anti-vide ? Ze suis prêt à tout !

Non ! Elle m’a dit de me promener dans les parcs et qu’elle me retrouverait. Ze rentre à l’hôtel. Demain, il y a deux parcs au programme. Elle me trouvera !

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« - Welcome. Bienvenue, Ninnin.

- Hï, Welcome. Demain, dans les badlands, ze vais voir des animaux ?

- Oh oui : mouflons, bisons, lapins, chauve-souris, chiens de prairies, furets… Si tu sais être silencieux.

- Merci, pote ! »

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Il a dit « chauve-souris, silencieux ». Avec certains bruyants du groupe, c’est raté d’avance ! Ze passe la nuit à élaborer un plan. Il faut que ça marche !

 

Ze remercie l’Association Française d’Astronomie de m’avoir accueilli gratuitement, avec le sourire dans un de ses voyages pour la 6ème fois, Betty, pour la tenue de cow-bear qui me va si bien, Mémé Monique pour la tenue d’indien magnifique, Babet et Georges, pour l’arrivée de Bibi à la maison, Dam et Ron, les américains.

 

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Pour sauver Shirley Ninnin aux USA 4ème partie

Dimanche 11 février 2018

Pour sauver Shirley

Ninnin aux USA 4ème partie

Le Wyoming

 

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Yellow stone, Wyoming ! En français, les pierres jaunes. Passionnant ! z’ai encore changé d’état sans aucune formalité. Le parc est grand comme la Corse ! À cause des 4 heures d’embouteillages d’hier, z’ai plus qu’une zournée pour visiter. Énervant !

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Ze suis pas seul à admirer les 10 000 geysers.

« - Salut Ted ! Tu rentres à Washington après ça ? Z’ai une pétition pour le président.

- Hy Ninnin. Pas du tout, je suis du Wisconsin. Vas dans les boutiques trouver des potes !

- Les boutiques ? Hum ? Ze vais essayer de décider mon humaine. Tchô ! »

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2 500 mètres d’altitude. Sous la terre, le magma en fusion à 3 350 mètres seulement ! Et les roches à 500°C. Tellement beau que c’est le plus ancien parc des USA.

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Il y a quelques mois, des jeunes humains ont voulu se baigner malgré les pancartes d’avertissement. On ne les a pas retrouvés vivants. Ze savais bien que les bains, même chauds, c’est mauvais pour la santé.

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Ze reste crès loin : Marmites boueuses avec gaz acide, sources chaudes. Ze me cramponne à Dom. Pour arranger le tout, comptez environ 2 300 séismes par an.

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Malheur aux arbres, et aux vivants trop proches. Pourtant, les indiens Shoshones, Crows et Blackfeet vivaient là autrefois, entourés de 60 millions de bisons. Avant que les blancs viennent semer la terreur.

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Ils ont tué tous les bisons et poussé les indiens dehors.

Dom est blanche, et pas méchante. Z’ai un pote bison adorable. Alors, ze comprends pas bien. Bisons-ours, même combat ! Adhérez au S.N.O.P., branche bisons !

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L’eau est bleue, calme, chaude. Mais une grosse odeur de soufre et les cendres sur le bord me rappellent les précautions à prendre ici, pour garder une pluche présentable.

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Le clou de la zournée : le grand prismatic spring. Un arc-en-sol de 100 mètres de diamètre, le deuxième plus grand du monde. Vapeur bleue garantie. Formé par son voisin, le geyser Excelsior, de 90 mètres de haut ! Des couleurs à couper le souffle ! Magique !

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« - Dom, on va dans les boutiques ?

- Quelle drôle d’idée ! On n’a qu’une journée pour tout voir, alors qu’il en faudrait 15 et tu veux perdre une heure ! Là, il faut aller manger vite, et après, le vieux fidèle sera prêt !

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- Woui, mais, tu sais, z’ai ma pétition à remettre à Monsieur Trump et ze voudrais la confier à des potes.

- Dac, Ninnin. On va y passer à toute vitesse. Dès que ce sera possible. En attendant, mange vite ton bison-gras-purée-sauce-sucrée.

- Merci Dom. T’es chic et le gâteau au chocolat a l’air correct ! »

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Pile à l’heure ! Toutes les 90 minutes, le vieux fidèle crache à 40 mètres de haut ses 40 000 litres d’eau à 100°C. Ze suis pas le seul à le savoir et le resto s’est vidé d’un coup.

« - Ninnin, vite, les boutiques, avant de reprendre le bus !

- Oh oui, Dom ! »

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« - Hy, l’ours ! D’accord pour porter ma pétition à Washington ?

- Bah euh, j’ai peur de ce Trump, qui veut notre mort et la fin de 20 parcs nationaux. Désolé Ninnin !

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- Hy Bison, D’accord pour porter ma pétition à Washington ?

- Pas trop. Tu sais, en 1902, il ne restait plus que 25 bisons ici. Actuellement, nous sommes 4 000. Très loin des 60 millions d’autrefois. Je préfère rester ici, trouver une bisonne et repeupler.

- Ze comprends. Respect. »

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Comme si ça suffisait pas, pendant l’été 1988, 36% de la forêt sont partis en fumée. Incendies naturels. Catastrophe ? Woui et non !

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L’échauffement de la terre à fait éclore les  graines de pins, les jeunes arbres sont plus vigoureux que les anciens et les espaces dégagés aident les bisons à être plus gras.

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Wouah ! Z’en parle et paf ! Mes premiers bisons en chair ! Ze suis tout ému ! Z’interpelle notre guide :

« - Dam, on peut arrêter et descendre ?

- Non. Pas ici. Pas assez de place pour un bus.

- Grr, galère ! »

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Et c’est reparti pour une marmite du diable, avec fumeroles et odeurs dégoutante offertes en prime.

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La pancarte sur le chemin avait prévenu : bouche du dragon !

On entend des cris rauques et une grosse vague et projeté en même temps que la fumée qui pue. Ze respecte les consignes de sécurité.

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Et encore une marmite boueuse. On croise des pitites françaises qui restent là 15 jours. Ze crois qu’elles ont raison. D’autant qu’on n’a pas vu d’ours en chair et que le parc en accueille. Mais il faut reprendre le bus.

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On a bien fait ! Des bisons, là, tout près ! Les seuls à se rouler dans les fumeroles sans problème.  Ze crois même qu’il se débarrassent des bestioles de leur peau comme ça.

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« - Ninnin ! C’est super dangereux ! 23 mètres ! Pas moins !

- Chut Dom. Faut pas parler ni crier. Il est beau, non ?

- Il est gros, très costaud, il court très vite et il est chez lui.

- Bon d’accord. Ze reviens. »

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Pour ceux-là, aucun danger à prendre. L’heure du biberon, c’est n’importe où, même entre les voitures ! Magnifique zournée. Z’aurais pas cru vivre ça dans ma vie de nounours !

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Un pitit tour dans Westyellowstone après dîner, pour rencontrer des « natifs »

« - Bah, où sont vos casques, vos gants, vos blousons ? Dafy moto, ça vous parle ?

- Pas obligatoire, dans le Wyoming. Ici, frenchie, c’est la liberté. On fait comme on veut. On en profite bien !

- Et si vous vous blessez ?

- On devra tout vendre pour payer les soins. Mais, on va pas se blesser, on est les meilleurs ! T’inquiète pas ! »

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« - Salut copain ! Porter ma pétition à Washington, ça te dit ?

- Non. Moi, je reste ici, tranquille, dans la campagne. Demande à d’autres. »

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 Si ça continue, z’irai la porter moi-même, cette pétition. Ze peux pas revenir avec, foi de Président du S.N.O.P. Demain, départ pour Cody, la ville de Buffalo Bill.

 Z’ai pas crop bien dormi. Pas assez de coussins peut-être ? Ou trop à l’étroit ? Ou inquiet pour ma pétition ?

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Un chouette pitit détour par « Lower falls », en français, la chute basse.

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Une chance inouïe : un super arc-en-ciel se forme dans les gouttes d’eau, juste pendant notre passage. Clic clac, les photos !

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Et ce chemin m’aide à comprendre pourquoi cette région s’appelle « yellowstone ». D’après les spécialistes, c’est du grès. Moi, ze vois surtout que c’est vraiment jaune, crès crès jaune. Et z’y fais des chouettes rencontres.

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« - Salut Ninnin, t’es de passage ?

- Woui. Ze viens secourir une chauve-souris blessée, tu connais ?

- Peut-être dans les mauvaises terres, les badlands. Vu la réputation des chauves-souris ! Passe par Cody. Salut »

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Il est parti sans me laisser le temps de contrer ses idées toutes faites sur les chauves-souris. Et me voici à Cody, devant l’hôtel Irma que Buffalo Bill a construit et nommé du prénom de sa sœur. Ze rentre, z’ai faim.

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Z’aime pas ce Buffalo Bill ! Son vrai nom, c’est William Cody. Il a fondé la ville et doit son surnom à tous les bisons qu’il a tués pour affamer les indiens. Sale type ! Et il nous en fait encore manger, du bison !

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Dom est partie aux toilettes, ze passe à la caisse. Ze crois que la caisse était déjà là à l’ouverture du resto. Z’ai l’œil attiré par un train au-dessus du comptoir.

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 « Trump Président, America first, 2016. » Et un peu au-dessous, une belle collection d’armes de cow-boys. Ze vais payer et partir discrètement, avant que l’envie de se faire des chaussons en pluche beige ne vienne à un de ces bargeots.

« - Ninnin, viens vite, y’a une boutique avec des candidats à l’émigration »

 184 

Ze me précipite voir les potes que Dom vient de me signaler.

« - Salut les potes. Quelqu’un veut porter ma pétition à Washington ?

- Oui, avec grand plaisir ! Marre de cet état de cow-boys d’un autre siècle. Vive les grandes villes modernes !

 185 

- Au nom des nounours français, ze vous remets solennellement notre pétition anti-chasse.

- Yes, you can ! Tu peux compter sur nous. Le premier qui est choisi par un humain de la côte orientale prend le parchemin avec lui. Fais attention à toi ici, même dans les musées ils sont armés. Des fous ! »

 186 

De retour dans la salle principale z’ai l’air d’admirer le portrait  de Buffalo Bill. En fait, ze lui tire la langue. C’est de chez lui que va partir la colère des nounours du monde entier contre cette horrible loi autorisant la chasse à l’ours. Hihihi !

 

 

 

Ze remercie l’Association Française d’Astronomie de m’avoir accueilli gratuitement, avec le sourire dans un de ses voyages pour la 6ème fois, Betty, pour la tenue de cow-bear qui me va si bien, Mémé Monique pour la tenue d’indien magnifique, Babet et Georges, pour l’arrivée de Bibi à la maison, Dam et Ron, les américains.

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Pour sauver Shirley Première partie : Le grand canyon

Lundi 20 novembre 2017

Pour sauver Shirley

Ninnin aux USA

Première partie : Le grand canyon

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Quelle aventure ! Zamais, z’aurais cru !

Tout a commencé par un zimaille. Expéditeur inconnu. Dans ces cas-là, Dom (mon humaine)  dit que ça peut cacher un virus, qu’il faut vite jeter tout à la poubelle. Dom a raison.

Z’ai vite ouvert la pièce jointe.

 2 

On aurait dit une musique, mais ze n’entendais presque rien. Pas assez pour comprendre ! Z’ai monté le son, tout testé. Rien à faire ! Une blague ? Une erreur ? Ze m’apprêtais à fermer, quand mon cop’s Jeffe a bondi sur la table.

 3

« - Wouf wouf ! C’est quoi, ces cris ? En quelle langue ? Je ne comprends rien ! Ailpe. Aïh ame cheurlai. Aïh canne te pêille tou bi opéraite. Ailpe. Aïh cane te aini more flaille. Brinegue mi bak wouize iou ine France. Aïh ame ine euh park ine iou esse êï.

Délicieux, ton sucre d’orge, Ninnin »

 4

Hilli est arrivé en courant.

« - Wôh ! C’est ma langue natale ! Américain ! Qui est cette Shirley, dans un parc des USA ?

- Ze suis devenu sourd ? Vous entendez tous les deux, et pas moi !

- No ! J’entends très mal Shirley. J’ai juste traduit Jeffe !

- Traduis tout, Hilli !

- Aidez-moi, Je suis Shirley. Je ne peux pas payer pour être opérée. Aidez-moi ! Je ne peux plus voler. Ramenez-moi en France avec vous. Je suis dans un parc aux USA. »

 5

On a sorti la carte et réfléchit. Jeffe entend, pas nous. Elle vole. Les parcs sont surtout dans les montagnes rocheuses. Il faudrait les visiter tous ! Ze pouvais pas rester les pattes avant croisées pendant que quelqu’un était en danger. Mais qui ? Et où ? Et pourquoi ?

« - Wôh, yes, délicieux, ton sucre d’orge, Ninnin ! »

 6

Conseil de famille immédiat !

« - Levez la patte, ceux qui entendent bien !

- Wouf, – wouf, – wouf, – wouf !

- Tous les chiens ! Rien que les chiens !

 7

- Mia, – mia, – ss, – ss.

- Les chats et les souris aussi ! Incroyable ! Elle vole, elle émet des sons trop aigus pour les ours, mais juste bien pour les souris, les chiens, les chats. »

Tout le monde criait en même temps :

- Un dauphin ! Un orque !

- Bah non ! Elle vole !

- Ss. Une souris, comme moi, mais pilote ?

- Ouii ! Tu as raison ! Une souris volante ! Une chauve-souris ! C’est évident ! Une chauve-souris est en danger ! Z’y vais ! »

 8

Conseil de famille, beaucoup plus restreint.

« - Mon Ninnin, et si c’était un piège ? N’y vas pas. J’ai si peur pour toi !

- Mais non, mon Amandine, t’inquiète pas ! Et puis, Dom sera là !

- Tu vas la décider comment, Dom ? Tu dois lui dire !

- Heu. Plus tard. »

 8a

 De Ninnin@youhou.fr à Shirley@usa.com

- Bouge pas, z’arrive ! Comment on va se trouver ? Comment on va se parler ?

De Shirley@usa.com à Ninnin@youhou.fr

- Oôh ! Thanks, Merci ! J’ai cours français fast commencé. Promène-toi, et mon sonar repèrera toi.

De Ninnin@youhou.fr à Shirley@usa.com

- Ça marche !

 9

Dom n’avais rien prévu de spécial cet été.

Une pitite recherche sur gougueule : «  Voyage rocheuses parcs nationaux ». Et là, z’ai eu la chance de ma vie ! Vite, télécharger le programme, imprimer. Zuste à temps. Dom rentrait.

« - Coucou mes doudous ! C’est moi. Rien de neuf ?

 10

 - Si Dom, Regarde ! L’association Française d’Astronomie, avec qui on est partis 5 fois déjà, organise un voyage dans les montagnes rocheuses. 15 zours ! Pendant tes vacances ! Avec une éclipse de Soleil et tous les parcs nationaux. Une chance unique, Dom !

- Je croyais que tu avais peur du passage de la frontière américaine ? Peur de Monsieur Trump, qui a déclaré la chasse aux ours, même petits. Je t’avoue que je ne serai pas rassurée pour toi, non plus.

 10a

 - Zustement, z’ai ma pétition à lui porter, à Monsieur Trump. Et puis, comme ça, z’irai soutenir les cop’s sur place. Et puis, des frontières, z’en ai déjà passé plein. »

 11 

Devant la beauté du programme, elle n’a pas résisté longtemps. Mémé Monique non plus. Z’espère que ze n’ai pas fait une bêtise, que ze vais passer la frontière, les contrôles, que ce n’est pas un piège. Pourquoi ne peut-elle pas être opérée aux USA ? C’est un pays moderne, avec tout ce qu’il faut ?

 12 

Baie d’Hudson. La côte américaine arrive vite. Trop tard pour regretter ou se poser des questions. Z’ai emporté toutes les tenues qu’il faut pour m’intégrer et passer inaperçu. Ze dois mener à bien cette nouvelle mission. SOS Shirley !

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Phoenix. Arizona. Ze suis passé facile !

C’est vraiment gentil à eux, d’avoir prévu une serviette pour moi, mais non ! Ze me suis lavé, y’a à peine un an, ze ne suis pas sale. Et puis, Dom trouverait ça étrange et ze veux pas qu’elle s’étonne. En plus, avec une affreuse odeur de propre, Shirley ne me retrouverait pas. C’est quoi, un sonar ?

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Les lits sont comme les USA : Immenses ! On a volé vers l’ouest. Le soleil nous a couru après, et a fini par nous rattraper mais la zournée a duré 33 heures ! Il est 9 heures du soir ici et 6 heures du matin à Rouen ! Ze vais super bien dormir, récupérer du voyage et être en pleine forme demain.

 15 

C’est parti ! Ze suis installé à l’arrière du car. Discret. Mon cousin Nico a fait le parcours en 2015. Ze suis ses conseils : la route fait partie du voyage.

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Après 190 kilomètres, on arrive à Sedona. Ça sent le western à pleine truffe. Z’adore ! Si les indiens sont en haut, notre caravane n’a aucune chance. Hihihi !

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Air pur et roches rouges, loin des grandes villes pleines de machines à sous. L’Amérique que ze rêvais de connaître. Z’avais bien tort de m’en faire pour les contrôles de douane et de police. Heu. Z’espère que sortir du pays sera aussi facile que rentrer.

 18

Fonce, Ninnin ! Tu dois mener à bien ta mission et sauver Shirley. Organiser les soins ici et repartir. Le mieux serait de demander à des cop’s.

 19

« - Bonzour Madame. Pour se faire soigner ici, c’est compliqué ?

- Je n’y pense même pas. Je suis une immigrée venue chercher la liberté. Si je tombais malade, ce serait catastrophique !

 20 

- Salut les cop’s. Comment ça va ici ?

- Salut Ninnin. Oh là là ! Pourquoi es-tu venu ? Depuis que Monsieur Trump a voté la loi autorisant notre chasse, on n’a plus de repos ! Retourne vite chez toi, ils tirent sur tous les ours, américain ou pas, hibernant ou pas, petit ou grand !

 21 

- Zustement, z’ai une pétition contre ça, signée par des milliers de français, à lui remettre.

- Nous on ne peut pas bouger. Vas voir dans les boutiques. Des centaines d’ours partent tous les jours pour Washington, notre capitale. Sois prudent ! Fais attention à toi ! »

 22

Z’aurais dû les écouter, pasque en m’approchant des cactus, ze me suis salement ouvert la patte avant. Wouaïh ! Mais un adventure-bear, ça se plaint pas, et puis, Dom a oublié ma trousse de secours fil de coton beige, aiguille. Un bon prétexte pour tester leurs services de soins.

 23

Remonté dans le bus, un magnifique panneau routier me fait oublier ma blessure : Route 66 ! Yeah ! 3218 kilomètres de Chicago à Los Angeles. D’est en ouest, donc un nombre pair, 66 parce que ça apporte richesse et succès. Ze suis un Rolling stone et comme dit la chanson, z’arrive à Flagstaff, Arizona. Yeah ! Satisfaction !

 24 

L’inconvénient de l’Association d’Astronomie, c’est qu’elle adore l’astronomie. Alors, à Flagstaff, ze n’ai vu que l’observatoire Lowell

 25 

et son énorme télescope construit en 1896 très loin et transporté en train. C’est eux qui ont découvert Pluton et ils se vantent un max. Trop pitite et mal inclinée, Pluton n’a pas obtenu son diplôme « planète ». Moi, ze sais, mais z’ai bien compris qu’il ne faut pas le dire ici.

 26

On ze road again ! Après une bonne nuit, on file sur la route pour un grand moment du voyage : Survol du grand canyon ! Ze suis excité comme un ourson ! Z’en rêve depuis toujours. Merci Shirley !

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L’avion est correct, on a tous un hublot. On n’a pas donné de dollars (les euros d’ici), zuste la carte en plastique passe-partout de Dom qui avait l’air de leur suffire, à condition qu’elle trouve le bon code. Pas de fouille pour y entrer. On va voler à hauteur de chauve-souris. Z’ai une pitite chance de la voir. Z’y crois !

 28

Une grande forêt et, là-bas au fond, 300 kilomètres de fissures, de gorges multicolores. Z’ouvre grand mes nœils et ze réclame quelques égoportraits.

 29

Wouah ! Grandiose ! Au fond, le Colorado. Ze veux pas croire que cette toute pitite rivière ait creusé un trou pareil : 30 kilomètres de large ! Comment c’est possible ?

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Il faut des photos, mais il faut surtout regarder. Ze suis pas prêt de revenir !

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Vu du sol, c’est magnifique aussi. Z’ai reçu 5 sur 5 la leçon de Dam, notre guide : chaque année, des touristes font un pas en arrière pour un beau selfie, chaque année, ces touristes tombent de la corniche et se retrouvent au fond du canyon. Ze recule pas. Sous aucun prétexte !

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« - Dom, ça vole haut, une chauve-souris ?

- 40 mètres environ, je crois. Pourquoi ? Tu crois en avoir vu une ?

- Euh. Woui !

- Tu sais, ça vole surtout tard le soir, ou en pleine nuit. Alors tu as dû te tromper.

- Que la nuit ! Wouah ! Zut alors ! »

 34 

Z’avais une grosse angoisse sur l’estomac. Comment on se trouverait, si elle ne volait pas le jour ? Z’ai vite eu ça aussi, sur l’estomac : la cuisine raffinée des USA ! Garantie avec sucres et graisses ! Soda bourré de dopants !

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Z’ai même pas osé prendre le gâteau au chocolat, vu la tendance « caoutchouc » de celui d’hier. Celui-là, au citron 100% artificiel était correct. La visite pourrait reprendre sans faim.

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Un passage par les boutiques, en bon touriste : Wouah ! Y’a un ticheurte à ma taille, avec une crès belle photo ! Ze le prends tout de suite ! Et c’est reparti pour la corniche.

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Etonnant ! Ce gros caillou de 1 840 millions d’années est tout chaud ! Beaucoup plus que les autres pierres du chemin !

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On a tous un peu mal aux pattes et les humaines s’assoient, tout en admirant le paysage. Z’en profite pour réaliser un rêve : Zouer de la musique country sur le lieu de sa création. Z’attire le public.

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« - Tu joues drôlement bien, Ninnin !

- Bah, moyen. Ze me suis fait mal à la patte avant gauche sur un cactus. Tu connais un bon médecin, pas cher ?

- Bon, oui, mais, même avec l’Obamacare, tu en auras pour 120 dollars dès la première visite, et 8 000 dollars pour la petite intervention chirurgicale. Pas trop cher, Parce que pas trop grave.

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- 102 euros la consultation ! 6 800 euros l’opération !

- Oui. J’espère que tu as l’Obamacare. Sinon, compte beaucoup plus ! Et dépêche-toi. Monsieur Trump veut la supprimer !

- Merci les cop’s et soyez prudents. Ze vais attendre d’être rentré chez moi et Dom le fera.

- Comme tu veux ! »

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Z’ai pris conscience de la détresse de Shirley. Une grave opération, z’imagine même pas la facture. Son appel n’est ni un piège, ni un caprice. Mais une question de vie ou de mort. Ze dois la trouver et la ramener chez nous.

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L’après-midi des USA, c’est la nuit en France. Le soda et ses additifs bizarres m’avaient tenu bien réveillé. Comme dans les feuilletons de la télé, z’avait une chambre de motel, au rez de chaussée. Là où la police arrive avec les sirènes, zuste avant le drame.

 

 

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